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Les Rochelais peuvent-ils rééditer l'exploit ?

Sixième de la phase régulière, La Rochelle a surpris le Racing 92 en match de barrage notamment grâce à une stratégie défensive consistant à pousser les Franciliens à jouer rapidement sur les extérieurs pour mieux les enfermer. Bis repetita contre le Stade toulousain ? Entretien avec Julien Dupuy.

La performance défensive des Rochelais aperçue vendredi dernier à Colombes a impressionné. «C’est clairement ce secteur de jeu qui a permis à La Rochelle de battre le Racing», assure d’emblée Julien Dupuy, ancien entraîneur des trois-quarts du Stade français et spectateur attentif depuis les tribunes du vieux stade Yves-du-Manoir.

Julien Dupuy a attentivement observé les Rochelais
Julien Dupuy a attentivement observé les Rochelais - Icon Sport

«J’ai le sentiment que les Rochelais craignaient le Racing dans l’axe et qu’ils laissaient les Racingmen souvent partir sur l’extérieur pour mieux les couper, détaille-t-il. Je revois encore quelques actions où Doumayrou et Sinzelle ont contrôlé sur les extérieurs, pour ne pas se faire prendre au cœur.»

Mais pas seulement. Des montées agressives pour fermer les extérieurs conjuguées à une stratégie clairement identifiée de faire tomber très vite le porteur de balle pour éviter les passes après contact, voilà qui a fait le bonheur des Maritimes. La recette a payé. Virimi Vakatawa ou Teddy Thomas n’ont pu s’exprimer dans le registre qui leur sied tant, habituellement.

 

Les Rochelais lors de leur victoire face au Racing 92
Les Rochelais lors de leur victoire face au Racing 92 - Icon Sport

 

Évidemment, force est de s’interroger sur la pertinence de remettre en place une telle stratégie défensive. Et pour cause. Le Stade toulousain affiche quelques similitudes avec cette équipe du Racing 92 par sa volonté de jouer après contact. «Ce sera plus compliqué de défendre de la même façon car le Stade toulousain joue vraiment beaucoup plus debout, ce qui lui permet de trouver de l’avancée dans l’axe, rétorque Julien Dupuy. Mais c’est vrai que si les Rochelais ne mettent pas une énorme pression défensive, ce sera compliqué. Toulouse a des joueurs puissants, capables de jouer dans le dos de la défense grâce à des offloads. La Rochelle devra donc prendre des risques en défense et monter très fort.»

Quitte à systématiser une montée défensive inversée ? Julien Dupuy souffle longuement et sourit. «Il faudra faire des choix, répond-il. Sur certaines situations, ça s’imposera naturellement, mais ça, c’est de la lecture de jeu.» Une caractéristique importante de la ligne de trois-quarts des joueurs de Xavier Garbajosa. La présence d’un joueur comme Geoffrey Doumayrou est une garantie dans ce registre.

 

Le match de référence, c’est celui du Leinster contre le stade toulousain.

Las, il faudra aussi ne pas se contenter d’une nouvelle performance défensive titanesque. «La possession du ballon sera essentielle pour les Rochelais, reprend Julien Dupuy. À la fin du match du barrage, j’ai discuté un peu avec Geoffrey Doumayrou et Jérémy Sinzelle. Je leur ai dit : «Si vous voulez gagner le match, il faut qu’un maximum de ballons passent entre les mains des trois-quarts. Si vous épuisez vos avants, vous allez exploser.»»

Liebenberg s'imposant dans les airs face à Kaino
Liebenberg s'imposant dans les airs face à Kaino - Icon Sport

 

Sans doute l’ancien demi de mêlée international a-t-il vu certains joueurs du cinq de devant rochelais souffrir de crampes dès l’heure de jeu… Dans cette rencontre, la fraîcheur sera un paramètre déterminant. Les hommes du président Merling auront-ils les ressources nécessaires pour bousculer une équipe qui a dominé toute la phase régulière, souvent en impressionnant par la qualité du jeu pratiqué ?

«Pour moi, le match de référence, c’est celui du Leinster contre le Stade toulousain, reprend Julien Dupuy. Les Irlandais n’ont rien fait de génial, mais ils prenaient tous les ballons très à plat pour ne pas prendre la pression des défenseurs toulousains. L’idée, c’était de ne pas subir la pression défensive toulousaine. Dans ce registre, Kaino ou Elstadt, dès lors qu’ils ont un peu de vitesse font constamment reculer le porteur de balle. L’idée pour les Rochelais, ce serait donc d’être à plat et essayer quand même de gagner la ligne d’avantage. Un, puis deux temps de jeu avec les avants pour ensuite jouer un peu plus sur les extérieurs. Parce que contre Toulouse, prendre les ballons avec un peu trop de profondeur sans avoir gagné la ligne d’avantage avant et pris de la vitesse, c’est l’assurance de prendre des cartouches.»

BEURDELEY Arnaud
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