• Il n’a pas oublié Toulouse
    Il n’a pas oublié Toulouse
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Compétitions

Il n’a pas oublié Toulouse

L’ancien toulousain lutte pour tenter de maintenir son club en première division. Et le francophile suit toujours le parcours du Stade de près. 

Que c’est dur pour les Faucons de Newcastle… Ils sont derniers mais ils ont maintenu ce rendez-vous à St James Park, le grand stade des footballeurs pour tester leur popularité. Ils y ont attiré 27 000 spectateurs, record les concernant pour un match de saison régulière. Ils ont même gagné le match face à Sale et Toby Flood, 33 ans, a fait le métier. Il a marqué le seul essai des locaux, premier receveur derrière une mêlée à 5 mètres, en faisant la toupie. Après le match, aussi, il a fait le métier, en s’exprimant dans un français encore très acceptable : « C’était génial de jouer trois ans à Toulouse. J’ai adoré, même si je ne suis pas tombé dans la meilleure période du club. Mais c’est la vie, c’est comme ça. Il y avait une période de transition. J’étais très ami avec des gars comme Maxime Médard, Jean-Marc Doussain, Gillian Galan ou Imanol Harinordoquy qui était vraiment très drôle. Lui, c’était carrément mon voisin dans le quartier de Lardenne. Je l’aimais bien même si je le trouvais très bête quand il disait qu’il n’aimait pas les Anglais. Aujourd’hui, j’entretiens un peu mon français avec Steve Mavinga. J’étais pote aussi avec McAlister ou Flynn. D’ailleurs, je vais revenir à Toulouse avec mon épouse dans trois semaines pour y passer quelques jours et revoir le maximum d’amis. »

J’étais nul à la musculation

En 2017, il est revenu dans le club de ses débuts, Newcastle, après neuf ans d’exil. Il l’a porté l’an passé jusqu’en demi-finale, à la surprise générale. Cette saison, les temps sont durs avec des blessures et un terrible passage à vide. « Nous restons sur trois victoires de rang mais franchement, cette saison en Angleterre, tout le monde peut battre tout le monde. Je sais qu’en France, il y a deux clubs (Perpignan et Grenoble) qui sont derrière. Regardez ici: Worcester, nos concurrents, sont allés s’imposer à Bristol. On ne le savait pas en entrant sur le terrain. Après coup, ça nous a fichu un coup. Ceci dit, c’était si bon de jouer devant autant de monde. C’est la deuxième fois que ça m’arrive, en club. »

Le vétéran aux 60 sélections a encore de beaux restes, la preuve avec son essai, un petit coup de reins à cinq mètres de la ligne. Son pack est venu comme un seul homme, pour lui donner la puissance qu’il n’a pas naturellement : « Solomona, l’ailier adverse, n’est pas venu immédiatement à l’intérieur de son ouvreur et j’en ai profité. Mais croyez-moi, ce n’est pas facile. Je suis vieux maintenant, je me dis que le sport que j’ai découvert à mes débuts a bien changé. Quand j’avais 20 ans, j’essayais bien de faire un peu de musculation mais j’étais nul. Maintenant, les jeunes sont à fond dans ça dès 16 ou 17 ans, ils sont si professionnels… Et puis, tout le monde défend. Quand j’ai débuté, on trouvait toujours quelques joueurs qui ne plaquaient pas trop… » Quatorze ans après ses débuts, comme doublure, de Jonny Wikinson, il jette ses derniers feux en position de vrai patron : seize fois titulaire sur dix-sept matchs de championnat, avec un œil sur le parcours du Stade toulousain à distance : « Je les trouvais forts l’an passé. Mais cette saison, ils sont carrément énormes. Je crois qu’Ugo Mola fait vraiment de bonnes choses. Qui brille dans cette équipe ? — Ntamack ? Ok. Dupont aussi, non ? — Guitoune ? à mon époque, il jouait moins à cause des blessures… Je sais aussi qu’il y a ce Kolbe qui traverse tout le terrain. — Tauzin, un jeune champion du monde ? Ok. »

Jérôme Prévot
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