• L’automne  des légendes
    L’automne des légendes
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Super Rugby

Crusaders : l’automne des légendes

S’ils sont en route pour le deuxième triplé de leur histoire, les Crusaders le doivent en grande partie à un pack de titans, dont l’ossature se désagrégera à l’issue de la saison.

Si l’on voulait débuter ce papier par un brin d’humour, on souhaiterait bonne chance, et surtout beaucoup de patience aux avants remplaçants des Crusaders. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’aucun d’entre eux n’a encore eu l’honneur d’être sélectionné avec les All Blacks. Et que, partant du principe qu’une place de titulaire dans le pack de la franchise de Christchurch se joue à une moyenne de 57 sélections internationales au sein de la meilleure équipe du monde (et même 64 dans le 5 de devant !), le temps où Andrew Makalio, George Bower, Michael Ala’alatoa ou Jordan Taufua devraient logiquement attendre de longues années avant d’avoir la chance de porter un maillot floqué entre 1 et 8…

Boutade ? Évidemment, puisqu’il existe bien un titulaire (le flanker Whetu Douglas) encore vierge de sélection et que de toute façon, les "centurions " Owen Franks, Sam Whitelock ou Kieran Read quitteront la franchise à l’issue de cette saison. N’empêche que l’expérience et la maturité des avants des Crusaders, dans la tradition profonde des fermiers de l’île du Sud, constitueront encore le premier atout de la franchise de Christchurch. Comme toujours…

57 sélections de moyenne chez les Blacks

Leur raison d’être ? Ne laisser AUCUN BALLON FACILE à l’adversaire, et faire peser sur l’opposition un stress permanent, de façon à provoquer ses erreurs. Exactement comme fonctionnent les All Blacks, en somme. L’unique différence résidant au final dans l’identité des individualités chargées de faire tourner le score, sans que l’efficacité de l’ensemble s’en ressente, cela va sans dire…

Pour ce faire ? Les avants des Crusaders, comme ceux des All Blacks, sont répartis en deux catégories. Ceux qui touchent le ballon, et les autres… Parmi les porteurs de balle identifiés au sein de cette fameuse organisation offensive en 2-4-2, le numéro 8 Kieran Read et son toucher de balle hors du commun fait bien évidemment figure de référence, qui intervient d’ailleurs essentiellement dans le bloc du milieu de terrain avec sa province, alors qu’il se trouve plutôt utilisé sur les extérieurs avec la Nouvelle-Zélande. À ses côtés, le talonneur Codie Taylor et le pilier gauche Joe Moody sont aussi régulièrement utilisés tout comme le non-capé Douglas, qui constitue également la caution "puissance" des Crusaders, pour ne pas dire leur exécuteur des hautes œuvres.

Soldats de l’ombre

Mais pour le reste ? C’est sans le ballon que les avants néo-zélandais touchent à leur efficacité maximale. À commencer par le secteur de la conquête directe où le colossal Owen Franks tient tête à toutes les première ligne du monde depuis quinze ans, tout en conservant une inégalable capacité de déplacement. Un atout qui s’avère considérable dans les phases de ruck, où les Crusaders cherchent à disputer pratiquement tous les ballons à leurs adversaires, à l’image du flanker casqué Matt Todd qui s’avère un poison constant, parfaitement soutenu par une deuxième ligne de guerriers où le capitaine Sam Whitelock sera secondé ce week-end par Mitchell Dunshea. C’est d’ailleurs l’unique inconnue de ce week-end, puisque l’habituel leader de touche Scott Barrett, victime d’un doigt fracturé, ne pourra pas tenir sa place et faire valoir sa science du contre. Reste que ce All Black à 29 sélections sera remplacé par un autre qui en compte 31 et qu’à ce titre, on ne saurait décemment se faire du souci pour ce qui demeure le meilleur pack du monde…

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