• Le deuxième ligne et capitaine de la touche bayonnaise s’épanouit au Pays basque, terres de ses origines. Photo Pablo Ordas
    Le deuxième ligne et capitaine de la touche bayonnaise s’épanouit au Pays basque, terres de ses origines. Photo Pablo Ordas / Pablo Ordas
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Galarza : la recrue basque

L’Argentin, venu de l’UBB, s’est imposé d’emblée comme titulaire. Grâce à son sens du jeu, sa science de la touche, mais aussi ses qualités morales.

Un être vraiment à part dans le monde du rugby. De ses pérégrinations à travers l’Europe, Mariano Galarza ne veut y mettre en avant que sa soif de culture. Bien sûr, le rugby a été son guide. Mais, en premier lieu, son long séjour en Angleterre, après un passage au Leinster, une saison à Worcester puis quatre à Gloucester, a comblé cette envie de connaître le pays et sa langue. «Mon projet, précise-t-il, n’est pas seulement sportif. Il est aussi une expérience de vie.» 

Enfin, ne lui manquait qu’une étape, la France. «Une culture encore différente, un rugby différent. Je brûlais d’envie de les découvrir.» C’est ainsi qu’il signe à Bordeaux-Bègles, la saison dernière, en tant que joker médical. Il aurait pu y rester si ses qualités sportives ne l’avaient conduit 25 fois à porter le maillot de l’équipe nationale d’Argentine. Et la crainte d’une sélection pour la Coupe du monde avait conduit les Girondins à ne pas le conserver. Une aubaine pour le manager bayonnais. «Yannick Bru m’a appelé, raconte Mariano Galarza. Il m’a conquis même si l’équipe était encore en Pro D2. Et quand j’en ai parlé à ma famille, ça a été oui tout de suite. Revenir vers ses racines a enchanté tout le monde.»

L’Argentin a, en effet, ses origines au Pays basque, à Irun, ville limitrophe d’Hendaye, juste après la frontière. «Ils sont tous comme des fous en Argentine, continue-t-il. Ils veulent venir me voir au plus vite. Ma famille se sent très basque. Mon père est enchanté. On l’appelle "vasco" (basque, N.D.L.R.) là-bas. Il porte le béret. Je vais d’ailleurs prendre le temps d’aller à Irun, à la recherche de mes origines. Mais le club de la ville a déjà un maillot de moi. Quand j’avais joué la finale de Challenge Cup avec Gloucester, en 2018, à Bilbao, mon nom basque avait interpellé un journaliste local. C’est ainsi que j’avais envoyé mon maillot au club d’Irun.»

Le solide deuxième ligne s’est déjà imposé à Bayonne. Comme joueur et comme capitaine de la touche, déjà, épaulant Antoine Battut, avec des statistiques éloquentes pour ses deux premiers matchs, face au Racing et à Clermont. «J’ai beaucoup appris en Angleterre, continue-t-il. Ils y ont une analyse très pointue. J’aime beaucoup ce côté-là. Je peux dire que j’ai obtenu un "master" de la touche. La touche, c’est une partie dans la partie. Ce que j’ai appris, je le donne aujourd’hui à Bayonne.»

Médecin et rugbyman

Tout ce qu’il entreprend est amené au bout avec une précision chirurgicale. À commencer par ses études. Le géant de Veinticinco de Mayo, ville de la province de Buenos Aires, a commencé le rugby à l’âge de 8 ans, et a, aussi, touché à une multitude de sports, foot, natation, volley, golf, basket, mais très peu au grand dam des entraîneurs du club local…

À 18 ans, en même temps que le rugby pratiqué à l’Union Argentina de Rugby, il entame ses études de médecine. Et valide ses quatre premières années. La cinquième, il la décrochera en trois ans, simultanément à sa carrière de professionnel en Angleterre. Il passera ses examens pendant les vacances. Aujourd’hui, il ne lui reste qu’une année pour boucler son diplôme. Ce sera après ses deux années de contrat à Bayonne. Il retournera alors dans son pays. «J’ai très envie de devenir médecin. En choisissant une spécialité dans le sport.» Sa détermination ne sera assouvie que si ses deux années se terminent bien pour l’Aviron bayonnais. «On se focalise sur le jeu. On pense à construire avant de parler de maintien. Si on en parle, ce sera le début de la souffrance. Le public ici ne mérite pas cela.»

Aussi, Mariano Galarza, préservé par son entraîneur la semaine dernière lors du voyage à Paris, mettra-t-il tout en œuvre pour offrir la première victoire à l’Aviron à Jean-Dauger. Et ainsi lancer véritablement la saison. La dernière mission de ses périples à travers le monde.

Edmond Lataillade
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