• Les moins de 18 ans champions. Les seniors, qui s’étaient entrainés avec eux pour les « endurcir », participent à la liesse collective. Photo Maia Etchart.
    Les moins de 18 ans champions. Les seniors, qui s’étaient entrainés avec eux pour les « endurcir », participent à la liesse collective. Photo Maia Etchart.
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US Nafarroa

Le chasseur chassé

Les glorieux tombeurs d’Albi la saison dernière ont retrouvé une division où ils sont attendus. Les vertus locales doivent être remises au goût du jour.

Que faut-il retenir de la saison dernière des Basques de Nafarroa ? Indéniablement, la fabuleuse victoire sur le leader invaincu, Albi, et un souvenir qui est désormais gravé dans la mémoire collective du club. En creux, restera aussi la déception d’une relégation pour quatre petits points et l’atterrissage douloureux en Fédérale 2. Les Nafartars en sont là, dans le tumulte des sentiments à se demander si cette saison sera de transition ou si elle validera la progression des joueurs acquise au feu de l’élite amateur, en prenant conscience du niveau d’exigence. Au club depuis huit ans, le coach Pascal Jeanneau, associé à Jean-Marc Higos, ainsi qu’à Claude Sagouet et Philippe Erdotio pour la réserve, traduit cette réflexion : «On a laissé beaucoup de nous dans la belle aventure en Fédérale 1, beaucoup d’influx. Il a fallu pomper de l’énergie au dessus de nos possibilités et, aujourd’hui, nous avons beaucoup de blessés. C’est maintenant que ça pète. Nous avons l’espoir de profiter de notre expérience pour progresser mais c’est lié aux effets de la descente, aux arrêts et aux jeunes qui prennent la place. Alors, est-ce une transition ? L’avenir le dira.»

Bien digérer la descente

Au-delà des questions existentielles qu’ils se posent, Jeanneau et Higos font un constat plutôt rassurant : l’ambiance n’a pas pâti de la relégation, ni le niveau d’implication des coéquipiers du capitaine Mickaël Iphar : «Les signes sont plutôt positifs mais il nous manque le petit plus collectif qui nous a transcendé l’année dernière. Nous faisons avec nos qualités et on ne peut rien reprocher aux joueurs, ils sont vraiment dedans.» Certes mais l’adversité se fait plus rude car le regard sur l’USN a changé depuis les images de son passage en Fédérale 1. Le club a les épaules pour supporter cette charge qui n’émeut guère le président Xabi Etcheverry : «La Fédérale 1 a été une belle saison à vivre avec des matchs très durs face à des équipes au budget très supérieur au nôtre. Nous sommes repartis plein d’enthousiasme sur les mêmes bases, le même fonctionnement et la même philosophie de club. Tous les dimanches nous avons des défis à relever avec 95 % de notre effectif qui a été formé localement. C’est notre credo.»

Les Nafartars ne manquent pas de perspectives. Pour la première fois de l’histoire du club, une équipe féminine moins de 18 ans a été engagée sur la base de près de quarante éléments et jamais il n’y a eu autant d’effectif à l’école de rugby. «Nous voulons toujours mieux former nos jeunes pour les emmener vers le plus haut niveau de pratique», professe Xabi Etcheverry. Il ne s’agirait donc que de (bien) digérer la descente d’un étage car le président possède une trop grande expérience pour se bercer d’illusion : «La vie d’un club reste fragile, rien n’est jamais gagné, il faut être très vigilant.»

Les coachs le sont tout autant mais la confiance de Pascal Jeanneau est renforcée par le profil de l’USN : «C’est un club magique. Il est profondément ancré dans sa culture et son territoire et un travail considérable a été réalisé en amont.» Il demeure qu’en quelques semaines, le chasseur d’Albi est devenu chassé. Qu’il retrouve le petit plus collectif qui l’a porté ces derniers mois, et il se mettra à l’abri d’éventuels prédateurs.

Gérard PIFFETEAU
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