• Arthur Iturria, l'homme à tout faire
    Arthur Iturria, l'homme à tout faire
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Compétitions

Arthur Iturria, l'homme à tout faire

À chaque sortie, il s’affirme comme un élément incontournable du XV de FRANCE dans ce rôle de troisième ligne aile qu’il découvre cette saison.

Arthur Iturria est arrivé les cheveux ébouriffés, le nœud de cravate pas très bien ajustée. Le garçon n’est pas dans le paraître, loin de là. Et il préfère le terrain aux micros. Mais il s’est plié à l’exercice qui n’est jamais plaisant après une défaite, expliquant avec force qu’il croyait en ce groupe France : « ça ne voit peut-être pas de l’extérieur, mais à la rigueur on s’en fout. Nous, on sait ce qu’on veut et il y a quelque chose qui est en train de naître et l’important est de le faire vivre. » Ce qui est visible en revanche, c’est l’importance que prend le Clermontois au sein de cette équipe de France depuis son positionnement en troisième ligne aile. Déjà impressionnant au mois de novembre face à l’Afrique du Sud et l’Argentine, avant de connaître un coup de moins bien face aux Fidji, il a de nouveau livré une très bonne copie face au pays de Galles.

Les chiffres sont là pour le prouver : Tout d’abord dans le secteur offensif avec sept courses pour 51 mètres gagnés, réussissant au passage trois passes après contact. En défense, le Clermontois a réussi douze plaquages et n’en a raté aucun. Il a aussi été le principal pourvoyeur de ballons en touche avec six prises et n’a pas fait défaut dans les tâches obscures en étant treize fois au soutien dans les rucks français et contestant quatre fois les sorties de balles galloises. Voilà pour les amoureux des statistiques mais surtout Arthur Iturria est en passe de devenir ce joueur de transition entre avants et trois-quarts, à l’image de son intervention décisive sur l’essai de Yoann Huget. Il a ainsi berné George North qui ne devait pas penser une seule seconde que ce géant pourrait réussir à glisser le ballon de manière acrobatique tout en résistant au contact.

Pelous : « toujours le geste juste au bon moment »

Une montée en puissance qui ne surprend pas Fabien Pelous qui l’a connu chez les moins de 20 ans. « Il a été égal à lui-même, sourit l’ancien capitaine des Bleus, C’est-à-dire que c’est un bon joueur de rugby. Il sait lire les situations et fait toujours le geste juste au bon moment. Ce sont des qualités de plus en plus rares. Alors, ce n’est pas toujours flamboyant, mais c’est simplement bien joué. Cela permet d’avoir des actions plus fluides. Avec des mecs comme lui sur le terrain, tu joues forcément mieux au rugby. »

 D’ailleurs la reconversion en troisième ligne n’était pas un débat pour Fabien Pelous : « Il fallait qu’il soit sur le terrain. C’était le seul débat à avoir pour pouvoir exploiter ses qualités de très bon joueur de rugby. » Les Anglais ont depuis longtemps compris que des joueurs comme Courtney Lawes et Maro Itoje peuvent évoluer aussi bien en seconde qu’en troisième ligne. Fabien Pelous en est aussi convaincu : « Une fois la phase de conquête terminée, tout le monde redevient joueur de rugby, et les phases de conquête sont moins nombreuses au niveau international qu’en championnat. C’est donc la lecture de jeu qui compte. Regardez Retallick avec les All Blacks. Il est toujours au milieu du jeu comme un troisième ligne et il joue deuxième ligne. » Arthur Iturria est lui aussi en passe de devenir l’homme à tout faire des Bleus, sans que personne n’y trouve à redire.

Nicolas Augot
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