La Rochelle : la tête à l’endroit

  • Marc Andreu
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Avant un immense défi en Champions Cup, le Stade rochelais se déplace chez le leader, sans aucune certitude à l’extérieur mais avec une grande envie de bien faire.

Ce qui est bien quand rien ne va, c’est qu’on ne peut que s’améliorer. Si une seule phrase devait présenter le prochain déplacement des Rochelais chez le leader du Top 14, ce n’est pas autrement qu’il faudrait s’y prendre. Ne vous méprenez surtout pas, le Stade rochelais est comme nous l’écrivions il y a quelques jours, une équipe sur laquelle il faudra compter cette saison. Le retournement de veste ne fait partie des habitudes de la maison, loin de là. Il appartiendrait pourtant à la malhonnêteté intellectuelle et surtout sportive de ne pas aborder les problèmes qui secouent les Rochelais lorsqu’ils quittent leur contrée maritime depuis le début de la saison. La donne est simple : alors qu’ils apparaissent solides, sûrs de leur jeu et ne lâchant pas un centimètre de terrain aux adversaires dans leur arène de Deflandre, les joueurs de Jono Gibbes et Ronan O’Gara deviennent une équipe fébrile, intermittente et parfois franchement inquiétante en déplacement. À cela on peut répondre la première mi-temps enthousiasmante à Montpellier ou le jeu déployé pendant trente-cinq minutes à Jean-Dauger face à un promu bayonnais habitué à entamer ses rencontres pied au plancher... Ce à quoi une statistique pourra mettre tout le monde d’accord : un seul point ramené en quatre voyages, c’est le bilan des Rochelais depuis août dernier. Depuis trois saisons, le club dirigé par Vincent Merling avait pourtant l’habitude de revenir en Charente-Maritime avec en moyenne cinq victoires dans les bagages. Et si l’hiver n’est pas encore arrivé, les Rochelais doivent désormais s’affirmer. "On perd des matches à l’extérieur, comme beaucoup d’équipes, expliquait le pilier Dany Priso à l’issue de la défaite à zéro point à Toulon (23-3), la dernière en date. Il n’y a pas beaucoup de clubs qui font carton plein à l’extérieur. On sait ce qu’on veut, où on veut aller et on travaille pour. On ne fait pas de match abouti en déplacement depuis le début de la saison, c’est une évidence."

Gare au Lou

Une formation qui marche sur l’eau malgré une défaite à Clermont lors de la 8e journée face une équipe qui se cherche encore, surtout à l’extérieur : sur le papier la rencontre entre le Lou et le Stade rochelais ne fait guère d’illusion. Les Rochelais n’ont pas encore trouvé leur rythme de croisière, s’en sortent souvent au courage et à la pugnacité devant leur public mais ont des difficultés à imposer leur plan de jeu dès lors que l’adversité augmente. Les deux victoires consécutives face à Brive et le Racing ont permis au groupe de travailler dans la confiance, sans avoir la pression d’une équipe dans le bas-fond du classement. "Cette année, il y a des moments très forts mais un match dure quatre-vingt minutes, expliquait le troisième ligne Wiaan Liebenberg avant la rencontre face à Brive. Une mi-temps à haut niveau, ça ne suffit pas. Mais on ne doute pas, car si tu commences à douter, la marge d’erreur devient plus grande." Quoi qu’il en soit, se frotter au Lou sera pour les Maritimes un magnifique test avant le début de la Champions Cup face au double finaliste du championnat d’Angleterre, les Chiefs d’Exeter, au stade Marcel-Deflandre. Un retour dans la majestueuse compétition européenne après un an d’absence que les coéquipiers de Romain Sazy attendent de pied ferme, qui plus est après un magnifique parcours en 2018 et un quart de finale pour leur première participation. Alors en attendant ces retrouvailles, le Stade rochelais entend bien faire taire les sceptiques, contredire les statistiques et déjouer les pronostiques. Chasseur à défaut d’être chassé, un rôle qui leur convient amplement.

Paul Arnould
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