Paris au bord du précipice

  • Malgré la dernière place du club parisien, l’ailier Adrien Lapègue est l’une des satisfactions du début de saison des Soldats roses. Des performances qui pourraient lui permettre de voir son contrat prolongé dans la Capitale. Photo Icon Sport
    Malgré la dernière place du club parisien, l’ailier Adrien Lapègue est l’une des satisfactions du début de saison des Soldats roses. Des performances qui pourraient lui permettre de voir son contrat prolongé dans la Capitale. Photo Icon Sport
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Au plus mal en championnat, le Stade français va devoir se battre pour arracher son maintien en Top 14. Pour lui, tout commence ce week-end…

Le Stade français va mal. Très mal. Si mal que le club de la capitale, le plus gros budget du Top 14 et la masse salariale la plus conséquente de l’Hexagone, en est à craindre pour sa survie dans l’élite du rugby français. Battu six fois en huit journées, tourmenté et plus encore par les doublons, le club de la Porte d’Auteuil glisserait à n’en pas douter dans une crise sans précédent en cas de revers dans le derby francilien et, à propos du Stade français, la question qui revient de façon cyclique est aujourd’hui la suivante : Heyneke Meyer, qui entame sa deuxième saison aux commandes de la formation parisienne, est-il toujours l’homme de la situation ? Si les premiers mois du Boer à Paris ont indéniablement manqué de faste, si ses relations avec une partie du vestiaire ne sont pas au beau fixe, le coach sud-africain reste qu’on le veuille ou non l’un des meilleurs techniciens de la planète, en atteste un curriculum vitae long comme le bras (une victoire dans le Super Rugby en 2007, une troisième place au Mondial 2015 et quatre succès en Currie Cup).

Pour être certain d’avoir été bien compris, le docteur Wild a d’ailleurs réitéré une nouvelle fois son soutien au Sud-Africain, arguant que celui-ci restait le seul maître à bord, soutenant aussi qu’il n’avait rencontré ni Vern Cotter, ni Gonzalo Quesada pour prendre la succession de son patron sportif. Qu’on le veuille ou non, la personnalité centrale du projet parisien reste donc Heyneke Meyer et, pour avoir remis en cause sa crédibilité (avant de quitter le club en septembre dernier, l’ancien président Hubert Patricot aurait demandé au docteur Wild qu’il se sépare de l’ancien coach des Bulls), certains ont explosé en vol. De fait, Thomas Lombard, directeur général depuis le 4 novembre, sait ce qu’il coûte de marcher sur les plates-bandes de Heyneke Meyer au Stade français et, en ce sens, ne sortira pas de la mission administrative et financière qui lui a été confiée par le milliardaire allemand : non, Lombard n’a pas appelé Gonzalo Quesada, sous contrat avec les Jaguares pour les deux années à venir ; non, il n’a pas sondé Ugo Mola pour savoir si le contrat du manager toulousain, lié à Didier Lacroix jusqu’en 2023, était en l’état immuable. Puisque Meyer est intouchable au Stade français, son entourage peut-il en revanche évolué ? C’est une possibilité. En ce sens, la défense parisienne (285 points depuis le début du championnat) et son responsable, le Sud-Africain John McFarland, sont dans le viseur de plusieurs dirigeants. Ce proche de Meyer sauvera-t-il sa place ? En sera-t-il de même pour Dewaldt Senekal et Ricardo Loubscher ? L’issue du derby francilien devrait répondre en partie à cette question-là.

Après Gabrillagues, Etien, Chapuis et Da Silva ?

Passé ce match de la muerte face au Racing 92, Thomas Lombard aura quant à lui du grain à moudre. Pour l’ancien international (44 ans, 12 sélections), la priorité sera ainsi de maintenir le club dans les clous du salary cap, étant ici entendu que les indemnités de licenciement probablement promises à Ramiro Herrera, Sergio Parisse ou Djibril Camara risquent de faire déborder une masse salariale déjà copieuse. L’autre mission de Lombard, et il sera secondé en cela par Meyer, sera d’assurer les prolongations des jeunes espoirs du club. Après avoir annoncé lundi soir celle de Paul Gabrillagues, le nouveau DG du Stade français s’attache aujourd’hui à obtenir celles du talonneur Lucas da Silva, du flanker Ryan Chapuis, des ailiers Adrien Lapègue et Lester Etien. On nous dit qu’elles seraient en bonne voie. Qui a dit que tout allait mal, à Paris ?

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