• A l'image de leur ouvreur, les Oyomen ont été pris à la gorge par le retour des Bayonnais.
    A l'image de leur ouvreur, les Oyomen ont été pris à la gorge par le retour des Bayonnais. Carine Monfray / Carine Monfray
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Pro D2

La peine des Bugistes

Les chants basques ont trouvé un écho particulier dans les vestiaires d’une équipe de l’Ain abattue par son improbable échec.

En regagnant les vestiaires à la pause avec un avantage de 18 points, en ayant inscrit trois essais et maitrisé leur sujet dans les vingt dernières minutes de la première période, les Oyonnaxiens pensaient avoir posé les bases nécessaires pour aller chercher son billet pour la finale. Mathon était en fête, les quelque 10 000 supporters présents résolus à continuer à pousser leur équipe vers une victoire qui lui semblait alors promise. Moins d’une heure plus tard, les illusions envolées, emportées par le vent de la rébellion basque, il ne restait sur la pelouse que des joueurs incrédules, atterrés et qui ont sans doute à peine remarqué au moment de saluer leur public, l’hommage rendu par la petite phalange de supporters bayonnais scandant "Oyo, Oyo".

Peut-on comprendre la détresse alors ressentie par le groupe ? "Dans les vestiaires, personne ne parlait. Il n’y a pas eu un mot. Moi je me suis dit, ce n’est pas possible, tu vis un cauchemar. Tu vas de te réveiller. Le match n’a pas encore commencé… et pourtant il était terminé" lâche Valentin Ursache, digne dans un rôle de capitaine assumé jusqu’au bout, mais miné par la tristesse partagée avec l’ensemble du groupe.

Peut-on avancer une explication rationnelle au total revirement de situation vécu en deuxième période ? Adrien Buononato cherche la réponse, mais visiblement ne la trouve pas : "Nous avons joué à quatorze durant vingt minutes et durant ce laps de temps nous avons encaissé trois essais. À quinze, nous sommes parvenus à remettre de l’avancée mais cela n’a pas suffi".

Peut-on émettre l’hypothèse d’un quelconque excès de confiance après l’enchaînement de trois essais en fin de première période ? L’entraîneur oyonnaxien rejette l’argument : "À aucun moment nous n’avons pensé que c’était plié. Bayonne a su changer sa façon de jouer en venant nous chercher dans l’axe et nous avons mis trop de temps à nous adapter."

Peut-on tirer un parallèle avec le dernier match disputé à Mathon et perdu face à Brive. Le troisième ligne Bilel Taieb tranche : "Il n’y a rien à voir. Contre Brive rien n’avait fonctionné. Là, nous avions creusé l’écart en première période et puis…"

Valentin Ursache vient à la rescousse : "En un an, c’est le deuxième rendez-vous important que nous ne savons pas gagner. Je ne peux pas y croire. Il y a des gens qui vont quitter Oyonnax, ils méritaient de partir tête haute. Nous voulions écrire une belle histoire ensemble, ce n’est pas possible qu’elle se termine comme cela."

Le club a encore de l’ambition

Adrien Buononato fait partie de ceux qui vont quitter le Haut-Bugey : "J’espérais juste ne pas croiser Oyonnax la saison prochaine. La place de ce club n’est pas en Pro D2. Ma déception restera de ne pas avoir su l’amener là où il devrait être".

La symbolique du match pourrait se résumer aux entrées bénéfiques de Bustos Moyano et Tedder, auteur chacun d’un essai pour amener Bayonne vers la victoire alors que du côté oyonnaxien Phœnix Battye, de retour après une longue blessure, était contraint de quitter le terrain quelques minutes à peine après être entrée en jeu.

Dans les vestiaires, les Oyonnaxiens tentent de ravaler l’immense déception qui les a frappés. Dehors, le camp basque entonne des chants. C’est la peine à Oyonnax.

"En un an nous avons pris deux gros coups sur la tête, mais le club a encore de l’ambition" promet Valentin Ursache.

Midi Olympique
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