• Jacques Du Plessis et les Montpelliérais ont su triompher des Palois en prônant un rugby ambitieux. Photo Icon Sport
    Jacques Du Plessis et les Montpelliérais ont su triompher des Palois en prônant un rugby ambitieux. Photo Icon Sport Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Montpellier : l’amour du risque

En infériorité numérique durant trente-huit minutes, les Héraultais n’ont pas réduit la voilure de leurs ambitions offensives, avant de s’adapter à leurs adversaires pour décrocher le bonus offensif. Une gestion gagnante, cette fois-ci.

"On prend le carton rouge autour de la 20e minute (26e, N.D.L.R.) et nous ne pouvons pas faire demi-tour sur le pont." D’une métaphore, Pierre-Philippe Lafond, coach des avants, illustre le parti pris des Héraultais en infériorité numérique. Alors qu’ils mènent 17-3, Ils ne changent pas de braquet en privilégiant un rugby plus restrictif, axial et d’occupation. L’option choisie, affichée dès l’entame, a été celle du jeu de mouvement, de la vitesse et des longues séquences. Le capitaine Kélian Galletier explique : "L’équipe ne l’a pas fait car on a senti que c’était comme ça qu’on déstabilisait nos adversaires. On a donc essayé de continuer et je pense que ça a été le bon choix. Plutôt que de subir et de ralentir les débats." Un sentiment partagé par Martin Devergie : "On ne travaille pas le jeu axial ou l’occupation aux entraînements, il ne fallait donc pas aller contre notre nature. Nous bossons sur beaucoup de volume et de vitesse. Et je pense que si on revenait en arrière, on se perdrait."

Attaquer pour creuser l’écart plutôt que de gérer : relance des vingt-deux mètres à la main, offloads à la pelle, peu de ballons rendus au pied, ailiers qui dézonent. Ou encore, la présence dans les quinze mètres adverses en phases offensives des talonneurs ; qui amène l’essai de Delhommel et le contre de ce dernier sur Daubagna (essai de Nadolo). Une philosophie offensive, Une philosophie offensive, déjà existante l’an passé et renforcée aujourd’hui, mise en lumière par les chiffres : 143 passes, 116 courses, 369 mètres parcourus avec le ballon, 11 franchissements, 10 offloads et 25 défenseurs battus. Un jeu très énergivore physiquement que le MHR peut tenir sur la longueur selon le centre Yvan Reilhac : "Je pense qu’au niveau du cardio nous avons très bien travaillé cet été, et nous avons donc la possibilité de compenser l’absence d’un joueur et de tenir le rythme sur la durée d’un match." Une fois l’écart creusé au retour des vestiaires, suite à une superbe action collective qui amène l’essai de Bouthier (31-8, 43e), Montpellier va miser sur ses mauls pour user ses adversaires et surtout, passer en mode contre-attaque.

Après un gros plaquage de Galletier sur Hastoy, le numéro dix Cruden pousse au pied et le centre Reilhac inscrit la cinquième réalisation héraultaise. Les Cistes sont redoutables derrière turnovers et c’est tout sauf un hasard d’après le flanker Devergie : "On a été bon là-dessus mais c’est parce qu’on le travaille beaucoup à l’entraînement. Nous bossons dans le désordre durant les séances, peut-être un peu plus que l’an passé. La clé reste la communication et l’intention." À l’instar de cette merveilleuse inspiration de Ngandebe. L’ailier bat deux défenseurs et dépose tous les Palois à la course sur plus de cinquante mètres, avant d’offrir l’essai du bonus offensif à Fall à l’ultime minute. Les locaux y ont cru jusqu’au bout. La preuve d’un collectif toujours aussi soudé et déterminé qu’en fin de saison passée. Et surtout, une juste récompense à la vue des ambitions affichées en attaque (6 essais).

Jouer mais gare à ne pas surjouer !

D’ailleurs, y a-t-il encore une zone du terrain où ils n’ont pas le droit de jouer ? "L’en-but peut-être (sourire). Dans la tête on est en mode on joue dès qu’il y a une opportunité. "Garba" le répète à l’équipe en lui disant de jouer. C’est juste ça qui a changé. Mais parfois, on a trop joué samedi, notamment dans les 22 mètres et je pense qu’on va se faire un peu taper sur les doigts. On doit trouver le bon équilibre, être plus pragmatiques aussi, car contre d’autres équipes ça ne passera pas", ajoute le numéro treize.

En effet, la limite entre jouer et surjouer est ténue et Montpellier l’a souvent franchie face à la Section, en s’exposant plus que de raison. Alors à l’avenir, le pied pourra parfois être privilégié pour sortir de son camp (15 coups de pied) et les porteurs de balle devront accepter de passer par moment par le sol, afin de limiter les trop nombreux en-avant (15). Sous peine de se faire un jour punir à son propre jeu, face à La Rochelle par exemple…

Julien Louis
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