Le "boulettes" show !

  • Johan Goosen - Ouvreur de Montpellier
    Johan Goosen - Ouvreur de Montpellier
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Éliminés de la Champions Cup après cette défaite, due encore une fois à des faillites individuelles, les Cistes ont gâché un objectif prioritaire. Et le numéro 10 sud-africain a lui vécu un calvaire.

"Ho ! Ho ! Ho !" Enfilez-lui un costume rouge, collez-lui une belle barbe blanche et Johan Goosen, sourire aux lèvres même dans la défaite, se métamorphose en parfait Santa Claus ! "On s’est transformés en Père Noël avant les fêtes ! On a donné des essais cadeaux", souffle Xavier Garbajosa. Trois sur quatre pour être exact. Et si l’un a été offert par B. Du Plessis à Arnold, d’une passe dans ses vingt-deux mètres qu’un malvoyant aurait lue ; les deux autres sortent de la hotte du polyvalent Sud-Africain Johan Goosen. Surtout le deuxième essai toulousain. Le manager poursuit : "Il y a des absences et on tombe sur des fautes individuelles qui sont presque grotesques. Elles nous surprennent même nous !" Sur l’action en question (34e), Goosen se replie sans se presser après un coup de pied d’occupation de Médard. Il veut ramasser le ballon au dernier moment, mais glisse et met un pied en touche dans sa chute. Grotesque certes, mais cela peut arriver à tout le monde. La suite est pire encore.

L’intéressé ramasse le ballon, le donne gentiment à Guitoune, puis, regarde ses chaussettes. Avant de relever la tête, mains sur les hanches et d’observer sans broncher le centre Rouge et Noir jouer vite la touche pour Cros qui sert Arnold ! Un gag digne d’une caméra cachée, dans lequel ses coéquipiers (sauf Martin), amorphes, ont été de parfaits complices. C’est ça, l’esprit de Noël !

En quinze, en treize… Mais plus en dix !

Scène la plus cocasse de ce "bêtisier ", elle n’est pas la seule erreur de l’intéressé (3 attaques manquées) : coup d’envoi direct en touche (1re), en-avant et rigolade (21e), coup de pied contré (27e), surnombre oublié pour aller "péter " seul (55e) et ultime ballon lâché au sol (80e), qui amène la quatrième réalisation adverse. Quel récital ! Deux mois après sa dernière titularisation à Bayonne (carton rouge), le Sud-Af’ a tout raté ou presque (huit points au pied). Démontrant (encore) ainsi que le costume de numéro 10 était trop grand pour lui. Alors, pourquoi l’avoir titularisé samedi à ce poste, obligeant Thomas Darmon a glisser à l’arrière, lui qui est ouvreur de formation ? Un choix qui est franchement étrange à la vue des profils des deux éléments.

Car, si Goosen reste un attaquant génial, il n’est surtout pas un gestionnaire. Et son manque d’alternance dans le jeu sur le premier acte, comme ses incessants crochets intérieurs pour attaquer la ligne, ont forcé le MHR à taper dans un mur sans s’adapter. Là où son repositionnement à l’arrière en seconde période (avec Darmon en 10) fut une réussite. Ses qualités hors normes et son audace, s’expriment mieux avec les numéros 15 ou 13 dans le dos. Les deux postes qu’il occupait le plus avec le Racing 92 en 2015-2016 (11 matchs à l’arrière, 6 au centre et 3 en 10), l’année où il fut sacré meilleur joueur du Top 14. En suivant, le Sud-Africain, pourchassé par les blessures depuis son arrêt, n’a plus jamais affiché son vrai visage. Et le "cadeau " très onéreux que Mohed Altrad s’est offert en 2018 n’a apporté aucune plus-value à son équipe. Mais Noël approche et c’est le moment de croire au "miracle"... Et à une résurrection de Johan Goosen samedi prochain, dans le jardin du club qu’il a fui ? En selle l’artiste !

Julien LOUIS
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