Tango dans les Hauts-de-Seine

  • Yoan Tanga-Mangene
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Les Franciliens ont limité la portée de leur succès bonifié à Pau en concédant un match nul. Leur incurie offensive les a trop limités.

Un pas en avant, deux pas en arrière, et voilà comment le Racing 92, pris dans un mouvement contradictoire à mille hésitations, est resté bloqué à la porte des six premières places en chutant de nouveau à domicile. Un résultat nul contre Agen déploré à l’Arena est une chute dans les Hauts-de-Seine, et à l’heure où Laurent Travers, dans l’immédiateté de sa lassitude, préférait invoquer le destin plutôt que se tordre les méninges sur des observations plus terre à terre qui ont provoqué un nombre incroyable d’occasions vendangées, les Franciliens creusaient à force d’inconstance, une situation défavorable qu’ils ne parviennent toujours pas à rattraper. "C’est un manque de précision assez effarant", l’a qualifié très justement Teddy Iribaren. Lui a manqué trois coups de pied, et bien avant son premier échec, Baptiste Chouzenoux avait déjà commis deux en-avant coupeurs d’essai en moins de cinq minutes dès le commencement de la partie. On rajoutera celui sifflé entre Teddy Iribaren et Juan Imhoff, une passe magique adressée à son intérieur par le demi de mêlée à son ailier, jugée illicite pour quelques millimètres, et le bilan offensif tire vers une maladresse assez généralisée près des lignes fardée d’un manque de réussite dans les meilleurs instants.

Dans les plus mauvais, cet essai "casquette" concédé par Juan Imhoff à Loris Tolot, et cet autre essai inscrit par Nathan De Decron, venu de rien, d’une situation sans danger, ont rajouté à la fébrilité ambiante. Le Racing 92 se complique la vie avec une conviction étonnante. "Je ne sais pas si on perd le match en première mi-temps ou en seconde, se questionnait le troisième ligne Baptiste Chouzenoux. D’un côté, il y a eu toutes ces occasions manquées lors du premier acte. De l’autre, on encaisse un essai très rapidement juste après avoir créé un petit break dès la reprise. Dans le fond, on manque de confiance. C’est comme depuis le départ de la saison. On fait des bonnes choses, mais on n’est pas réaliste. On ne marque pas, et on se fout le doute." "C’est un copié-collé de notre premier match contre Bayonne", déplorait Laurent Travers.

"On se met en danger tous seuls"

Les six semaines qui séparent ces deux rencontres entre Bayonne et Agen dressent une toile de fond derrière l’action globale, et le manager est confronté à un mouvement négatif cohérent auquel il doit trouver une solution. Remaniée, diminuée par la Coupe du monde et des blessures, le Racing 92 avait donné jusqu’au match de samedi soir, l’image d’une équipe se construisant à la force du poignet. La jeunesse apprenait, et à force d’apprentissage, la sortie victorieuse du Hameau avait fait office d’examen de passage réussi dans la classe des joueurs de top 14 en capacité de bouleverser la division. Ce retour en arrière vécu contre Agen dit la fragilité permanente de cet assemblage. Le Racing 92 disposait vraiment de toutes les armes pour s‘imposer. Quand Baptiste Chouzenoux s‘est élevé à cinq mètres de sa ligne pour voler un lancer de pénaltouche (60e), il a ajouté à la domination de son équipe en mêlée fermée son incroyable présence aérienne si contraignante. La domination territoriale a été évidente. Les occasions ont été créées. Il ne manquait rien, vraiment, aux Franciliens, qui se sont plantés par manque de précision dans les derniers instants. "On s’est mis en danger tous seuls, concluait Laurent Travers. On est trop en dents de scie. La confiance se gagne. Il faut aller la chercher. Nous l’avions fait à Pau. Ce soir, au lieu de vouloir rester dans de bonnes dispositions, nous avons déjoué. À force de déjouer, nous avons un peu moins osé, et nous nous sommes refermés sur nous-mêmes. Nous n’avons que ce que nous méritons."

Guillaume Cyprien
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