La Rabine : gazon maudit !

  • Jules Le Bail
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Après huit journées de championnat, le bilan du RCV reste très mitigé. Trois victoires à domicile, mais chou blanc hors de ses bases. Explications.

Lors de l’avènement du club vannetais dans le monde professionnel, son entraîneur avait doctement expliqué que pour le maintien, il faudrait d’abord compter 11 victoires à domicile. Cette réalité est toujours d’actualité dans l’esprit de Jean-Noël Spitzer, d’autant que l’équipe a jusqu’à présent réussi le sans-faute devant son fidèle public de la Rabine, mais échoué parfois lourdement hors de ses frontières bretonnes. En trois saisons au niveau professionnel, le RC Vannes s’est taillé une solide réputation d’équipe difficile à manier et à manœuvrer sur son gazon hybride de La Rabine. La condescendance du début et l’ironie du regard ont laissé peu à peu place au respect. Nombre d’équipes sont venues brouter l’herbe du pré-salé breton (la mer est à 30 mètres de l’entrée du stade). Depuis le début de l’exercice 2019-2020, ce sont Oyonnax (première défaite de la saison), Mont-de-Marsan et Aurillac qui sont venus s’échouer sur les côtes morbihannaises. Il est clair que le collectif "bleu" se transcende lorsqu’il foule la pelouse de la Rabine. "La première fois que j’ai foulé cette pelouse, j’avais des frissons", observait Branden Holder. "Jouer ici ? Un coup de fil et j’arrive en courant", avait même dit à demi-mot, un joueur de Colomiers il y a deux saisons. Jouer pour le RC Vannes ? Pas seulement, mais plus sûrement jouer devant un public qui a mérité deux fois le titre de meilleurs publics de Pro D2. Elle est sans doute à la raison majeure de la force vannetaise. "Nous sommes littéralement portés par ce peuple breton auquel on s’identifie. Il y a une sorte de fierté en nous qui nous pousse à l’excellence", observait la saison dernière l’arrière Anthony Bouthier parti depuis vivre une autre aventure à l’étage supérieur.

L’hymne breton (Bro Gozh ma zadoù - Vieux pays de mes pères) repris en chœur avant chaque coup d’envoi est le premier signe de cette identité bretonne. Cette fibre celtique n’est pas un gadget, ni une publicité pour offices de tourisme. Il y a une passion des bretons pour le ballon ovale. Une sorte de revanche sur l’histoire, alors que le ballon ovale de la première moitié du XXe siècle était banni des sports de patronage.

D. L. P.
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