Baubigny profite de sa chance

  • Teddy Baubigny (Racing 92)
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Le jeunz homme anchaîne les bonnes performances avec son équipe malgré les résultats du moment. Il vit le moment de son éclosion.

Dans la sortie malheureuse des Racingmen contre Lyon, à rebours des insuffisances collectives du moment, la confirmation de la montée en puissance du talonneur Teddy Baubigny a constitué l’une des rares satisfactions. Après cinq titularisations successives, il devient l’un des moteurs de son équipe. Quand il avait commencé à prendre une place plus importante dans l’effectif, la saison dernière, en signant seize feuilles de match, elle tournait à bon régime avec l’ensemble de ses joueurs majeurs. Il était encore chaperonné. Sortir du lot dans un moment de difficulté, alors qu’elle se trouve dans le creux de la vague, à cette avant dernière place complètement inhabituelle pour elle, ressemble davantage à une prouesse. À 21 ans, cette éclosion singulière lui ressemble. Il a toujours tout fait très vite, et à sa manière. À peine avait-il débuté le rugby à Meaux à l’âge de 14 ans qu’il intégrait l’équipe régionale d’Ile-de-France, et la saison suivante, le pôle espoir du lycée Lakanal. Sa trajectoire était fulgurante avant qu’il ne subisse deux vilaines blessures qui l’ont franchement freiné dans son ascension. Une lombalgie l’avait allongé pour la première fois sur une table d’opération. Quant à sa rupture des ligaments croisés subie à Doha en 2017, lors du stage de l’équipe de France des moins de 20 ans des N’tamack et Jordan Joseph, qui allait devenir championne du monde, elle l’a privé d’un titre mondial. "Ce fut un déclic, explique-t-il. Je sortais d’un match de top 14 et j’avais enchaîné immédiatement à ma sortie de l’avion. Je me suis blessé lors du deuxième entraînement. J’ai compris à cet instant que je devais me ménager. J’ai profité de ces neuf mois de convalescence pour terminer un BTS, et depuis, je me suis concentré exclusivement sur mon rugby et ma récupération nécessaire."

18 au golf et 15-5 au tennis

Cette prise de conscience et la retraite anticipée de Dimitri Swarsewski lui avaient ouvert la porte, presque mécaniquement, à une présence plus importante dans les compositions d’équipe. La participation de Camille Chat au Mondial du Japon lui a offert la possibilité d’une place de titulaire. Il a saisi cette chance au collet. L’enchaînement de ses cinq titularisations successives le doit à d’abord une préparation physique intense, à l’issue de laquelle son poids de forme est descendu des 112 à 108 kg. "Je le sens énormément, et notamment sur la répétition des efforts, estime-t-il. Je pense pouvoir mieux m’investir dans le jeu courant." Contre Lyon, il a touché sept ballons, qu’il a bonifiés pour la plupart malgré des situations peu avantageuses. Et il profite de sa gestuelle naturelle pour faire valoir des qualités classiques sur les fondamentaux du poste. À 10 ans seulement, il affichait un handicap de 18 au golf, où son grand-père l’avait traîné. À 15 ans, quelques mois après avoir rajouté à ses différences expériences sportives une tentative de tennis, il se classait 15-5 à l’issue des quelques tournois disputés. Teddy Baubigny est curieux et doué physiquement. Il bénéficie d’une aisance technique au-dessus de la moyenne dans la liste des joueurs situés au-delà du quintal. Le système du balancier, l’appel de la concentration, et la répétition du geste, font partie de son bagage. Sur ses lancers, le Racing 92 tourne depuis le départ de la saison à 90 % de réussite en touche. "Vous verrez, vous ne serez pas déçus", avait lancé Laurent Travers aux journalistes, quand il l’avait lancé la première fois dans le grand bain. C’était le 5 novembre 2016 contre Montpellier, et Teddy Baubigny, 18 ans à peine, avait foulé la pelouse durant quatre minutes. Trois ans plus tard, le manager s’est donné raison.

Guillaume Cyprien
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