• L’équipe de Muzillac a fait des miracles avec un effecitf limité et ce petit club jouera en Honneur la saison prochaine.
    L’équipe de Muzillac a fait des miracles avec un effecitf limité et ce petit club jouera en Honneur la saison prochaine. DR / DR
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Amateurs

Le RCP Muzillac décroche l’Honneur !

Le petit club du Morbihan ne figurait pas au rang des favoris au départ de la saison. Il a dominé son championnat pour se hisser au plus haut niveau régional. 

Créé en 2006 par Patrick Rocher, qui en fut président pendant cinq ans avant de devenir le dirigeant bien connu du RC Vannes, en charge des actions sociales du groupe professionnel vers la population défavorisée, le petit club breton du RCP Muzillac a augmenté d’une étape son petit bonhomme de chemin. à une journée de la fin des championnats régionaux, il vient de décrocher le droit d’évoluer la saison prochaine au plus haut niveau régional. C’est un petit évènement dans le Morbihan, qui comptera encore un club de plus en championnat Honneur. C’est aussi une grande surprise, au regard des moyens dont dispose cette petite association. Les installations sont très spartiates. Deux terrains posés sur la commune voisine du Guerno, payés par la communauté de communes, et un siège qui n’a de club-house que le nom, sont ses seuls attributs. La commune de Muzillac lui verse ses trois mille euros de subvention annuelle, quand celle du Guerno se contente de mettre à disposition le foncier. « Notre budget de quarante mille euros est très limite, raconte Philippe Relin, un président motivé comme personne, mais qui se heurte à la difficulté de ces moyens limités. Nous ne pouvons même pas accueillir tous nos adversaires pour le pot d’après match, ni les enfants pour le goûter. Pour un avenir plus radieux, il nous faudrait doper notre budget d’au moins 50 %. » En attendant, il faut faire des miracles avec pas grand-chose et le faiseur de miracle qui a fait monter la première jusqu’en Honneur, s’appelle Thierry Conti.

Douze joueurs à trouver

Cet ancien de Grand-Champ, originaire du Tarn-et-Garonne, né proche de Montauban, restera l’entraîneur qui a mené le club à son plus haut niveau historique. « Ma réussite est d’abord celle des joueurs, explique-t-il modeste. Il y a un fort potentiel dans ce collectif. J’ai considéré que ma mission première était de responsabiliser les joueurs dans cette démarche sportive. L’amalgame entre jeunes et moins jeunes s’est fait tout naturellement. J’ai seulement apporté ma patte. » L’affaire n’était pourtant pas très bien engagée. Au départ de la saison, l’effectif ne dépassait pas les trente joueurs, ce qui paraissait très insuffisant pour imaginer une montée qui ne figurait pas dans les plans du club. Et en cours de saison, l’effectif a perdu du monde, des joueurs partis sans rien dire dans un silence collectif. « Je ne m’explique toujours pas pourquoi, lâche Thierry Conti. Cette montée est vraiment méritoire, et tous les joueurs du groupe sont allés la chercher ensemble. Mais il faut souligner l’excellent travail des avants, qui ont sorti une prestation d’ensemble remarquable. Au fur et à mesure, ils ont permis de créer un bon lien avec les trois-quarts. Cela commence vraiment à bien fonctionner. Mais bon, pour exister en honneur, il en faudra encore davantage. Davantage de rigueur et d’investissement, et davantage de joueurs. Il nous faudra une douzaine d’équipiers supplémentaires pour faire la maille. C’est le minimum. » Ce ne sera pas simple de recruter autant de monde, sans moyen dans cette région assez concurrentielle, où le «potentiel joueurs» n’est pas infini. En attendant, Muzillac partira en championnat de France de Promotion d’Honneur, évaluer au niveau national cette force collective qui lui a permis de repousser ses limites.

Didier LE PALLEC
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