• Joyeux est Pierre-Louis
    Joyeux est Pierre-Louis
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Coupe du Monde

Joyeux est Pierre-Louis

Alors que certains s’attendaient au rappel de Belleau, le forfait de Fofana a fait le bonheur du jeune centre du Lou, Pierre-Louis Barassi. Un choix aussi surprenant que lourd de symboles…

Il était peu ou prou 9 heures du matin ce dimanche, lorsqu’on eut le coup de chance de voir Pierre-Louis Barassi décrocher son téléphone. Après les quelques banalités et politesses d’usage, le centre des moins de 20 ans champions du monde en 2018 eut tout juste le temps de couper court à la conversation. "Je suis désolé, je vais entrer en réunion avec le club, rappelez-moi autour de 10 heures." Une vingtaine d’appels en absence plus tard, on renonça finalement à l’idée de joindre Barassi, qui avait certainement pas mal d’autres chats à fouetter.

Appelé d’urgence par le XV de France pour rallier au plus vite le Japon après le forfait définitif de Wesley Fofana, l’heure était en réalité à une course contre la montre pour rejoindre en temps et en heure l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, point de départ du long voyage vers Narita. Seuls résonnaient, dans notre tête, ces quelques mots délivrés par le minot originaire de Narbonne, comme tant d’autres grands centres avant lui : "Je suis tellement heureux…"

Un deuxième centre de plus

Heureux parce que, samedi matin, Pierre-Louis Barassi avait regardé comme le commun des mortels le match entre la France et l’Argentine, soufflant sous la pression des Pumas, vibrant devant le drop de Camille Lopez, sans aucune idée de ce que deviendrait son sort le soir même. Heureux de retrouver ses potes Romain Ntamack et Demba Bamba, et heureux surtout d’avoir été choisi quand la plus stricte logique aurait voulu que le staff du XV de France choisisse d’appeler un joueur ayant participé à la préparation…

Anthony Belleau regrettera-t-il longtemps d’avoir clamé sa préférence pour le poste d’ouvreur, ainsi que ses mots forts à l’endroit du staff à l’issue de la préparation ? On préfère ne pas y songer… Reste qu’il y avait forcément quelque chose de symbolique à voir Barassi, figure de proue du titre décroché par les Bleuets à Béziers, à voir succéder à Wesley Fofana, qui aura donc disputé sans le savoir sa dernière sélection dans la tristesse du Stade de France face à l’Italie.

Le symbole d’un changement de génération, bien sûr. Mais également la promesse d’un jeu tourné vers les extérieurs puisque, comme de nombreux supporters l’auront logiquement remarqué, Pierre-Louis Barassi est un pur second centre, tout comme Virimi Vakatawa ou Sofiane Guitoune.

Ce qui promet à la fois à Gaël Fickou une place de titulaire indiscutable ainsi qu’à Barassi une position de "coiffeur" dont il se moque bien, à l’idée d’honorer sa première sélection face au Tonga ou aux États-Unis… " Il est programmé pour ce niveau et il l’atteindra un jour ou l’autre, nous avait confié Pierre Mignoni en marge des dernières demi-finales, où George Moala et "l’ancien" Wesley Fofana l’avaient fait tourner en bourrique sur deux essais en première main. Il va apprendre de cette expérience et on le verra bientôt au plus haut niveau, j’en suis persuadé."

L’y voilà désormais, avec une poignée de matchs de Top 14 en plus. Suffisant ? On ne se pose à vrai dire même pas la question, en lui souhaitant simplement le meilleur…

Pierre-Louis Barassi

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