Guitoune : Plus frais que nature

  • Après avoir disputé seulement quatre matchs en quatre mois, Sofiane Guitoune est impatient d’enchaîner les matchs et de permettre à Toulouse de retrouver des couleurs. Photo Icon Sport
    Après avoir disputé seulement quatre matchs en quatre mois, Sofiane Guitoune est impatient d’enchaîner les matchs et de permettre à Toulouse de retrouver des couleurs. Photo Icon Sport
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Plus d’un mois après son dernier match face au Tonga avec les Bleus, il est impatient de retrouver la compétition.

Un ciel gris, de la pluie, une brise fraîche, la reprise de l’entraînement n’avait rien d’idyllique ce lundi du côté d’Ernest-Wallon. Et pourtant, Sofiane Guitoune affichait encore et toujours son large et communicatif sourire, tout simplement heureux de retrouver son club : "C’est du plaisir d’être ici et de retrouver les collègues." Deux semaines après l’élimination du XV de France en quart de finale de la Coupe du monde, le trois-quarts centre était heureux de chausser de nouveau les crampons, prêt à en découdre avec Clermont, pour la revanche de la dernière finale du Top 14.

Une belle affiche délocalisée au Stadium qui sent bon le parfum des grands soirs. De quoi replonger dans l’ordinaire avec délice et oublier un peu la déception japonaise : "Nous sommes revenus en France au moment de la coupure en Top 14. ça tombait plutôt bien. Même si je n’avais pas forcément besoin de faire une pause au niveau sportif, retrouver ma famille, mes enfants et profiter d’eux m’a fait du bien. Même si ma femme m’a dit que je n’étais pas trop là pendant la première semaine. C’était difficile : tu viens de vivre une aventure extraordinaire pendant quatre mois avec des mecs que tu apprécies. Il s’est passé quelque chose de grand, quelque chose dont personne nous pensait capable. Les trois jours après le quart, nous sommes restés ensemble et nous avons beaucoup parlé de tout ça. Nous étions déçus, tristes. Donc quand je suis rentré dans ma famille, j’étais content de retrouver mes proches mais je n’étais pas trop là car la sensation d’être passé à côté de quelque chose de très grand me poursuivait."

"Je m’attends à souffrir"

Cependant, Sofiane Guitoune a vécu un drôle de Mondial, jouant le coéquipier modèle en assurant l’essentiel face aux États-Unis et au Tonga, deux rencontres programmées à quatre jours d’intervalles et donc redoutées pour les traumatismes physiques qu’elles pouvaient engendrer. Les "second couteaux" étaient alors priés de faire le boulot. "J’avais envie de jouer le quart de finale, le match d’ouverture contre l’Argentine… les matchs importants. Même si les rencontres contre le Tonga et les États-Unis étaient importantes, le niveau était plus élevé contre l’Argentine et le pays de Galles. Je n’ai pas joué ces matchs là, c’est comme ça. Cela fait partie d’une aventure. C’est long, quatre mois. Ce n’était pas l’équipe de France mais le club France car nous avons vraiment fonctionné ainsi. Il faut digérer ces déceptions, mettre sa fierté de côté pour faire bosser l’équipe, pour essayer d’aller le plus loin possible tous ensemble. Je pense avoir bien fait mon "taf". J’aurais aimé plus joué mais, comme je dis souvent, un an auparavant, personne n’aurait mis une pièce, et moi le premier, sur ma participation à la Coupe du monde. Il faut savoir savourer ce que l’on a mais mon côté compétiteur aurait aimé jouer davantage." Il ronge son frein maintenant depuis le 6 octobre, soit plus d’un mois, après avoir seulement disputé quatre matchs en quatre mois.

Alors même si la préparation des Bleus a été intense, Sofiane Guitoune reprend avec le Stade toulousain sans la moindre usure : "Il me tarde de jouer, d’autant plus que je suis sorti frustré de mon dernier match en Coupe du monde. C’est toujours bien, dans ce cas-là, de pouvoir enchaîner. Je suis donc très impatient. J’aurais aimé pouvoir avoir une semaine complète d’entraînement pour être certain d’être compétitif car ça fait une longue période sans match, suivie de deux semaines de vacances. Je m’attends donc à souffrir au niveau du rythme." Mais Sofiane Guitoune garde le sourire et son enthousiasme, d’autant plus avant le début de la Coupe d’Europe : un shoot de niveau international.

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