• Béziers compte s’appuyer sur sa jeunesse et développer au maximum son centre de formation. D’autres visées seront évoquées durant la saison.
    Béziers compte s’appuyer sur sa jeunesse et développer au maximum son centre de formation. D’autres visées seront évoquées durant la saison. Photos SASP Béziers Rugby / Photos SASP Béziers Rugby
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Saga Béziers

Béziers : Former pour exister

Après six mois passés dans les qualifiables, les Biterrois, huitièmes au final, ont raté les barrages à cause d’une fin d’exercice mal négociée. Un échec frustrant ! seront-ils revanchards cette saison ? Oui et non car ils font encore face à une reconstruction.

Derrière les chiffres se cache souvent une autre réalité. à leur première lecture, on pourrait penser que l’été a été doux et tranquille à Béziers : un budget en hausse (8,1 millions d’euros ; 7,4 l’an passé) et une masse salariale, présumée en baisse il y a peu, qui augmente elle aussi de «14 %» , dixit le coprésident Pierre-Olivier Valaize. Mais pour en arriver à cette apparente sérénité, les dirigeants biterrois ont dû faire face à des difficultés économiques en fin d’exercice : «Il a fallu à la fois boucler les budgets et faire face des aléas de trésorerie sur des encaissements retardés. Nous avons travaillé à remettre les choses dans l’ordre. Avec un partenariat conséquent pour les années futures (Angelotti, 1 million d’euros sur six ans, N.D.L.R.) et par un apport des actionnaires du club (même somme échelonnée dans le temps)», poursuit-il. Avant d’ajouter : « Nous avons aussi discuté avec les collectivités locales pour avoir de nouveaux moyens et produits à vendre, pour faire grimper notre budget dans le futur. Dans le courant de la saison, il y aura une grande tente réceptive installée pour accueillir plus de monde et puis avoir aussi des loges complémentaires. Car elles sont déjà pleines pour la saison à venir…»

Des apports financiers rendus en partie possibles par des «concessions» marquantes. La première ? Le logo du club a été modifié début juillet (naming pas possible sur le stade, La Méditerranée ayant été renommée stade Raoul-Barrière). La marque Angelotti apparaît désormais juste au-dessus de la griffe biterroise et des initiales de l’équipe. Vexés, les supporters, qui avaient d’abord compris que le nom du club allait changer, ont manifesté leur colère (après avoir demandé le départ des présidents via une pétition sur Internet)…

Priorité donnée au centre de formation

Autre changements, encore plus surprenant. Trois hommes ont fait leur entrée au conseil de surveillance du club. L’illustre Richard Astre (sportif et formation) et le fidèle partenaire, Louis-Pierre Angelotti. Jusque-là, tout va bien… «Robert Ménard a aussi voulu rentrer au conseil de surveillance. Raymond Couderc est actionnaire du club depuis qu’il était maire à l’époque de Béziers, donc il n’y a pas de souci par rapport à ça…» Même pas un "léger" mélange des genres et un timing hasardeux (avant les élections municipales de 2020) ? Non, selon Pierre-Olivier Valaize : «Je peux vous garantir, que le club et la SASP Béziers Rugby restera complètement neutre par rapport à ce qui va se passer au niveau local.»

Une autre question reste, elle aussi, en suspend : avec un budget et une masse salariale accrues, comment se fait-il que l’ASBH, qui a perdu treize pros à l’intersaison, ne soit parvenue qu’à en recruter que cinq (Latorre, Tawalo, Williams, Bisman et Saldadze) ? « En fait, la petite augmentation de budget a été en grande partie investie sur le centre de formation (qui fait partie de la SASP), sur les jeunes pensionnaires et les personnes recrutées pour les encadrer… En sachant aussi que nous n’avons pas les structures pour les accueillir sur place (treize chambres à l’extérieur, vingt-huit à la fin 2020). Tout cela à un coût. Et plutôt que de se payer un ou deux pros de plus, on a préféré recruté dix jeunes (douze en réalité). Notre ambition est d’amplifier notre centre de formation, qui compte vingt-sept membres contre douze il y a deux ans. » L’ASBH mise sur sa jeunesse dorée pour lutter avec les gros bras du championnat, financièrement mieux armés. Un pari risqué aujourd’hui mais presque obligatoire pour exister "demain". Et puis qui sait…

Avec un staff modifié (départ de David Gérard) mais toujours soudé et tourné vers l’humain, une majorité de cadres ou de joueurs clés conservés (quatorze prolongations), des espoirs talentueux et un système de jeu offensif modifié, les Héraultais pourraient tirer leur épingle du jeu dès cette saison. Le coprésident se veut prudent : « Nous n’avons pas fixé d’objectif. Ce qu’on a demandé aux entraîneurs et aux joueurs, c’est de retrouver le plaisir de jouer et de marquer plus d’essais.» Rendez-vous à Aimé-Giral le 23 août, où la jeunesse et le collectif biterrois vivront un baptême du feu révélateur de leur caractère.

Julien LOUIS
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