• Malgré la défaite contre Toulouse, Arthur Retière et les Rochelais ont peut-être réalisé la plus belle saison de l’histoire du club jaune et noir avec à la clé une finale européenne et une demi-finale de Top 14.
    Malgré la défaite contre Toulouse, Arthur Retière et les Rochelais ont peut-être réalisé la plus belle saison de l’histoire du club jaune et noir avec à la clé une finale européenne et une demi-finale de Top 14. Patrick Derewiany / Midi Olympique -
Publié le / Modifié le
Top 14

La Rochelle : rien qu’une larme

Les Rochelais ont résisté plus d’une mi-temps avant de s’incliner logiquement. L’important est ailleurs : sa saison a prouvé que La Rochelle n’est plus une surprise. C’est un taulier du Top 14.

Romain Sazy avait le port haut, samedi soir dans les couloirs du stade Matmut Atlantique de Bordeaux. L’esprit un peu embrouillé aussi. C’est légitime : seule équipe à avoir déjoué les pronostics pour s’inviter surprise en demi-finale, après avoir terminé sixième de la saison régulière, le Stade rochelais avait toutes les raisons d’y croire quand, à l’heure de jeu, les coups de boutoir toulousains ne se traduisaient que par un petit point d’avance au score (7-6). Et, par répercussion, des Rochelais qui avaient toutes les raisons de s’imaginer en finale. "Nous étions dans les clous sur la première mi-temps. Nous avons fait front sur les quinze premières minutes, nous avons aussi bien défendu en fin de première période quand il y a eu cette série de mêlées. Ça aurait pu basculer" se remémorait le capitaine maritime.

Longtemps, le coup a même semblé parfait. Comme au Racing, les Rochelais ont été majoritairement privés de ballons mais, construit sur un système de défense efficace, derrière, et une abnégation sans faille. "À 7-6, on plie mais on ne rompt pas. On se dit alors qu’on doit s’accrocher et après un contre, une pénalité, 9-7…" Un scénario qui n’arrivera finalement jamais. "On s’est effectivement accroché mais, au final, je crois surtout qu’on est tombé sur meilleur que nous" reconnaîtra Xavier Garbajosa après la rencontre., non sans confier que "cette défaite est douloureuse à encaisser. Plus encore qu’il y a deux ans".

"Tout le monde nous tirait dessus"

Passée la douleur, il restera le bilan de cette saison à part, un rien chaotique et finalement la plus belle de l’histoire du club. Tout avait débuté sous la houlette du duo Garbajosa-Patat, chefs de substitution à la promotion plus contrainte que réellement désirée. Les hommes n’étaient pas les premiers choix de leur direction, qui ne s’en est jamais cachée, en interne. Pourtant, à la clé de leurs trois mois d’intérim, le Stade rochelais trouvait déjà sa place dans le top 6, au moment d’accueillir Jono Gibbes.

La suite fut hésitante. Le Néo-Zélandais a pris ses marques, imposé sa patte et ses méthodes. Garbajosa a pris du recul par rapport au terrain, délaissant notamment l’animation offensive pour laisser Gibbes opérer selon ses convictions. L’histoire d’amour fini mal. Dès l’hiver, son départ est évoqué, direction Montpellier. Un épisode long de trois mois et, finalement, l’officialisation de venue dans l’Hérault par Mohed Altrad, il y a deux semaines.

Un temps, ces mouvements ont perturbé le groupe rochelais. "Durant la période où l’on a enchaîné cinq ou six défaites de suite, où tout le monde nous tirait dessus, je ne suis pas sûr qu’on aurait misé sur un tel bilan" se souvient Sazy. Ses coéquipiers ont aussi eu la force de se relever. Et le capitaine de poursuivre : "C’est toute la beauté de notre sport. Franchement, sur l’ensemble de la saison, je suis fier de cette équipe. Très fier." Il peut. Alors, samedi soir, il y a bien eu quelques larmes. Mais pas de gros chagrin. Dans le dernier carré, le Stade rochelais est désormais à sa place. Il reviendra en demi-finale. Et mieux encore.

Réagir