• Tournoi des 6 Nations 2019
    Tournoi des 6 Nations 2019
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Tournoi des 6 nations

Tournoi, mon beau Tournoi

On se souvient, tous, de notre première rencontre avec le Tournoi. De ce premier amour qui ne nous quittera jamais. C’est personnel, presque intime. La mienne n’est évidemment pas ancestrale, âge oblige, bien qu’assez vieille pour se vivre encore au Parc des Princes. Le dernier match, en fait, de ces Bleus d’or sur cette pelouse de rois. C’était l’Écosse, Olivier Magne manches courtes et tête haute qui sublimait la croyance en un rugby total, et ce stade, merveilleux de chaleur et si grand à mes yeux de môme.

Pour un gamin du Cantal, sûr de la gloire de son Stade aurillacois et élevé aux préceptes fondateurs son école de rugby, voir Magne pointer si haut dans le ciel n’avait rien de banal. Mais l’éveil aux émotions d’un Tournoi reste un souvenir plus fort encore. C’était un cadeau d’anniversaire de mes parents. Le Tournoi se mérite, surtout pour un mec de province. Mais j’étais donc là en 1998 pour ce France - Écosse, quand le carré des musiciens à képi lança les hymnes. Je connaissais La Marseillaise, comme tout le stade. Je connaissais aussi le Flower of Scotland. Tout du moins, je le croyais. Mon père l’avait sur un CD « Les chants du rugby » qui tournait en boucle, dans la voiture, les jours de départ en vacances. J’en connaissais donc l’air et, de manière plus aléatoire, les paroles, en phonétique.

Quand les premières notes de cornemuse ont retenti dans la sono grésillante du Parc, je me suis lancé. À ma droite, un vieil Écossais à casquette, tout droit sorti d’une planche de Tintin « L’île noire », m’a souri. Puis il a chanté avec moi. Tournoi, mon beau Tournoi France - Galles PARRA, UNE RÉUSSITE RELATIVE DANS LE TOURNOI Morgan Parra, qui devrait prendre le but à son compte face aux Gallois, affiche dans le Tournoi des 6 Nations un taux de réussite au pied de 72 %. Sur ses 74 tentatives dans la compétition, il en a passé 53. Cette année en Top 14, le demi de mêlée clermontois est un peu audessus avec 77 % (23 sur 30). À titre de comparaison, le Gallois qui devrait buter ce vendredi, Gareth Anscombe, tourne à près de 81 % sur la scène européenne avec son club de Cardiff. PARRA UNE RÉUSSITE 72% MÉDARD ET PARRA, LES ESPOIRS BLEUS Maxime Médard et Morgan Parra sont les deux seuls joueurs français du XV de départ à afficher un taux de victoires supérieur à 50 % sous le maillot bleu. Tous deux ont remporté 55 % de leur match sur la scène internationale, avec plus de 50 sélections (52 pour le Toulousain et 69 pour le Clermontois).

On exceptera aussi ici les cas des deux néocapés : Paul Willemse et Romain Ntamack. Tout le reste de l’équipe a perdu plus de la moitié de leur match avec le XV de France. Le pire ratio est à mettre au compte d’Arthur Iturria qui n’a remporté qu’un match sur ses six sélections, soit près de 17 % de victoires. 135 PLAQUAGES RÉUSSIS 14 90,6% 2 Maxime Médard. Photo Icon Sport DE RÉUSSITE AU PLAQUAGE PAR MATCH PLAQUAGES MANQUÉS Plus que les matchs, je garde ceci du Tournoi. Les hymnes, aujourd’hui encore. Font-ils la première partie d’un spectacle plus grand qu’eux ? J’en doute. Le Tournoi, ce sont d’abord les hymnes et, accessoirement, un match qui suit. Il y a tout dans ces moments de chants, patriotiques sans jamais s’imbiber du mauvais nationalisme. Il y a le respect de l’autre qui ne gâche en rien la fierté de soi. Il y a la communion, toujours, et la joie, surtout, de voir revenir ce premier week-end de février tant attendu.

Il est là, justement. Une fois de plus et depuis 137 ans. À quatre, cinq puis six nations. Qu’importe. L’histoire est là, immense. Elle ne vous contemple pas, elle vous oblige. Le Tournoi ne sera jamais un laboratoire de mi-mandat ou une préparation à une Coupe du monde. Il est grand, beau et se suffit à lui-même. Le Japon attendra. On n’insulte pas le Tournoi. Pour avoir trop souvent commis ce crime, les Français ne participent plus à ses podiums, sa gloire et son histoire. Par bonheur, chaque année offre une nouvelle chance. Celle de 2019 arrive ce vendredi, qui peut tout effacer et faire naître enfin la joie. C’est tellement mieux que l’espoir.

Léo Faure
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