• Damian Penaud face à l'Ecosse au Stade de France.
    Damian Penaud face à l'Ecosse au Stade de France. Icon Sport / Icon Sport
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International

XV de France : Les dessous d’une réorganisation

C’est en optant pour une défense plus simple mais aussi plus en phase avec les réalités du niveau international que les Bleus ont retrouvé de leur assise lors du premier match de préparation. Quand bien même ce système demande encore à être travaillé, notamment au niveau des ailiers…

En 16 matchs de l’ère Brunel avant ce dernier France — Écosse, jamais les Bleus n’étaient parvenus à cantonner leur adversaire sous la barre des 10 points, atteignant même une moyenne de 26 points encaissés par match lors des douze derniers mois. Inutile donc de demander pourquoi le premier chantier de Fabien Galthié à la tête des Bleus fut de reconstruire une assise défensive, avec cette seule et unique consigne le week-end dernier à Nice : enfermer les Écossais, avant de songer à jouer. « Pendant le dernier Tournoi des 6 Nations, on a constaté qu’on était trop passifs, expliquait le centre Gaël Fickou. On a donc décidé de monter plus fort et plus vite. Ça laisse peut-être des espaces dans notre dos, on peut prendre de grosses percées si on se rate, mais on laisse aussi moins de temps à l’adversaire pour manipuler le ballon. De toute façon, aujourd’hui, les meilleures défenses évoluent de la sorte. Autant s’en inspirer. »

Couverture à deux ou à trois, selon les zones

En clair ? Lorsque le ballon se situe dans le camp adverse, les Bleus « décrochent » trois joueurs dans le champ profond : l’arrière et l’ouvreur (chargés de garder les couloirs) et le numéro 8 au milieu du terrain. Ce dernier ayant pour mission de réintégrer le premier rideau lorsque le ballon entre dans la moitié de camp tricolore, laissant le 10 et le 15 assurer seuls la couverture du fond du terrain mais aussi le deuxième rideau, puisque le demi de mêlée se voit assujettir dans cette situation un rôle de défenseur comme les autres. « On a vu pendant le dernier Tournoi que nos rivaux utilisaient beaucoup les coups de pied rasants comme arme offensive, observait Maxime Médard. Dans ce contexte, c’est toujours plus rassurant d’avoir deux joueurs derrière. On s’épuise moins. L’arrière a moins de va-et-vient à faire, et dès qu’il y a un turnover, il peut plus vite intégrer la ligne pour attaquer. »

Ce système ayant également l’avantage de « reposer » les ailiers, à qui l’ancienne organisation demandait beaucoup plus de communication et de courses de replacement, en coulissant entre le premier et le troisième rideau. Leur nouvelle mission consistant désormais uniquement à monter très fort et couper les extérieurs pour coincer l’adversaire le plus loin possible… « Ça demande tout de même une bonne connexion et beaucoup de communication avec le deuxième centre et l’arrière, tempérait l’ailier Damian Penaud. Mais on a effectivement moins de sprints et de déplacements à effectuer. » Cette meilleure répartition des rôles ayant pour objectif d’éviter les erreurs de replacement (notamment sur les ballons de récupération) qui avaient coûté si cher dans le Tournoi, notamment à Twickenham…

Près des lignes, le 9 en « safety »

Enfin, lorsqu’ils se retrouvent acculés dans leurs propres 22 mètres, à défendre leur ligne d’en-but ? Les Bleus ne se retrouvent plus sur le premier rideau à 12 ou à 13, mais bien à 14, avec l’arrière et l’ouvreur dans la ligne, tandis que le demi de mêlée doit se positionner dans l’axe des poteaux dans un rôle de « safety player », avec pour mission d’anticiper un éventuel coup de pied à suivre dans le dos de la défense. Une mission dont s’est parfaitement acquitté Antoine Dupont la semaine dernière contre l’Écosse, en déjouant à deux reprises des initiatives de l’Adam Hastings. Son successeur Finn Russell, souvent mieux inspiré, parviendra-t-il dès lors à trouver des failles dans la nouvelle cuirasse bleue ? On ose espérer que non, quand bien même les difficultés ponctuelles connues par les ailiers tricolores à maîtriser leurs montées en inversé ont pu fatalement donner quelques idées au staff écossais. Affaire à suivre…

Nicolas ZANARDI
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