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Top 14

Stade Français : Béthune, d’Agen à Paris

Arrivé à l’intersaison, l’ancien pilier du SU Agen Quentin Béthune débutera sa nouvelle aventure parisienne dans la peau d’un titulaire. Rencontre.

Samedi soir, il aurait très bien pu porter le maillot lyonnais. Quentin Béthune, tout droit sorti de la filière de formation agenaise, a eu l’embarras du choix l’an passé à l’instant de donner un nouvel élan à sa jeune carrière. Ses performances et son leadership au SUA avaient évidemment suscité les convoitises. « J’aurais pu suivre Mauricio (Reggiardo, N.D.L.R.) à Castres, confesse le pilier de bientôt 24 ans, mais j’avais envie de changer de méthode de travail. J’avais besoin de me mettre en danger. Là, je suis loin de ma famille, loin de mon cocon. » Entre Lyon et le club de la capitale, son cœur a hésité. « Le Stade français a été le premier club qui s’est vraiment intéressé à moi, avant même le début de la saison dernière, poursuit-il. J’ai beaucoup aimé leur façon de m’approcher, j’ai vite été séduit par le discours des dirigeants. J’ai rencontré Heyneke Meyer, Pieter De Villiers. Avant eux, j’avais même rencontré Robert Mohr et Julien Dupuy. »

Béthune s’est engagé pour les trois prochaines saisons avec le club parisien. Un changement radical pour celui qui a débuté le rugby à l’âge de 10 ans et qui n’a connu qu’un seul club : le SU Agen. « J’ai vraiment eu la chance d’être dans un club qui s’est très bien structuré au niveau de la formation, raconte Béthune. Un club qui m’a donné très vite d’avoir l’opportunité de jouer au plus haut niveau. » Dans son cœur, le SUA tiendra toujours une place à part. Mais aujourd’hui, celui qui a été sélectionné avec les Barbarians en novembre 2018 pour affronter le Tonga, affiche un large sourire lorsqu’on évoque son nouveau challenge avec le Stade français. Les remous de la dernière intersaison ne l’ont pas effrayé. Au contraire. « Il ne faut pas oublier tout ce qui a été fait dans ce club, assure-t-il. Mais le projet est immense. Le club n’est pas encore à la place où il devrait être. J’espère vite qu’il sera en haut de l’affiche. »

Premier test

À titre personnel, après sa sélection avec les « Babaas », il a très vite été identifié tel un international en puissance. Lui, préfère calmer le jeu. « Je sais qu’il y a beaucoup d’attente autour de moi depuis que j’ai été sélectionné avec les Barbarians. Mais chaque chose en son temps, je n’ai pas encore 24 ans. Ce que j’apprécie ici au Stade français, c’est qu’on ne m’en parle pas plus que ça. On m’a fixé des objectifs pour être performant avec le club. » Et d’ajouter : « J’ai la chance en tant que pilier d’avoir Pieter De Villiers comme entraîneur, il fait partie des raisons pour lesquelles j’ai signé à Paris. À Agen, j’ai connu la méthode argentine avec Mauricio Reggiardo. Désormais, j’ai la méthode anglo-saxonne avec Pieter. Et ça me plaît. J’ai donc envie de m’imposer dans le collectif, de me fondre dans l’équipe, de m’imprégner d’un nouvel état d’esprit. Et de montrer de quoi je suis capable. »

À Paris, Béthune apprécie l’anonymat que lui offrent les rues de la capitale. « Ici, je suis personne, sourit-il. À Agen, j’avais l’impression d’être surveillé en permanence. » En revanche, il sait que ses performances seront épiées. Analysées. Décortiquées. Son nouveau statut suscite des attentes. « Il va sûrement avoir un peu de pression en ce début de saison, juge Pieter De Villiers, l’entraîneur des avants stadistes. Mais nous avons confiance en lui. C’est un jeune joueur en devenir et c’est une très bonne recrue pour nous. » Premier test grandeur nature ce samedi face au dernier demi-finaliste du Top 14.

Arnaud Beurdeley
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