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Coupe du Monde

Lauret : Ferrailleur et fier de l’être

Wenceslas Lauret - Flanker du XV de France Titularisé face à l’Argentine, le Racingman aura une mission qu’il connaît bien : ralentir les libérations adverses. Un rôle qu’il assume parfaitement, mais auquel il ne se borne pas.

Il est toujours intéressant de voir comment certaines équipes peuvent muter. Elles le font au gré des années, de leurs défis ou même de leurs sélectionneurs. À ce titre, le cas de l’Argentine est fascinant puisqu’en moins de cinq ans, cette équipe a totalement révolutionné sa façon de jouer. Autrefois axée sur le défi et la conquête, la sélection sud-américaine n’avaient qu’une chose en tête : ralentir le rythme de la rencontre et faire disjoncter son adversaire, comme ils avaient si bien su le faire lors du Mondial 2007, où ils avaient terminé à la troisième place. Depuis, tout a changé. Les Pumas ont intégré les Four-Nations, et les Jaguares le Super Rugby. Désormais l’alpha et l’oméga du rugby argentin reposent sur la vitesse. Donc, pour faire déjouer un tel adversaire, il faut le ralentir. Et ça, c’est le boulot de Wenceslas Lauret, le flanker du Racing 92 qui débutera samedi face aux Pumas : "C’est vrai, l’Argentine est devenue une équipe très joueuse. Ils sont allés jusqu’en finale du Super Rugby, et on les a vus faire de grands matchs durant les Four-Nations qui ont suivi. Ils vont être pénibles à jouer. Ils sont bons dans les rucks et dans le jeu sans ballon parce qu’ils veulent mettre un maximum de vitesse… à nous montrer qu’on peut être aussi bons qu’eux dans les rucks ou le replacement pour les contrer. Mais d’abord, nous devrons être performants en défense pour les faire déjouer", posait en préambule le flanker aux 24 sélections.

Du Jiu-jitsu au rugby,

la voie du combat

Une mission qu’il est tout à fait disposé à remplir, puisqu’il reconnaît lui-même qu’il est taillé pour ça : "Le jeu au sol, ralentir les ballons adverses, etc, cela fait partie de mon profil. On devra tous être des chiens sur le terrain. Même plus qu’eux. Cela ne m’agace pas que l’on identifie à ce profil de ferrailleur. C’est dans celui-ci que je me suis développé et épanoui." Un goût prononcé pour le combat qui, selon lui, trouve son origine dans son enfance : "Cela vient peut-être du fait que j’ai pratiqué des sports de combat tels que le jiu-jitsu, la lutte ou le judo quand j’étais petit… Mais c’est vrai que j’aime ferrailler, j’ai toujours aimé ça. C’est mon jeu. Il m’arrive de marquer des essais… quand je suis fatigué surtout ! C’est toujours plaisant, mais je ne rêve pas de marquer un essai en Coupe du monde. Moi, j’aime coller au ballon, plaquer, aller dans les rucks… J’ai toujours aimé cela."

Faire la loi dans les rucks, Wenceslas Lauret sait faire. Sauf que le rugby moderne ne tolère guère l’ultra-spécialisation et que les équipes qui dominent le monde possèdent des piliers mobiles, des deuxième ligne passeurs, et des ailiers capables de contre-rucker comme des flankers. C’est pour cette raison que le Racingman sait qu’il lui reste encore du pain sur la planche : "Je sais aussi que j’ai des progrès à faire dans le secteur offensif, notamment au niveau de la précision, et j’essaye de le faire à chaque match. Comme je m’épuise beaucoup dans le combat au sol, j’ai tendance à manquer de lucidité dans le jeu courant, le replacement, et les passes. Je dois donc garder cette lucidité pour faire les bons choix et ne pas me dépenser inutilement." Tout excès de zèle pourrait se payer cash face aux fougueux Pumas.

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