• A l'image d'une Romane Ménager (balle en main) surpuissante, les Bleues n'ont pas fait de détail contre l'Irlande
    A l'image d'une Romane Ménager (balle en main) surpuissante, les Bleues n'ont pas fait de détail contre l'Irlande
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XV de France

22, les revoilà !

Obligées de présenter une feuille de match incomplète au terme d’une improbable semaine de préparation, puis d’évoluer à 14 après l’expulsion de Romane Ménager, les « Affamées » ont au moins retrouvé en Irlande la force de caractère qui leur avait fait défaut en Angleterre.



Il est des semaines de préparation qui ressemblent à des longs fleuves tranquilles. Et d’autres qui peuvent ressembler au quotidien de n’importe quel petit club, fut-ce au niveau international… Le XV de France féminin en a fait la malheureuse expérience ce week-end, obligé de présenter l’incongruité d’une feuille de match à seulement 22 joueuses au terme d’une semaine éprouvante pour tout le monde, marquée par une infection à la lèvre pour Fiona Lecat, une entorse de la cheville pour Laure Touyé à la veille de la rencontre, et enfin une triste mésaventure pour Émeline Gros, privée de rencontre pour avoir manqué son avion au prix d’une rocambolesque histoire de bagages…

Hayraud cherche le chat noir


« On a cherché qui pouvait être le chat noir, on ne l’a pas trouvé, s’amusait après coup la manager Annick Hayraud. Le point positif, c’est que présenter une feuille de match à 22 joueuses a rappelé des souvenirs à celles qui ont connu ça voilà quelques années. » Avant de se reprendre, plus sérieuse. « Tout cela fait partie de la vie d’une équipe, voilà… Il faut se montrer philosophe, accepter qu’il puisse y avoir des choses qu’on peut maîtriser, et d’autres qu’on ne maîtrise pas. Même si c’est le genre de problèmes qu’on aimerait ne pas avoir à gérer à ce niveau. Il faudra d’ailleurs probablement se poser des questions pour que cela ne se reproduise plus… On aurait bien sûr pu piocher dans le vivier de l’équipe de France à 7, mais comme notre priorité consiste aujourd’hui à assurer une qualification pour les Jeux Olympiques, l’idée était de ne pas aller chercher ces filles sous contrat. Là, exceptionnellement, nous avons pu compter sur les renforts de Jessy Trémoulière et Chloé Pelle, mais ce n’est que temporaire. D’ailleurs, dès dimanche, Chloé Pelle est repartie avec l’équipe de France à 7. »

Forlani : « On a su faire bloc jusqu’au bout »


Au-delà de ces considérations, il restait malgré tout un match à gagner. Lequel fut rapidement rendu compliqué par l’excellente entame de match des Irlandaises, sans oublier d’inhabituelles imprécisions. « Ça a été une semaine délicate mais le groupe a su rester soudé, et il le fallait dans ces circonstances », appréciait la deuxième ligne Audrey Forlani. « Il y a eu du déchet en attaque et quelques erreurs de défense en bout de ligne », énumérait Annick Hayraud. Derrière, on a manqué de repères et d’expérience, c’est une évidence. Heureusement, nous avons pu compter sur une conquête très forte, avec des filles qui ont l’habitude d’évoluer ensemble. »
Lesquelles ont su surpasser toutes les difficultés de la semaine jusqu’à cet ultime coup du sort que fut l’exclusion de Romane Ménager à l’heure de jeu, d’autant plus préjudiciable que les Bleues ne comptaient précisément pas de remplaçante en troisième ligne… « On a fait bloc ensemble jusqu’au bout, même lorsque nous avons été réduites à 14, savourait encore une Audrey Forlani de tous les bons coups en fin de match. À ce moment, on a su trouver les bons mots pour se remobiliser. On s’est dit qu’il ne fallait absolument rien changer et rester jusqu’au bout des affamées, à notre image. »
Une force de caractère qui avait peut-être manqué en Angleterre, mais que les Bleues ont retrouvé dans la difficulté en Irlande, lorsque les circonstances l’exigeaient. Peut-être leur plus belle victoire, avant d’aller terminer le Tournoi en Italie, avec plusieurs changements d’ores et déjà annoncés. À commencer par le rappel de la malheureuse Émeline Gros, à qui il ne devrait pas être tenu rigueur cette sombre histoire d’avion dont elle fut la première victime…

 

 

Par Nicolas ZANARDI

Emmanuel Massicard
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