• Leicester est au plus mal! Jonny May, qui tentent ici de passer entre Lewis Ludlam (à gauche) et Teimana Harrison (droite), et ses partenaires vivent un début de saison calvaire.  Photo Icon Sport
    Leicester est au plus mal! Jonny May, qui tentent ici de passer entre Lewis Ludlam (à gauche) et Teimana Harrison (droite), et ses partenaires vivent un début de saison calvaire. Photo Icon Sport
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Premiership

Leicester ne décolle pas

Largement battus à northampton dans le derby des midlands, les tigres de leicester ont concédé leur quatrième revers en cinq journées, malgré le retour des internationaux.

Les Tigres ne rugissent plus, ni n’effraient plus grand monde. Passée la courte accalmie du Challenge Cup, au cours de laquelle ils ont battu Pau à domicile et sont allés gagner à Cardiff, Leicester est retombé dans ses travers. Au Franklin’s Gardens, devant près de 15 200 spectateurs, les protégés de Geordan Murphy - l’ancien arrière international irlandais, passé d’entraîneur des trois-quarts à coach principal il y a un peu moins d’un an - n’ont pu s’éviter une nouvelle lourde défaite. Après le 36-11 de la 4e journée infligé par les London Irish, c’est cette fois-ci les Saints de Northampton qui se sont fait un malin plaisir, même sans trois de leurs joueurs phares (Owen Franks, Courtney Lawes et Dan Biggar, forfaits de dernière minute), pour déchirer leur poreuse défense avec cinq essais.

Il s’agit du quatrième succès consécutif des Saints dans le derby des Midlands. Matt Proctor, l’ancien des Hurricanes et de Wellington, s’est signalé pour sa première en championnat avec un doublé. Le All Black (1 sélection) de 27 ans s’est régalé au centre du terrain, formant une paire très complémentaire avec Rory Hutchinson, annoncé à 23 ans comme un des futurs très grands talents de la sélection écossaise. Le duo fut bien aidé également, il est vrai, par la puissance dévastatrice du colosse Taiqale Naiyaravoro, élu homme du match. L’international australien d’origine fidjienne (27 ans, 2 sélections) a délivré une merveille de passe après contact pour son deuxième ligne Api Ratuniyarawa, juste avant la mi-temps, permettant aux Saints de prendre le large (24-10). La deuxième période fut du même acabit, Leicester subissant deux nouvelles réalisations par Collins et Dingwall et se montrant très étonnement stérile.

Les internationaux ne font pas de miracles

Avec une ligne arrière qui voyait le grand retour, depuis la finale de la Coupe du monde, de Jonny May sur l’aile, et au sein de laquelle Ben Youngs, George Ford et Manu Tuilagi avaient pris place, forcément, le constat est alarmant. Surtout que le huit de devant avait plutôt aussi très fière allure sur le papier avec les Ellis Genge, Dan Cole, Tomas Lavanini et Sione Kalamafoni, tous présents eux aussi au Japon. À croire que cela ne suffit pas ou plus pour se sortir du marasme dans lequel est plongé le club le plus titré du rugby anglais (dix fois champion d’Angleterre).

Leicester est en train de vivre une deuxième saison consécutive très délicate. Pour rappel, les Tigres avaient terminé onzièmes la saison passée avec sept petites victoires seulement, ne devant leur salut qu’au parcours désastreux de Newcastle. Cette fois, la menace directe s’appelle les Saracens. Et elle est à prendre très au sérieux. Les joueurs de Mark McCall ont enchaîné un quatrième succès en faisant plier le genou à Bath. Des trente-cinq points de pénalité qui leur avait été infligé pour non-respect des règles du salary cap, les Sarries ont déjà rattrapé dix-sept points et n’en comptent plus que vingt-deux de retard sur le premier non relégable.

Leicester, qui recevra Exeter à Welford Road lors de la prochaine journée de Premiership, est prévenu. Richard Cockerill, 250 matchs au compteur avec les Tigers entre 1992 et 2002 en tant que joueur, entraîneur des avants entre 2005 et 2009 puis entraîneur principal de 2009 à 2016, avait déjà tiré la sonnette d’alarme en milieu de semaine : "Ils doivent réaliser où ils sont et ce qu’ils doivent faire pour s’en sortir. Je ne suis pas certain qu’ils aient saisi le problème, c’est une équipe vulnérable." Attention, danger !

Enzo DIAZ
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