• Steve Hansen a décidé d’aligner au centre Ryan Crotty et Anton Lienert-Brown comme face aux Tonga pour le dernier match de préparation, au détriment de Sonny Bill Willams. Photo Icon Sport
    Steve Hansen a décidé d’aligner au centre Ryan Crotty et Anton Lienert-Brown comme face aux Tonga pour le dernier match de préparation, au détriment de Sonny Bill Willams. Photo Icon Sport
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Coupe du Monde

All-Blacks : Les leçons du passé

Nouvelle-Zélande En refusant de céder à la tentation de titulariser "SBW" au centre du terrain, les Néo-zélandais ont fait preuve de pragmatisme. Et surtout d’une grande mémoire, puisque cela leur a souri par le passé…

Le constat est peut-être sévère par rapport à l’immense joueur qu’il est et l’impact qu’il a eu sur notre jeu, mais Sonny Bill Williams va démarrer la Coupe du monde exactement au même endroit qu’il a terminé la précédente : sur le banc des remplaçants. C’est terrible, mais c’est ainsi. Il faut se rendre à l’évidence : les Néo-Zélandais ont été deux fois sacrés champions du monde en plaçant leur plus grande star sur le banc. En 2011, dans cette finale irrespirable qu’ils arrachèrent à nos Bleus d’un cheveu (8-7), "SBW" n’avait passé que quatre petites minutes sur le terrain. Quatre ans plus tard, il a nettement plus contribué au sacre des siens, en remplaçant à la mi-temps Conrad Smith. Mais avant cela, ses performances n’avaient pas convaincu le staff de briser la paire Nonu-Smith qui, bien qu’individuellement inférieurs, n’avaient aucun équivalent en termes de complémentarité et de complicité. Le destin de l’ex-Toulonnais semble d’être l’impact player de la meilleure équipe au monde. Après tout, cela avait bien marché en 2015, puisqu’après être entré en jeu il avait fait des ravages dans la défense australienne, déjà émoussée par le travail de sape effectué par Conrad Smith. Alors pourquoi changer ?

Question de leadership

Officiellement, le boss des Blacks Steve Hansen n’a pas invoqué cette raison : "Sonny Bill n’a pas beaucoup joué ces derniers temps alors nous préférons qu’il apporte quelque chose de différent en cours de match." Sauf qu’on aurait pu lui rétorquer que Ryan Crotty non plus, n’a pas beaucoup joué ces derniers temps : victime d’une fracture d’un pouce pendant la phase finale de Super Rugby, le centre des Crusaders n’a fait son retour que pour le match de préparation aisément remporté face aux Tonga, 92-7. Alors, pourquoi le préférer à SBW ? "Ryan est un leader dans le groupe, il est doué techniquement, joue bien au pied, il parle à ses coéquipiers." Nous y sommes. En filigrane, on comprend donc que Crotty, même s’il compte moins de sélections que Sonny Bill (45 contre 53) possède un plus grand leadership sur le groupe noir. Le staff a aussi choisi de placer au centre du terrain l’association qui possède les meilleurs automatismes : Crotty et Lienert-Brown comptent 23 tests ensemble, contre seulement 19 pour le duo Crotty-SBW et 17 pour Williams et Lienert-Brown. Le choix de la sécurité donc, dans un Mondial qui paraît être celui de tous les dangers pour les Néo-Zélandais si l’on en croit ce que nous confiait récemment Robbie Deans : "C’est le Mondial le plus ouvert de l’histoire. Depuis 2003, l’élite du rugby n’a pas vraiment changé. Les champions du monde sont toujours les mêmes. Or, ces derniers mois, on a connu trois numéros 1 différents (l’Irlande, la Nouvelle-Zélande et le pays de Galles, N.D.L.R.). Ce n’était pas arrivé depuis des lunes. Il y a un frémissement, les dix premiers se tiennent dans un mouchoir de poche. C’est excitant. Et à mon sens, les All Blacks sont favoris… mais loin d’être invincibles." Et c’est un Kiwi qui nous le dit…

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