Et si Lyon gagnait ?

  • Charlie Ngatai et les Lyonnais visent toujours leur première victoire dans la « grande » Coupe d’Europe.
    Charlie Ngatai et les Lyonnais visent toujours leur première victoire dans la « grande » Coupe d’Europe. Icon Sport - PA Images
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Toujours fanny pour leur deuxième expérience européenne, les Lyonnais ne doivent pas perdre contre le Leinster pour rester en course pour la qualification. Il s’agit aussi d’éviter une huitième défaite de suite et de montrer qu’ils ont grandi.

Rugby fiction : demain, sur les coups de 18 heures, les spectateurs lyonnais, mécontents de voir leurs protégés menés au score quittent leur siège furibonds et furieux, frustrés et irrités par la huitième défaite de leurs protégés en Coupe d’Europe. Les plus radicaux sortent un gilet couleur soleil et décident d’aller occuper la place des Vingt-Deux, située entre la brasserie et la boutique, toute la nuit, et plus longtemps encore, jusqu’à la première victoire du Lou en Coupe d’Europe. Derrière leur écran de la télévision publique, les téléspectateurs désertent en masse depuis la mi-temps, zappent sur une autre chaîne pour regarder une série américaine ou une émission de téléréalité ou écrivent pour demander le remboursement de la redevance. Le cauchemar est total : les voisins clermontois tweetent un message moqueur. À ce moment-là, le journaliste se réveille en sueur.

Cela n’arrivera pas. Déjà, le spectateur lyonnais a toujours autant de mal à se lâcher. Il est malheureusement toujours aussi peu pro-actif. Ses applaudissements polis ne font que rappeler que le match ne se joue pas à huis clos, alors qu’ils devraient transcender les joueurs sur la pelouse.

Surtout, le Lou va gagner. Est-ce qu’on a un bon tuyau à donner pour les parieurs ? Non, c’est juste une conviction, une croyance, une envie de prendre nos rêves pour la réalité, de pousser avec les Lyonnais pour envoyer ce p... de ballon entre les perches et derrière la ligne adverse. Et on n’a pas encore envie d’écrire dans la prochaine édition de Midol que le Lou n’a pas démérité, qu’il méritait mieux, que le match s’est joué sur un ou deux détails. Toujours. Encore.

On y croit pour plusieurs raisons : l’affiche est belle avec la réception du champion d’Europe 2018 et finaliste 2019, le match est télévisé en clair - une bonne occasion pour les Lyonnais de se faire connaître mieux - et parce que les Lyonnais en ont marre de mordre la poussière face aux Anglo-Saxons. D’accord, ils ont inventé le rugby, d’accord, un ami originaire de Montauban nous demandait encore ironiquement mardi soir autour d’une bière : "Parce qu’il y a des équipes de rugby dans le Sud-Est ?", c’est le moment, justement, pour les Lyonnais de mettre tout le monde d’accord.

Ici, c’est Lyon, d’accord ?

Bon, il reste un problème, de taille : comment s’y prendre ? "À nous d’être plus froids dans les moments chauds et de nous montrer efficaces, explique Pierre Mignoni. Notre marge de progression se situe là. J’ai repris mes fiches datant de l’époque où j’avais affronté le Leinster avec Toulon. Notre adversaire a évolué mais n’a pas révolutionné son jeu. Cette équipe propose à la fois un jeu schématisé, et elle sait être dans l’adaptation, avec Jonathan Sexton comme maître à jouer. Ce n’est jamais simple de l’affronter. C’est excitant aussi."

Entre l’esprit de revanche, la lassitude de perdre et l’excitation, on ne doute pas de l’investissement et de l’engagement des Lyonnais. Il reste cette capacité à élever leur niveau de jeu jusqu’à maîtriser ses détails si pénalisants jusqu’à maintenant.

"À un moment donné, il faut réussir à marquer, ne pas lâcher pour avoir le petit truc en plus, rappelle Jonathan Wisniewski. C’est ce qui nous manque certainement et que nous devons acquérir. Nous voulons créer l’exploit face à ce qui se fait de mieux en Europe. L’image montrée dimanche dernier ne correspond pas à celle que nous montrons depuis le début de saison. Nous voulons montrer une bonne image de nous, une image qui nous ressemble."

Oui, on visualise l’image : on voit des Lyonnais précis et appliqués, fougueux et pleins de sang-froid, acharnés en défense, dominateurs en conquête et réalistes près des lignes et face aux perches. Et qui terminent le match par un tour d’honneur les bras levés, tout heureux d’avoir offert la première victoire européenne de son histoire au Lou. Rendez-vous demain sur les coups de 18 heures.

Midi Olympique
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