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Rugby Championship

Argentine : L’heure des braves

Après la campagne historique des Jaguares en Super Rugby, les Argentins, renforcés par quelques "Européens" doivent confirmer leur nouveau statut dans ces four-nations et briser leur image de mauvais élève du Rugby Championship.

Pour la première fois de leur jeune histoire, les Jaguares ont donné une leçon à leurs habituels bourreaux de l’hémisphère Sud. Mieux, ils se sont même hissés jusqu’en finale. Une finale que les Lions de Johannesburg avaient pourtant disputée deux fois de suite lors des dernières éditions. Mais pas cette fois. Les Lions, comme les Sharks, les Bulls, la Western Force ou les Stormers ont regardé la finale depuis leurs canapés. L’affront est immense. Aussi grand que le symbole, d’ailleurs, d’une nation qui a montré des progrès constants depuis son intégration dans la compétition en 2016. Le résultat aussi d’une courageuse politique de formation, appelée "PlaDAR " ("Plan De Alto Rendimiento", ou "plan de haut niveau ") lancée en 2007 et qui a formé les Matera, Montoya, Lavanini, Petti ou Isa (pour ne citer qu’eux) qui font qu’aujourd’hui les Argentins prétendent à une place dans le Top 6 mondial.

L’Italie du sud

Dans les faits, les Pumas en sont encore loin. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils ne pointent qu’à la dixième place du classement de World Rugby avec 77.05 points. Derrière les Fidji, neuvièmes (77.95) et la France, huitième (79.42). Mais ça, c’est avant le Rugby Championship version raccourcie qui commencera ce week-end. Trois matchs dont deux à domicile (réception des Blacks, déplacement en Australie puis réception des Boks) qui représentent, pour les hommes de Mario Ledesma, l’occasion unique de gagner quelques places pour se rapprocher des nations comme l’Afrique du Sud ou l’Australie dont ils ont maté les franchises en Super Rugby. Et d’effacer cette terrible statistique : depuis leur intégration dans l’ex-Tri Nations en 2012, les Argentins ont toujours terminé à la dernière place. Pour un peu, on dirait que l’Argentine du Rugby Championship est l’équivalent sudiste de l’Italie du Tournoi des Six Nations… Seule éclaircie dans ce triste bilan, l’édition 2015 où ils ont fini troisièmes. Pour la petite histoire, la compétition avait aussi été raccourcie à cause du Mondial anglais (6 matchs au lieu de 12) et les Pumas avaient terminé devant l’Afrique du Sud. En mettant un court terme à l’hégémonie néo-zélandaise, les Australiens, premiers, avaient aussi annoncé de façon prémonitoire l’affiche de la finale de la Coupe du monde… Alors, avec une Australie aujourd’hui exsangue et des Boks branchés sur courant alternatif, pourquoi les Pumas ne pourraient pas rêver d’une deuxième place ? Et d’une finale de Coupe du monde tant qu’on y est ?

Bosch : "le jeu argentin a énormément évolué "

Pour le jeune retraité Marcelo Bosch et ses 39 sélections, ses anciens coéquipiers profiteront forcément de la dynamique créée en Super Rugby : "Nous savons que la majorité de l’équipe qui jouera le Mondial et ce Rugby Championship est celle des Jaguares, qui a signé une saison incroyable en Super Rugby. Je parle des résultats bien sûr mais pas seulement. À mon sens, c’est aussi leur jeu qui a énormément évolué. Par exemple, on les a vus s’imposer de différentes manières tout au long du championnat. Cela n’arrivait pas, par le passé. Aujourd’hui ils jouent bien au pied, défendent fort, mettent les adversaires sous pression et possèdent plusieurs joueurs capables de gagner leurs duels", a expliqué l’ancien centre de Biarritz et des Saracens. L’année dernière à la même époque, les Pumas ne surfaient pas sur une telle dynamique. En juin, ils avaient subi trois défaites à domicile : deux face au pays de Galles et une contre l’Ecosse. Une mauvaise passe qui avait poussé le sélectionneur de l’époque, Daniel Hourcade, vers la sortie. Mario Ledesma l’avait remplacé à la hâte pour préparer les Four-Nations. Malgré une nouvelle cuillère de bois sudiste, les Argentins avaient remporté deux victoires, dont une historique contre les Wallabies à Canberra, leur première en 35 ans.

La colonie argentine qui a disputé le Super Rugby a été renforcée par quatre joueurs évoluant en Europe : l’ouvreur parisien Nicolas Sanchez, le numéro huit toulonnais Facundo Isa, le pilier des Saracens Juan Figallo et l’ailier de l’UBB Santiago Cordero ont été intégrés au groupe de 30 pour préparer ce choc contre les Blacks. L’ouvreur castrais Benjamin Urdapilleta est également avec le groupe élargi mais il est légèrement blessé. "Il me tarde de voir l’équipe renforcée par tous ces joueurs évoluant à l’étranger, s’enthousiasmait Bosch, même si, selon moi, le meilleur joueur de l’équipe est Pablo Matera. C’est le capitaine indiscutable du groupe et même si les Jaguares ont perdu en finale du Super Rugby contre les Crusaders et leur armée d’internationaux néo-zélandais, il a été le meilleur joueur sur le terrain. Pour moi, c’est un joueur clé." En 29 confrontations avec les Tout Noirs, les Pumas ne se sont jamais imposés. Mais cette fois, Steve Hansen a choisi de mettre pas moins de huit Crusaders au repos : Kieran Read, Sam Whitelock, Codie Taylor, Owen Franks, Joe Moody, Matt Todd, Richie Mo’unga et Jack Goodhue. Face à des Blacks (légèrement) diminués et devant leur public, les Pumas tiennent là une occasion en or de marquer une nouvelle fois leur histoire.

Midi Olympique
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