• Le grand huit de la terreur
    Le grand huit de la terreur
Publié le / Modifié le
Top 14

Le grand huit de la terreur

Devant à la mi-temps, l’Usap a ensuite été crucifiée par les contres toulousains et s’incline pour la huitième fois consécutive. Une vraie déception car la victoire était ciblée. L’attente commence à s’éterniser. Côté Sang et Or, on met en avant le calendrier et les progrès dans le jeu.

Jusqu’à 19 heures, samedi, tous les éléments concrets comme les petits indices incitaient à croire au déclic tant attendu, depuis les travées du stade Aimé-Giral : la semaine d’avant, déjà, l’Usap s’était rassurée avec un nul aux allures de succès à Bordeaux ; pour la première fois, les joueurs, comme mentalement aptes, avaient, dans la semaine, clamé leur ambition de gagner face à un cador ; le demi-millier de supporters venus la veille à la mise en place avait ravivé la flamme de la passion ; enfin, surtout, la première période, avec cette mêlée dominatrice, ces séquences au long cours, ces phases défensives salutaires, recelaient d’actions charnières, marquantes. Comme autant de signes annonciateurs d’un premier bonheur. Puis patatras, encore une fois. Le promu a été rattrapé par sa réalité. Celle d’une équipe fébrile avançant sur une corde raide, avec le précipice tout autour. Pour dominer des formations « trois crans au dessus » comme le Stade toulousain, reconnaît Christian Lanta, elle ne peut se permettre aucun égarement. Mais après un premier acte encourageant, relativement maîtrisé, « on s’est tiré une balle dans le pied tout seul, peste Mathieu Acébès. Ce sont nos ballons tombés qui leur ont permis d’inscrire des essais. » Le cas de figure s’est répété à plusieurs reprises comme le soulignait cruellement le tableau d’affichage : 18 à 36. Loin, bien loin de la victoire espérée, ciblée lors de la préparation : « Il y a de la déception car les gars se sont investis, on ne peut pas leur reprocher grand-chose, analyse Christian Lanta. Mais ils sont tombés sur meilleurs. » Karl Château en souffle de dépit : « Nous avions vraiment fixé ce rendez-vous comme un gros objectif avec la volonté de gagner. Après la première période, évidemment que nous y croyons dur comme fer. Mais Toulouse a livré une autre seconde mi-temps que la première. Il y a un peu ce sentiment de honte pour nous au regard de la mobilisation du public. C’est vraimment dommage de leur offrir cette deuxième période et un score aussi large. » Et par-delà, un huitième revers consécutif en Top 14. 

« On doit y arriver face à d’autres équipes »

Vu de loin, la série noire « fait peur à tout le monde », admet le troisième ligne. Près d’un tiers du championnat sans succès… Une petite éternité : « Ce n’est pas ce soir que la saison s’arrête, ça continue, assène Christian Lanta. Je ne veux pas tomber dans une forme d’abattement ou de découragement. Je pensais qu’on pouvait faire mieux et je suis convaincu qu’on peut faire mieux. » Derrière les beaux discours, en quoi l’Usap peut-elle raisonnablement croire ? Au-delà de son niveau, en sensible amélioration, son calendrier peut la laisser espérer des lendemains moins tristes. Les quatre défaites à domicile ont toutes été subies face à des équipes actuelles du Top 6, le Stade français (2e), Toulouse (3e), Lyon (5e) et Montpellier (6e). « Toulouse, c’est vraiment le haut du tableau. Mais on doit y arriver face à d’autres équipes, annonce Karl Château. Je ne ressens pas d’impuissance car l’équipe a trouvé des solutions. » « Ce n’est pas avec Toulouse que nous jouons le championnat, c’est avec Agen ou Grenoble, rappelle son manager. Nous allons les recevoir sur le match retour mais il faudra quand même prendre des points à un moment ou à un autre. » Pour espérer un heureux dénouement à sa saison, les Sang et Or devront sans nul doute réaliser un sans-faute devant les formations de la deuxième partie de tableau. Entendez Agen, Grenoble, évidemment, mais aussi Pau, La Rochelle, Bordeaux-Bègles, au moins. Cinq victoires impératives soit vingt unités à récolter au classement. Un tableau de marche à respecter coûte que coûte sous peine d’un aller-retour direct en Pro D2. Après le déplacement à Toulon, l’Usap recevra Castres et l’UBB à la suite. Plus le temps passe, plus les points pressent : « Il faut garder espoir mais arrêter de prendre du retard », prévient Karl Château. Heureusement, Agen patine et possède « seulement » huit points d’avance. La même question n’en brûle pas moins toutes les lèvres sang et or, depuis les travées jusqu’aux vestiaires d’Aimé-Giral : c’est quand le bonheur ?

Vincent Bissonnet
Réagir