• Paul Willemse et les Montpelliérains n’ont pas réussi à se sortir de l’étau dressé par les Lyonnais de Félix Lambey et Jonathan Wisniewski.
    Paul Willemse et les Montpelliérains n’ont pas réussi à se sortir de l’étau dressé par les Lyonnais de Félix Lambey et Jonathan Wisniewski. Icon Sport - Icon Sport
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Promesses de l’ombre

Battus sur des détails non maîtrisés sur la fin, les Héraultais ont frôlé l’exploit et n’ont pas à rougir de leur performance. Déçus, ils remettaient tout de suite en perspective leur échec.

"Le lancer le plus important du match est pour moi et je la rate. Je le prends pour moi." Youri Delhommel assume comme un grand du haut de ses 22 ans. Lui, le héros de la qualification à Clermont, a coincé au pire des moments à Gerland (77e : mauvais lancer à dix mètres de l’en-but). La touche héraultaise s’est alors crispée et le rêve s’est envolé.

Mais, comment en vouloir au "gamin" de Massy arrivé en février dans l’Hérault et propulsé dans le grand bain sans brassards ? Impossible. Comment montrer du doigt les Reilhac, Immelman, Haouas, Arroyo ou Sanga, moins tranchants qu’à l’accoutumée, à l’image du banc héraultais, mais tellement précieux il y a peu ? Impensable. "Je n’ai pas envie d’accabler ces jeunes-là, car ils nous ont aidés à nous qualifier ! Les phases finales sont des matchs avec une autre saveur et une pression différente que celle du championnat. Ils apprennent. Ce sont des bons joueurs, des bons mecs, qui ont envie de gagner des choses", explique Benoît Paillaugue.

Le prix de l’apprentissage. Montpellier tombe en barrage mais son groupe rajeuni, orphelins de leaders comme Picamoles ou Ouedraogo ; et privé volontairement de l’expérience des Springboks écartés depuis mi-février, acquiert un vécu commun vital. Un choix qui sera payant demain. Le collectif passe désormais avant l’individu. "Les joueurs ont tout donné pour l’équipe, se sont envoyés. Je n’ai rien à leur reprocher", lance Vern Cotter. Le capitaine poursuit : "Je suis très déçu de la défaite et à la fois très fier du groupe. On a créé une ossature entre nous qu’il faudra garder et qui je l’espère, nous permettra de gagner des titres dans les années à venir. Il y aura des changements dans le staff l’an prochain, mais je ne pense pas que cela cassera cette dynamique. C’est une histoire d’hommes, de joueurs, même si le staff a eu un rôle important. On a créé quelque chose en trois mois qu’on ne peut pas comprendre. Il faut le vivre."

Depuis leur succès à Clermont et leur qualification, les coéquipiers du centre Yvan Reilhac avaient réussi leur pari fou et au fond, leur saison : "Après la défaite et la déception du moment, je pense que nous avons tous assez vite relativisé car notre fin de saison est réussie. Si l’on repense d’où l’on vient, on ne peut être que contents. […]" Revenus de l’enfer (9e à 13 points du 6e après la 17e journée le 23 février), les Héraultais ont poussé les portes du paradis sans parvenir à les ouvrir en grand. La faute, à une fatigue mentale et physique accumulée lors des dix derniers matchs de phase régulière (neuf succès), fatale dans le money-time face au Lou.

Une image redorée

Le numéro neuf développe : "C’est beaucoup de pression depuis longtemps… Franchement, je suis fatigué sur tous les plans. Mais je suis très heureux d’avoir joué pour cette équipe, d’avoir construit tout ça. C’est une vraie histoire. Et je ne dis pas ça pour qu’on ait une bonne image…", Montpellier le mal-aimé, hier stigmatisée de province sud-africaine, s’est racheté une image en trois mois. En revenant aux sources de son histoire, à son ADN formateur. Cette équipe respire enfin l’unité, a retrouvé un jeu diversifié et dégage enfin des ondes positives. Au travers aussi du comportement de ses jeunes étrangers, Serfontein, Willemse ou Jacques Du Plessis, aujourd’hui totalement impliqués et intégrés au club. Reilhac développe : "Après l’ère Jake White, l’image du club était un peu au fond et Vern Cotter l’a remontée. On a tout donné pour ce club. On jouait pour ça. Je pense que l’on a redoré l’image du MHR et que c’est le plus important." Et le soutien réaffirmé des fans reste la plus belle des récompenses selon Cotter : "Je tiens à les remercier, vraiment, car leur soutien a été très précieux à Lyon."

Place aux vacances puis au jour d’après. Certains éléments seront partis (Watremez, Ruffenach, Dumoulin…), beaucoup moins qu’avant ; le staff aura été modifié (arrivée de Garbajosa et Lafond, départ de King par exemple), mais l’équipe devra rester au-dessus de tout. Reilhac conclut : "Je pense que nous avons vécu l’enfer, on sait ce que c’est d’y être et je pense que personne ne veut y retourner ! Si on repart avec le même état d’esprit, ça se passera mieux."

Julien Louis
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