• Les partenaires de l’arrière Jessy Trémoulière terminent la compétition à l’équilibre avec deux victoires (Etats-Unis et Nouvelle-Zélande) pour deux défaites (Angleterre et Canada). Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Les partenaires de l’arrière Jessy Trémoulière terminent la compétition à l’équilibre avec deux victoires (Etats-Unis et Nouvelle-Zélande) pour deux défaites (Angleterre et Canada). Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Féminines

Féminines - La taxe d’apprentissage

Passées par toutes les émotions durant les deux semaines de compétition, les bleues ont terminé à la troisième place du tournoi. l’heure du bilan est désormais arrivée pour cette jeune équipe, un groupe sain, travailleur et enthousiaste qui ne demande qu’à grandir.

On dit souvent que les voyages forment la jeunesse et cet intermède américain n’aura pas dérogé à la règle. Un dépaysement total, des tentes faisant office de vestiaires et une pelouse qui n’avait rien d’un green du PGA Tour : le décor était planté à San Diego où les Françaises allaient connaître des fortunes diverses. Quatre rencontres durant lesquelles les "Affamées" auront férocement bataillé face aux meilleures nations du globe. L’opportunité de se jauger et de grandir pour les protégées d’Annick Hayraud : "On voit que nous ne sommes pas encore les meilleures ; nous pouvons faire des exploits et battre les meilleures nations de temps en temps mais il faut que ça devienne plus régulier. " Une aventure riche en enseignements pour ce groupe qui ne cesse de progresser.

Digérer l’échec inaugural

D’entrée de jeu, sans solutions, les Bleues sont tombées face aux Canadiennes. Gaëlle Hermet et ses troupes n’ont pas été dignes du maillot tricolore : "C’est très frustrant car nous n’avons pas montré notre vrai visage. Nous n’avons pas réussi à mettre en place le jeu conforme à notre ADN et à nous respecter sur le terrain. Mentalement, nous n’étions pas prêtes. " Des mots durs mais justes, au lendemain d’une prestation inquiétante. Sans équivoque, Annick Hayraud poursuivait : "Ce match inaugural nous reste en travers. C’est une compétition que la majorité des joueuses découvraient mais ça nous agace parce que notre prestation ne fut pas conforme à notre image. Il faut que ça nous serve de leçon pour plus que cela ne se reproduise." Une chose est sûre, cette équipe n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour effectuer son autocritique. Une prise de conscience rapide et nécessaire, sans quoi la suite de la compétition s’annonçait bien délicate. Une déficience en tous points à en croire les mots de l’ailière Marine Ménager : "Nous étions absentes en termes d’état d’esprit ; nous avons été surprises. Nous n’avons pas été au rendez-vous."

La déception passée, place au renouveau. Après une somptueuse victoire face aux Black Ferns, les Bleues sont tombées sur un os anglais. Pourtant, cette défaite fut peut-être le point de départ de quelque chose de grand pour cette équipe aux vertus insoupçonnées. "C’est aussi sur ce genre de matchs qu’on apprend. Nous faisons deux ou trois erreurs stratégiques que nous payons immédiatement. Face à des nations comme l’Angleterre, la sanction tombe ", lançait Annick Hayraud. Un apprentissage accéléré au terme d’une rencontre maîtrisée jusqu’à quinze minutes du terme et un dernier quart d’heure fatal ou la Rose a fait parler sa sérénité légendaire. Selon Gaëlle Hermet, ce revers ne peut être que profitable : "Nous ne perdons que de deux points alors que quelques mois plus tôt, nous en avions pris quarante. C’est une réelle montée en puissance et c’est de bon augure pour la suite. Maintenant, nous devons être capables de maintenir ce niveau. Nous ne sommes vraiment pas loin et le but est d’être au top niveau d’ici un à deux ans. "

Une jeunesse dorée

N’ayez crainte, les cadres telles que Jessy Trémoulière ou Caroline Boujard veillent au grain. Pour autant, le rugby français regorge de jeunes talents. Des pépites qui ont déjà pointé le bout de leur nez lors de ce Super Series, à l’image des Gabrielle Vernier, Madoussou Fall ou Maëlle Filopon qui se sont imposées comme des titulaires en puissance. Une grande fierté pour la manager des Bleues : "En termes d’attitude et de comportement, nous avions convoqué des joueuses que nous n’avions pas vues depuis longtemps en équipe de France. Des filles qui n’ont pas l’habitude de jouer à ce niveau et qui ont évolué face à de grandes nations. Globalement, j’ai beaucoup de satisfaction. Elles ont su élever leur niveau de jeu ; d’autres ont encore du travail mais on le sait car elles sont jeunes et il faut qu’elles prennent un peu de maturité. " Des jeunes qui ont su saisir l’opportunité qui s’offrait à elles en apportant leur pierre à l’édifice comme le souligne la capitaine des Bleues : "C’est une tournée d’été très positive. Il y a eu beaucoup de changements avec les blessures. Nous avons dû nous adapter et l’état d’esprit fut remarquable. L’avantage est que le groupe est très jeune. Cela offre belles perspectives pour la Coupe du monde 2021."

Midi Olympique
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