• Devant un public en fusion, les Clermontois de Camille Lopez et Wesley Fofana sont venus à bout du quatrième du championnat anglais : les Harlequins. Ils se qualifient pour la finale de Challenge Cup et retrouveront La Rochelle. Photos Vincent Duvivier
    Devant un public en fusion, les Clermontois de Camille Lopez et Wesley Fofana sont venus à bout du quatrième du championnat anglais : les Harlequins. Ils se qualifient pour la finale de Challenge Cup et retrouveront La Rochelle. Photos Vincent Duvivier
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Challenge Cup

Faîtes du bruit !

Portés par 18 000 supporters en fusion, l’ASMCA a logiquement validé son ticket pour la finale de Newcastle, où elle retrouvera La Rochelle. C’est si bon…

On a trop vu les bastions du rugby français mourir les uns après les autres pour ne pas goûter à leur juste mesure ces voyages au Michelin. On a trop chialé sur les sorts de Narbonne, Bourgoin, Bayonne, Lourdes ou Dax pour ne pas succomber à un accès de mélancolie pure lorsque s’élèvent de ces tribunes "ras la gueule" les "Montferrand ! Montferrand !" directement catapultés par le "rugby de papa" sur cette Coupe d’Europe à ce point attachée à la notion de "spectacle pour tous" que sur le terrain, le dominant s’est étrangement toujours refusé à mettre à mort le dominé… Quelle ambiance, nom de dieu ! Et quel panard, lorsque ces 18 000 jobards du Michelin se décident à accompagner une course de Damian Penaud, une charge de Fritz Lee ou un coup de pied de Parra. À l’instant où la "yellow army" rejoint donc sa petite sœur rochelaise à Newcastle, c’est le trésorier de l’EPCR qui s’extraie soudainement de la déprime et revoit à la hausse le chiffre d’affaires d’un week-end supposé à risques. De fait, l’un des finalistes de la Champions Cup semble aujourd’hui souffrir du même mal que le Racing 92 ou Montpellier : il ne déplace guère les foules et, croyez-le ou non, il y avait le week-end dernier plus de monde à Clermont ou La Rochelle qu’à Coventry, où la falote franchise des Saracens disputait sa demi-finale de grande Coupe d’Europe devant 15 000 pékins, dont 9 000 étaient Irlandais…

Comme attendu, les fils de Franck Azéma ont donc écarté le quatrième du championnat d’Angleterre sans avoir à trop forcer leur talent. Comme attendu, tant ils dominent le Challenge européen depuis l’automne, les Jaunards verront donc le nord-est de l’Angleterre, le superbe Saint-James Park (52 000 places assises) et les dockers du Tyne. "On connaît la saveur d’une finale franco-française, confiait Morgan Parra samedi soir. On en a d’ailleurs connu deux face à Toulon." En juin 2013, les Jaunards avaient une première fois été battus à Dublin par le RCT (16-15), avant d’être à nouveau vaincus deux ans plus tard, à Twickenham (24-18), sur un essai où Drew Mitchell avait au préalable éliminé à lui seul six défenseurs. À Newcastle, Franck Azéma connaîtra donc sa quatrième finale de Coupe d’Europe et, même si celle à venir est logiquement qualifiée de "petite", une telle ponctualité dans la performance mérite d’être soulignée. Probablement conscient que la prochaine affectation de Fabien Galthié aux commandes du XV de France ne lui accorderait pas un avenir international dans l’immédiat, le manager clermontois vient d’ailleurs de prolonger son contrat de trois saisons supplémentaires en Auvergne. C’est ce qu’on est en droit d’appeler, à Clermont, "une excellente nouvelle".

L’interrogation Tuicuvu

Alors, les planètes sont-elles cette année alignées au-dessus des Jaunards ? Et la fin de saison clermontoise sera-t-elle inversement proportionnelle au chemin de croix de l’an passé ? De fait, la conquête auvergnate, le système défensif de l’ASMCA et, plus que tout, cette ébouriffante ligne de trois-quarts sont autant de satisfecit pour Franck Azéma, Bernard Goutta ou Didier Bès. Des tribunes, il nous semble néanmoins que cette équipe clermontoise manque encore d’un talonneur explosif (Benjamin Kayser et John Ulugia tirent leurs dernières cartouches…) et, surtout, d’un arrière expérimenté. Nick Abendanon hors de forme, c’est donc le jeune Setariki Tuicuvu (23 ans) qui squatte le fond du terrain clermontois depuis le début de saison. Si ses qualités de relanceur sont indéniables, sa faible longueur de jeu au pied ou ses placements souvent hasardeux en troisième rideau laissent à penser qu’il pourrait constituer une zone faible pour les Jaunards, lorsque les phases finales débuteront pour de bon. Mais on peut se tromper…

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