• Un grand bol d'air frais
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Top 14

Un grand bol d'air frais

Malgré une semaine sous haute tension qui a vu l’éviction de l’entraîneur des avants Carl Hayman, les Palois ont trouvé les ressources pour vaincre haut la main Bordeaux-Bègles, prétendant légitime à la qualification.

L’année ne pouvait pas commencer pire pour la Section paloise. Déjà fragilisée par la terrible série de six défaites en Top 14 la plaçant à une bien triste douzième place, l’équipe béarnaise a dû, en cours de semaine dernière, mettre à pied son entraîneur des avants, l’emblématique pilier all black Carl Hayman. La raison ? Une bagarre survenue entre le droitier aux 45 sélections avec la Nouvelle-Zélande et des joueurs palois dans la nuit du Nouvel An. On ignore la raison de cette rixe. Peut-être que le pilier kiwi en avait assez de voir son pack se faire dominer week-end après week-end et que ses mots ont dépassé sa pensée. Il n’en reste pas moins qu’un tel évènement illustre bien l’immense pression qui pesait sur la Section paloise avant cette rencontre.

Une pression évacuée par la révolte des avants béarnais, qui ont certainement voulu tourner la page de cette semaine galère par une prestation XXL : « Nos avants avaient la volonté de dominer leurs adversaires, confirmait le capitaine et demi de mêlée Thibault Daubagna après la rencontre. Cela a fait partie du discours de la semaine. Il fallait les marquer devant. Le carton rouge nous a un peu aidés mais nos gros ont été irréprochables ce soir. » Et pour cause : cinq des six essais béarnais ont été marqués par des avants. « J’ai senti une volonté collective d’avancer, de traverser la ligne. C’est un point positif. En tant qu’ancien trois-quarts j’ai toujours un faible pour des lancements bien faits, et mais je dois reconnaître que nos avants ont été efficaces ce soir », abondait le manager Simon Mannix. Dans le sillage d’une première ligne conquérante, emmenée par un excellent Lourens Adriaanse, le pack béarnais a clairement dominé son homologue girondin. Et l’absence du numéro huit Beka Gorgadze, exclu prématurément par un carton rouge (sévère) ne sera pas suffisante à justifier les terribles reculades des joueurs de l’UBB sur les mauls palois.

Vatubua-Taylor, paire d’avenir

Confortablement installés derrière un pack qui avance, les trois-quarts de la Section ont également brillé : « On a vu des avants de Pau conquérants, notamment sur les ballons portés, ainsi que des beaux mouvements derrière. C’est la première fois depuis longtemps que je sens que l’équipe a maîtrisé la partie », souriait Daubagna. Au centre, la paire formée par Jale Vatubua et Tom Taylor, repositionné en 13 pour la deuxième fois de la saison et la quatrième fois de sa carrière a très bien fonctionné : « Ils sont complémentaires. Jale est très puissant tandis que Tom est davantage sur la vitesse, la qualité technique et le jeu de passe », éclairait le capitaine béarnais. Mannix encore : « Les deux vont bien ensemble, et ils profitent du bon fonctionnement de Thibault et de Colin à la charnière qui les utilisent dans des registres différents. Tom est tellement fort techniquement qu’il peut jouer partout. Même en défense, il a répondu présent avec sa volonté de plaquer bas, d’avancer sur un joueur de la qualité de Radradra. Jale, quant à lui continue de grandir. C’est un pur produit de la Section, et j’estime qu’il a aujourd’hui la qualité d’un joueur international. Il s’est beaucoup nourri de joueurs comme Colin ou de Conrad Smith, qui lui ont beaucoup appris. »

En clair, la Section a retrouvé son pack, son rugby, et de la confiance. « On aurait signé tout de suite pour une victoire pareille au vu du contexte du club et de nos contre-performances, soufflait Daubagna. On avait envie de se retrouver. Je crois qu’on la fait. Ça fait plaisir de voir autant de sourires dans les vestiaires et dans les tribunes ». « Ce match prouve que l’on sait toujours bien jouer au rugby. Elle prouve que l’on ne devient pas une équipe de m... aussi vite », tonnait pour sa part Mannix. 2018 étant derrière, les Palois espèrent que 2019 sera plus clémente : « On va repartir avec de nouvelles intentions et rester humbles », concluait Daubagna. De sages paroles.

Simon Valzer
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