• À l’image du président Alain Piguet (à gauche), c’est tout le club mâconnais qui hurlait sa joie au soir du 23 juin après la victoire face à Cognac (19-16) en finale du Challenge Yves-du-Manoir.
    À l’image du président Alain Piguet (à gauche), c’est tout le club mâconnais qui hurlait sa joie au soir du 23 juin après la victoire face à Cognac (19-16) en finale du Challenge Yves-du-Manoir. Salvatore Barletta -
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Fédérale 1

Mâcon : pour l’histoire

Le jour où l’AS Mâcon décroche le plus beau trophée de son histoire…

Lanterne rouge de la poule 4 de Fédérale 1 au soir du 16 septembre 2018, le club de l’AS Mâcon, finaliste du Jean-Prat en 2017, demi-finaliste l’année suivante, s’interroge. Mais le groupe est solidaire et il redresse la barre. Jusqu’au 23 juin 2019 et ce Challenge Yves-du-Manoir remporté face à Cognac. "On est champions de France mais pas champions du monde. Ce titre n’est que le début d’une nouvelle histoire. Nous avons tout à construire dans ce club pour le conduire vers l’accession en Pro D2." Alain Piguet, le néo-président de l’AS Mâcon, est revenu aux affaires début juin. Avec un objectif précis : le Pro D2 en quatre ans. "Il ne faut pas se voiler la face, on n’y arrivera pas avant", précise le numéro 1 mâconnais fier de ses hommes et de ce parcours parsemé d’embûches jusqu’à ce désormais célèbre 23 juin 2019. Tout débute en juillet 2018. Le nouveau staff, Benjamin Noirot et André Hough, prend ses marques. Le précédent, composé de Ripol et de Lestang, a quitté le stade Émile-Vanier, non pas pour mauvais résultats, au contraire, mais pour donner un nouvel élan au club mâconnais. En profitant de l’expérience de Noirot, ancien talonneur, champion de France Top 14 avec Toulon et Andre Hough, ex-ouvreur d’Albi et Pau en Pro D2.

Entre blessures et suspension

Le début de saison est raté. Trois matchs, trois défaites. Mais au sein de ce groupe renouvelé aux deux-tiers à l’intersaison, on sent pourtant une certaine osmose se mettre en place. Doucement. Sûrement. Le déclic intervient le 23 septembre 2018 et ce succès face à Bourgoin (19-12). "Ce jour-là, on a senti qu’on pouvait être fort", insiste Guillaume Aguilar, troisième ligne et futur manager général du club. L’ASM manque cependant de constance et de régularité. Elle fait preuve aussi d’impatience au cours des matchs suivants et ce n’est qu’au soir du 9 décembre 2018 et ce succès face au leader, le Stade dijonnais (37-13), qu’elle redevient un candidat sérieux pour le Challenge Yves-du-Manoir. Les deux premières places, secret objectif du coach Benjamin Noirot en début de saison, sont abandonnées depuis belle lurette. Tant pis. Mâcon se contentera du minimum. Qui se révélera être le maximum quelques mois plus tard.

Durant cette période, l’infirmerie ne cesse de gonfler avec des blessures en cascade. Birembaut, le capitaine, est suspendu cinq matchs après les altercations survenues le 18 novembre à La Seyne-sur-Mer. "Incroyable encore à notre époque d’assister à ça", dira plus tard Guillaume Aguilar, victime d’un terrible coup de poing par-derrière de la part d’un des deux ailiers varois. La solidarité mâconnaise, marque de fabrique maison, fait fi de tous ces pépins. Mâcon poursuit sa lente course vers la qualification en cinquième position derrière le quatuor Bourgoin, Dijon, Hyères-Carqueiranne et Nice. Mais les soucis ne sont pas terminés. En huitième de finale aller contre Nîmes, Fono est exclu dès la 5e minute pour un geste jugé dangereux. À 14, Mâcon s’impose 22 à 21 et fait mieux au retour dans le Gard (32-27). En quarts, Mâcon retrouve Hyères, contre qui il n’a jamais trouvé la faille en championnat. Pas grave. L’ASM des phases finales n’est la même qu’en phase régulière. Les joueurs se sont réunis début mai et les yeux dans les yeux ont trouvé les mots pour se lancer dans cette formidable aventure. Hyères est balayé à domicile (37-21).

Sept jours plus tard, c’est l’arrière Paquelet, d’une pénalité des 22 mètres en face des perches, qui offre le bonus défensif et la qualification à l’ASM. Le 16 juin, encore des retrouvailles. Cette fois, Chambéry se dresse sur la route du futur champion. Et ce n’est qu’au terme de 100 minutes de jeu et 300 ultimes secondes insoutenables, de défense intensive, que les Mâconnais gagnent le droit de rejoindre les Charentais de Cognac en finale. Sept jours après leur exploit face à Chambéry, les hommes du président Piguet poussent l’ouvreur cognacais Peluchon à l’en-avant volontaire à deux mètres de sa ligne d’en-but. Geste qui conduit M. Ramos, futur sifflet de Pro D2, à l’essai de pénalité. Qui délivre tout un peuple. Ému aux larmes, Alain Piguet, le président mâconnais, lâchait. "Aujourd’hui, c’est le plus beau titre de l’histoire du club. Il récompense tous les gens qui se sont investis cette année et toutes ces dernières années. Il récompense aussi tous nos supporters, nos dirigeants, le groupe. Je suis fier d’eux. Grâce à ce titre, le club va continuer à grandir."

Midi Olympique
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