• L’ailier toulonnais Masivesi Dakuwaqa a lancé les siens vers la victoire en inscrivant le premier essai du RCT. Photo Max PPP
    L’ailier toulonnais Masivesi Dakuwaqa a lancé les siens vers la victoire en inscrivant le premier essai du RCT. Photo Max PPP
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Challenge Cup

Toulon : dans l’ombre, tout en lumière

(20-26) En s’imposant à Reading, le RCT - bien aidé par ses hommes d’expérience, Sergio Parisse en tête - demeure invaincu. Un seul objectif désormais : conserver la première place de la poule 2.

Les victoires de retour, le changement de propriétaire officialisé, le cas Milner-Skudder réglé (l’arrière soigne son épaule en Nouvelle-Zélande et arrivera sur la rade la saison prochaine), la seule question qui restait en suspens pour les supporters varois concernait la diffusion du déplacement de leurs protégés chez les London Irish. La réponse qui courait depuis le début de semaine tombera finalement jeudi, en milieu de journée, au grand dam des supporters : non proposée par le diffuseur de la compétition, les Toulonnais devront suivre la rencontre via un streaming sans commentaire. Et, ordinateur sur les genoux, les 9 000 (certains pics au-delà de 10 000) internautes qui ont suivi la rencontre ont pu assister à la victoire du leader varois à Reading. Emmenés par une conquête chirurgicale et un Serin toujours plus décisif, les joueurs de Patrice Collazo ont d’abord compté sur la botte de Belleau pour prendre le score, avant que Dakuwaqa (38e) et Serin (60e) ne donnent le large au RCT. Et s’ils voyaient les Irlandais de Londres revenir en fin de match, les Varois ne seront finalement jamais inquiétés.

« Parisse ? Il a l’enthousiasme d’un junior »

Dans le sillage de leurs hommes d’expérience - Savea, Messam ou Ben Te’o (auteur d’une excellente entrée) - les Toulonnais ont fait bien trop mal physiquement aux Irish pour leur laisser la possibilité d’inquiéter leur invincibilité dans la compétition. Mais s’il est évidemment un "papi" qui a malmené les Exiles, c’est une nouvelle fois Sergio Parisse. Irrésistible depuis son arrivée sur la rade, le troisième ligne italien, titulaire lors des trois dernières rencontres, s’est imposé comme une alternative bien plus que sérieuse à Facundo Isa au centre de la troisième ligne. "Il a l’enthousiasme d’un junior. Non pas qu’il soit vieux, mais il avait besoin d’un nouveau challenge, attestait en ce sens Patrice Collazo. Il avait besoin de se relancer dans un nouveau contexte. Comme tout comme grand joueur, on ne devient pas mauvais du jour au lendemain mais on a tendance à s’installer dans une routine. Au Stade français, il avait pris la couleur des murs. Changer d’ambiance lui fait du bien." Insatiable plaqueur et toujours capable de se déplacer quatre-vingts minutes durant, Parisse - qui apparaît très proche de Serin depuis leur retour du Mondial - a annihilé toutes les tentatives anglaises. Mieux, dans son style caractéristique, l’Italien aux 142 sélections n’a cessé de parler à ses adversaires et, quand bon lui semblait, à l’arbitre. "Cela fait partie de son jeu et du personnage. Depuis tout petit, il est comme ça et on ne peut plus le changer à son âge."

« De fortes chances que ce soit ma dernière saison »

Nul besoin de le changer, en effet, d’autant que le grand Sergio prouve semaine après semaine qu’il n’est en rien venu " s’offrir une belle saison dans une ville ensoleillée", comme il s’amusait à le préciser cette semaine. Comme s’il jouait sans compter, avec l’insouciance retrouvée qui caractérise les joueurs qui ont tant prouvé et n’ont plus qu’un désir : prendre du plaisir. "J’ai 36 ans alors, je ne peux pas dire que je vais jouer encore trois ou quatre ans. Il y a de fortes chances que ce soit ma dernière saison. Je n’ai encore pris aucune décision concernant mon avenir. [… ] J’ai un vécu, une histoire, une expérience mais aussi beaucoup d’années de haut niveau et je ne récupère pas de la même façon. J’aimerais jouer jusqu’à 60 ans mais je sais très bien que ce n’est pas possible." Alors avant même de penser à rempiler ou à ranger pour de bon les crampons, Parisse apparaît en mission. Et en Challenge Cup, la seule alternative pour le RCT – invaincu, leader de sa poule et presque déjà qualifié après quatre journées - est la première place de sa poule pour recevoir un quart de finale à Mayol. Challenge accepté, Sergio ? Sans le moindre doute.

Pierrick Ilic-Ruffinatti
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