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Compétitions

Vent frais

XV DE FRANCE - Ce n’est faire injure à personne en place actuellement dans le staff. Ni à Jean-Baptiste Elissalde, dont la connaissance profonde du rugby et les heures passées à en déchiffrer les subtilités sont reconnues de tous, y compris de ses plus grands détracteurs. Ni à Julien Bonnaire, qui reconnaît sans mal son inexpérience mais, aussi, ne ménage rien de ses efforts. Ce que les joueurs lui reconnaissent d’ailleurs volontiers et qui forge leur respect. Ni à Brunel, Bruno et les autres. C’est simplement un constat que livre le terrain, le seul qui compte vraiment : l’équipe de France n’est pas au niveau.

Non, elle ne rivalise pas, si ce n’est avec les équipes au-delà du dixième rang mondial. C’est sa division, en 2019. Non, deux essais volés à la fin de match plié depuis une heure ne font pas « une bonne mi-temps ». Dans l’analyse du contenu, il n’y a rien. Pire encore, cette équipe régresse depuis dix-huit mois alors qu’elle partait pourtant de bien bas. Il y a urgence.

Cette urgence, le président Laporte s’est mis un peu seul dedans, en décembre de 2017 en décidant brusquement de changer de sélectionneur. Il en reconnaît aujourd’hui l’inopportunité. Cette urgence, il faut aussi lui reconnaître qu’il s’est décidé à la traiter en profondeur. "Il faut apporter des compétences à ce staff", clamait-il dans nos colonnes dès lundi. Sous-entendu, le staff en manque. Le désaveu est pour les hommes en place, le mea culpa pour celui qui les a installés.

Désormais, tout le monde avance. Cette semaine, des réunions entre Laporte et le staff ont accouché de cette concordance : il faut absolument du changement ou, tout Français que nous sommes, nous irons droit dans le mur au prochain Mondial. Le nom de Galthié revient, bien sûr. Également celui de Ronan O’Gara pour la défense. Pour s’assurer de ses choix, Laporte sonde le terrain, les joueurs, les entraîneurs, les élus. Pour une fois, il se donne un peu de temps de réflexion et semble ne pas céder à sa légendaire impulsivité qui lui a valu quelques tours de force, bien sûr, mais aussi de sérieuses déconvenues.

De cette démarche devra naître un nouvel élan. Une nouvelle envie. Un nouveau rêve, peut-être utopique, mais qui nous tiendra en enthousiasme jusqu’au Mondial quand, au sortir de ce Tournoi, on se rendrait au Japon comme à des funérailles.

Ce sera Galthié et O’Gara. Ou d’autres. Ce sera, quoiqu’il arrive, un vent de fraîcheur. Et, espérons-le, des entraîneurs capables de tirer le véritable potentiel de cette équipe. Les Bleus ne sont peut-être pas les meilleurs joueurs de la planète mais, intrinsèquement, ils n’ont rien à envier à ces Gallois qui fêtent le grand chelem. Quand ils les croisent en club, en Coupe d’Europe, ils leur donnent même souvent la leçon. Allez comprendre.

Léo Faure
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