Le Japon vers d'autres cieux

  • Michael Leitch, capitaine du Japon Michael Leitch, capitaine du Japon
    Michael Leitch, capitaine du Japon Icon Sport - Steeve Hag
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Sensation de la dernière Coupe du monde, les Nippons accueillent cette édition 2019. Avec l’occasion, rare, d’accéder aux quarts de finale.

Ce Mondial à domicile, pour la première fois sur le sol asiatique, s’est bien goupillé pour le Japon : la poule A est la moins relevée de la compétition, quand toutes les autres poules comportent deux cadors au moins. Six à sept jours d’intervalle entre chaque match, privilège rare, quand le calendrier de 2015 (deux matchs en cinq jours en milieu de programme) leur avait coûté cher, après l’exploit face aux Springboks. Et surtout, un programme crescendo : bien avant de jouer la finale annoncée de ce groupe pour la deuxième place qualificative, lors de la dernière journée, les Brave Blossoms croiseront la route d’une faible équipe de Russie, ce vendredi en baisser de rideau de la cérémonie d’ouverture que tout le monde attend superbe. Pour faire le plein de confiance, il n’y a guère mieux.

Leitch : "Tous les regards sont braqués sur le rugby"

Au-delà de la question sportive, qui semble donc vite réglée, c’est une gestion de la pression populaire à laquelle les Japonais devront se mesurer. "Il y a de la pression et c’est normal mais je pense avoir déjà connu des situations difficiles : ma mère est décédée il y a un mois et j’ai beaucoup de pression puisque je suis le seul garçon de la famille", a rapidement balayé Jamie Joseph, le sélectionneur néo-zélandais des Blossoms. "J’ai participé à deux Coupes du monde et disputé une finale ; alors, il me tarde surtout de débuter et les joueurs aussi. Ça va être énorme, pour l’équipe et pour tout le pays. Mais rien ne peut préparer les joueurs à ce qui les attend. Les garçons doivent saisir cette opportunité de produire du bon rugby face à leur public."

Cet engouement, les Nippons ont pu le mesurer ces derniers jours de préparation. Si le cœur de Tokyo ne bat pas encore au rythme de la Coupe monde, l’intérêt pour les rugbymen de l’île s’est soudain accéléré cette semaine : salle comble et une centaine de journalistes lors de l’annonce de la composition d’équipe ; des boutiques, des étendards et des publicités à leur effigie qui se multiplient subitement en ville ; le stade qui est annoncé à guichets fermés, chose rare au Japon, pour ce match d’ouverture et la quasi-intégralité du Mondial. "C’est génial que tous les regards soient braqués sur le rugby. Après la compétition, il sera important de continuer à écrire l’histoire du rugby japonais", positivait le capitaine Michael Leitch cette semaine.

En face, il trouvera des Russes qualifiés sur tapis vert après la disqualification de trois équipes (Belgique, Espagne et Roumanie) et à la préparation pour le moins inquiétante : trois défaites dont 85 points encaissés en Italie, 42 face au Connacht et un faux pas lourd de sens face à Jersey, équipe de D2 anglaise (22-35). De là à penser qu’il n’y aura pas match, il n’y a qu’un pas…

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