• BÉZIERS S’EST TIRÉ UNE BALLE DANS LE PIED
    BÉZIERS S’EST TIRÉ UNE BALLE DANS LE PIED
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Pro D2

BÉZIERS S’EST TIRÉ UNE BALLE DANS LE PIED

Ce dimanche 24 mars 2019, un parfum de phases finales émanait des travées du stade de la Méditerranée. Malheureusement, les guerriers Rouge et Bleu se sont pris les pieds dans le tapis pour la première fois de la saison devant leurs fidèles. Une défaite qui donne la migraine à cinq journées du terme.

Qui pouvait prédire une telle déconvenue pour les Biterrois lors de cette 25ème journée de Pro D2 ? Pas grand monde, étant donné leur invincibilité à domicile. Pourtant, quelques signes avant-coureurs ont été aperçus dernièrement.

 

Stupeur à la Méditerranée

 

Sur le fil du rasoir depuis plusieurs rencontres, Béziers a plié ce dimanche face à un BO totalement décomplexé. L’emblématique pilier des Rouge et Bleu « Chico » Fernandes dresse un constat amer mais lucide : « Ça nous pendait au nez. Cela fait quelques matches que nous peinions à gagner à domicile ».

Voilà une piqure de rappel s’il en fallait une pour les Héraultais. Extrêmement pauvres dans leur animation offensive, ils ne sont jamais parvenus à prendre le jeu à leur compte. Entre passes impossibles et ballons tombés, ce 24 mars n’était définitivement pas un grand jour pour Béziers. « Cette défaite va nous faire prendre conscience que nous sommes loin d’être arrivés. Avant de s’enflammer et de viser haut, il faut rester humbles. Nous ne nous sommes pas transcendés comme nous l’avons fait par moments cette saison. Les mecs doivent se remettre en question, d’abord individuellement quant à leur prestation ». Les mots de David Gérard sonnent juste à l’issue d’une rencontre à oublier pour ses joueurs.

Peut-être aussi, les Biterrois n’ont-ils pas abordé le match comme ils le devaient. Les valeurs de combat qui caractérisent habituellement cette équipe n’ont en aucun cas sauté aux yeux des 6722 spectateurs présents. De la suffisance ? Possible à en croire l’analyse de Francisco Fernandes : « On n’a pas eu assez peur de cette équipe, nous avons peut-être fait preuve de nonchalance. J’espère que c’est une bonne claque pour mieux repartir ». Quoi qu’il en soit, Béziers a livré son pire match de la saison à domicile. Étonnant à quelques semaines d’un potentiel barrage, l’objectif du club cette saison.

 

Défendre jusqu’à épuisement

 

A trop défendre, le rideau défensif biterrois a fini par céder sous les assauts basques. Sans quelques imprécisions adverses comme sur le ballon non aplati par Gauthier Doubrere, puis l’en-avant de Yohann Artru en bout de ligne côté gauche quelques minutes plus tard, le score aurait pu être beaucoup plus lourd en faveur des Biarrots. Béziers fut acculé dans ses quarante mètres une mi-temps durant, sans le moindre soupçon de révolte, excepté l’essai de Pierre Bérard.

Au cours de cette rencontre, les Biterrois auront commis dix en avant, ce triste score illustre parfaitement leurs difficultés à mettre en place une animation offensive de qualité. Un manque de liant criant entre avants et trois-quarts, personne n’a paru en mesure de faire la différence. « Il faut réduire la voilure. Nous n’avons peut-être pas les capacités à envoyer tant de jeu que ça actuellement ». David Gérard reste sceptique quant à la capacité de ses joueurs à produire un rugby de qualité dans cette fin de championnat. En effet, la paire de centres biterroise a semblé vivre un calvaire sous les premières chaleurs du printemps. Jordan Puletua fut très discret, quant à Savenaca Rawaca, ses prérogatives offensives entrevues lors du début de saisons paraissent bien loin. Avec les pépites dont regorge le centre de formation de l’ASBH, il ne serait pas usurpé pour les jeunes Maxime Espeut et Paul Recor d’accrocher une feuille de match afin d’apporter de la fraîcheur et un registre différent au centre du terrain.

Avec de telles prestations, difficile d’envisager une autre issue que celle de la lutte pour les six premières places.

L’arrière Jérôme Porical aborde avec clairvoyance la situation de son club : « C’est bien d’être ambitieux et de viser la quatrième place. Nous en rêvons tous, moi le premier. Nous avons envie de jouer un barrage à la maison. Mais aujourd’hui, nous allons plutôt essayer de rester dans les six, ça va être très compliqué ».

La défense Héraultaise ne suffit désormais plus pour renverser une situation mal engagée, même dans son antre.

 

Vite se projeter sur la fin de saison

 

Avec cette défaite à domicile, les Biterrois se sont sévèrement compliqué la tâche en vue d’une éventuelle quatrième place synonyme de barrage à domicile. Désormais, leur place dans le Top 6 est même menacée. S’ils souhaitent poursuivre leur rêve, une victoire hors de leurs bases semble obligatoire. Et ils vont être servis. En effet, trois déplacements attendent les partenaires de Jérôme Porical, dont un premier sur la pelouse de Soyaux Angoulême : « Avant de parler de jeu, il va falloir faire un gros match à l’extérieur et se remonter le bourrichon contre Angoulême, sinon, nous ne gagnerons pas ».
L’ASBH n’a pas le droit à l’erreur, une deuxième défaite consécutive après l’accident biarrot pourrait fortement compromettre la participation aux phases finales. Vannes, actuellement septième ne compte qu’un petit point de retard sur Béziers.

Après le déplacement sur la pelouse de Chanzy, la réception de Provence Rugby sera capitale. S’en suivra un délicat déplacement à Nevers, puis la réception de Vannes, concurrent direct dans la course aux phases finales. Lors de l’ultime journée, les hommes des deux David se déplaceront à Bourg en Bresse qui luttera pour sa survie en Pro D2.

Les Biterrois ont cinq jours pour se remettre la tête à l’endroit, sans quoi, leurs espoirs de qualification risquent de se consumer journée après journée.

 

Par Thomas Saint-Antonin

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