• Denis Charvet of French Barbarians during the test match between Barbarians and Australia at Stade Chaban-Delmas on November 24, 2016 in Bordeaux, France. (Photo by Manuel Blondeau/Icon Sport)
    Denis Charvet of French Barbarians during the test match between Barbarians and Australia at Stade Chaban-Delmas on November 24, 2016 in Bordeaux, France. (Photo by Manuel Blondeau/Icon Sport) Icon Sport -
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Entretiens

Charvet : « Nous n’étions pas à notre place »

C'est une mini-bombe dans l'univers du rugby français. Les Barbarians font machine arrière, ils ne seront plus dépendant la FFR comme sélection numéro 2. Deux ans après, ils retrouvent leur liberté.

Midi Olympique : La FFR a officialisé, mardi, la fin des Barbarians comme deuxième équipe de France. Pourquoi ?

David Charvet : C’est une réflexion commune avec Bernard Laporte et qui mûrissait depuis un bout de temps. C’est Bernard qui avait eu l’idée de faire entrer les Barbarians à la FFR comme deuxième équipe de France. C’était pour nous aider, nous accompagner et nous renforcer. Je l’en remercie, c’était plein de bonnes intentions. Malheureusement ça n’a pas fonctionné. C’était une fausse bonne idée.

Pourquoi ?

D.C. : Le cahier des charges ne nous correspondait pas et c’est certainement de ma faute, je n’y ai pas été assez attentif. Quand vous êtes la deuxième équipe de France, il y a une exigence qui vient avec, celle du très haut niveau. Elle est normale. Mais ce cahier des charges ne correspondait pas à nos idées, notre esprit, notre philosophie. Ce n’est pas que nous ne sommes pas sérieux ou travailleurs, mais notre liberté n’a pas de prix. C’est ma croyance et je mourrai avec. Nous aurions donc dû rester à la place qui était la nôtre. Prétendre être la deuxième équipe de France, c’était certainement trop.

Avec ce passage dans le giron fédéral, les Barbarians semblaient avoir perdu de leur âme…

D.C. : Tout le monde tentait de maquiller la vérité, mais ce n’était effectivement que du maquillage. La vérité, c’est que les joueurs appelés chez les Barbarians étaient devenus le choix du sélectionneur de l’équipe de France, plus le nôtre. L’avantage, c’est que cela imposait aux clubs de libérer les joueurs. Mais nous y perdions notre concept, notre façon de faire. On se fourvoyait. C’est pour cela que nous avons décidé de sortir, de ne plus être la deuxième équipe de France. Nous voulions récupérer notre indépendance et notre liberté.

Cette réflexion est-elle de votre propre chef ?

D.C. : C’était un sentiment largement partagé. Je vois la résonance qu’a eue, dans le monde du rugby français, l’annonce mardi soir de notre retrait en tant que deuxième équipe de France. J’ai reçu une multitude de messages d’entraîneurs du Top 14, de joueurs, de décideurs qui se réjouissaient de cette nouvelle. C’est bien la preuve que nous n’étions pas à notre place. Nous allons retrouver celle qui était la nôtre. Je suis aussi persuadé que ce sera aussi bénéfique pour la Fédération : pendant quatre ans, le sélectionneur Fabien Galthié pourra avoir pleinement la main sur la deuxième équipe de France. Ce sera son vivier de jeunes joueurs qu’il aura choisis, sur lesquels il pourra s’appuyer pour construire.

Et vous ?

D.C. : Nous ferons aussi appel à des jeunes mais nous retrouverons un équilibre. Il y aura de nouveau quelques vieux, quelques anciens pour encadrer les jeunes et que nous récompenserons de leur carrière. Et l’état d’esprit redeviendra un critère de sélection chez les Barbarians. C’est important pour nous et ce n’était plus vraiment le cas, puisque nous ne choisissions plus l’équipe.

Ce changement de statut peut-il mettre en péril la pérennité financière de l’entité Barbarians ?

D.C. : Je ne crois pas et je pense même le contraire. Nous bénéficierons bientôt d’une convention qui courra sur quatre ans et qui mêlera quatre parties : les Barbarians, la FFR, la LNR et France 2023, qui va intégrer notre giron. Un club de 5 à 6 partenaires majeurs va bientôt être communiqué, aussi. La cible : servir l’équipe de France dans l’optique de la Coupe du monde 2023. Nous aurons des moyens supérieurs pour y parvenir. Nous avons toujours été un laboratoire au service de l’équipe de France, mais en respectant un certain esprit cher aux Baa-Baas.

Quelles sont vos prochaines échéances ?

D.C. : Nous travaillons sur une tournée à New York et à Toronto à l’été 2020. Nous sommes en discussion pour affronter les Lions britanniques, en 2021 avant qu’ils ne s’envolent pour l’Afrique du sud. De belles choses se profilent à notre horizon.

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