Gueule de bois pour les Rochelais

  • L’essai de Geoffrey Doumayrou à la 45e minute n’aura pas suffi aux Rochelais pour venir à bout de la défense d’Exeter. Photo Icon Sport
    L’essai de Geoffrey Doumayrou à la 45e minute n’aura pas suffi aux Rochelais pour venir à bout de la défense d’Exeter. Photo Icon Sport
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Sur un fil puis dépassés, les Rochelais n’ont rien pu faire pour empêcher une large défaite (12-31) face à Exeter, vice champion d’Angleterre, lors de la première journée de Champions Cup.

à la 75e minute de jeu, le Tomahawk Chop, chant des supporters d’Exeter, résonne dans les travées de Marcel-Deflandre et un sentiment domine, celui que les Anglais ont envahi la forteresse souvent inviolable des Rochelais. Pourtant, tout était réuni pour une magnifique après-midi sur la côte Atlantique. Le soleil avait remplacé la grisaille des derniers jours, offrant aux acteurs des conditions parfaites. Le contexte était alléchant : retour de la Champions Cup au stade Marcel-Deflandre devant 16 000 fidèles encore nostalgiques de la première campagne impressionnante il y a deux ans (quart de finale). Une réaction d’orgueil attendue après la défaite subie à Lyon et un adversaire quatre étoiles, les Chiefs d’Exeter, assez méconnus encore sur la scène européenne mais diablement réguliers et séduisants depuis quelques saisons en Premiership anglaise. Bref, tout était réuni pour que les Rochelais écrivent une nouvelle page du livre jaune et noir. Une nouvelle page dorée qui s’est très vite transformée en un brouillon chiffonné. "Il faut féliciter Exeter qui a fait le match parfait à l’extérieur", disait Romain Sazy en conférence de presse. Difficile de ne pas être d’accord avec le capitaine rochelais, la formation du manager Rob Baxter était un cran au-dessus de La Rochelle. Qu’en est-il des Maritimes ? Si le début de saison assez moyen en Top 14 était sauvé par des performances à domicile toujours au niveau, il faut bien reconnaître qu’il y avait une classe d’écart, sinon deux, avec les Anglais samedi. Et tant pis si Arthur Joly n’est pas d’accord. "Je ne pense pas. Ils sont évidemment très pragmatiques, c’est ça le mot. En première mi-temps, on a l’impression d’y être. Deux erreurs, deux essais. Pour moi, cela ne les rend pas supérieurs. Alors évidemment ils ont gagné, mais je pense qu’on était dans le match."

Vingt ballons perdus

"L’impression d’y être." C’est peut-être ça, a posteriori, la bonne expression. Oui les Rochelais auraient pu renverser la table. Assurément l’essai refusé à Vincent Rattez à la 16e minute pour une passe en-avant d’Alexi Balès aurait pu changer le contexte. Certes l’interception d’Henry Slade à la 54e minute a tué une rencontre qui semblait pouvoir encore tourner en faveur des locaux. Mais avec toute la déception du monde, une victoire française serait apparue comme un petit miracle tant les joueurs de Jono Gibbes ont peiné à imposer leur système de jeu face à une défense anglaise ultra-agressive. Le manager néo-zélandais, sans surprise, partageait pourtant le point de vue de son pilier droit. "J’ai beaucoup de respect pour Exeter mais il n’y a pas de grande différence entre les deux équipes, sinon il n’y aurait pas de frustration comme cela, on pourrait dire "c’est comme ça, il n’y avait rien à faire". Les matchs comme aujourd’hui, c’est la réalité de ce qu’on doit améliorer." L’écart se situe aussi dans la précision.

Si les Chiefs arrivent à se montrer adroits même dans le désordre et dans l’emballement d’une rencontre avec beaucoup d’intensité, ce n’est pas le cas des Rochelais. Pour le moment. Comme un symbole, les 20 ballons perdus par les Maritimes sur l’ensemble du match. "18 ou 20 ballons perdus en Top 14 c’est déjà trop alors en Champions Cup c’est injouable. C’est récurrent, ça fait plusieurs week-ends qu’on tombe beaucoup de ballons donc c’est une chose à vite rectifier sinon on va vite s’embêter sur le terrain", regrettait Romain Sazy.

Cette première défaite fait en tout cas mal aux têtes car elle semble appuyer sur les maux rochelais du début de saison. Au fond, le Stade rochelais, neuvième du Top 14 (neuvième défense et treizième attaque) est à sa place. Et continue d’apprendre. En sera-t-il de même dans quelques mois ? "Peut-être qu’on peut leur voler une ou deux choses", glissait malicieusement Jono Gibbes à propos du jeu des Anglais. Une chose est sûre, cette large défaite a sans doute mis fin aux illusions rochelaises et la saison de transition (treize joueurs en fin de contrat) est peut-être enfin arrivée.

Paul Arnould
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