Vannes : de l’orgueil que diable !

  • Après leur défaite face à Rouen, les Vannetais de Jules Le Bail se doivent de redorer le blason pour ce dernier match de l’année à la Rabine. Photo Stéphanie Biscaye
    Après leur défaite face à Rouen, les Vannetais de Jules Le Bail se doivent de redorer le blason pour ce dernier match de l’année à la Rabine. Photo Stéphanie Biscaye
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La défaite à Rouen a jeté un froid. Car au delà de l’échec, c’est surtout le contenu qui a laissé à désirer. Réhabilitation attendue ce soir contre Béziers.

Depuis son avènement dans le monde professionnel, il ne nous revient pas en mémoire aussi pâle prestation d’un RCV parti à vau l’eau en Normandie, il y a 8 jours. Passent les commentaires peu amènes de l’entraîneur (seuls Laï Bolénaivalu et Eric Marks ont trouvé grâce à ses yeux) qui assume totalement sa part de responsabilité dans cette Bérézina, le collectif s’est remis dès lundi en ordre de marche. Tous ceux interrogés plaident coupable de n’avoir pas été à la hauteur de l’événement à Rouen, ce qui traduit aussi le sentiment d’ensemble. Il ne saurait en être autrement. Jules Le Bail le capitaine n’est pas en reste. "Nous sommes passés au travers. Nous n’avons pas porté fièrement ce maillot. Maintenant, il ne faut pas tirer sur l’ambulance. Cela doit nous servir de leçon. Cette défaite doit nous faire prendre conscience de certaines choses, notamment la fragilité de ce que peut être un groupe."

Deux visages

Pour son retour à la compétition, Hugh Chalmers n’a pas été très heureux. "L’équipe montre deux visages, depuis le début du championnat. Un visage séduisant à la Rabine et le mauvais côté à l’extérieur. En fait, c’est bien de voir sa propre image par le prisme de la défaite. Une grande équipe se mesure à l’aune de ses capacités à évoluer aussi bien à domicile qu’à l’extérieur et surtout à sa capacité à réaliser des résultats. À propos de ce match à Rouen, il ne faut pas oublier que l’équipe normande jouait sa survie. Cet adversaire a montré plus d’envie que nous, plus d’engagement dans le combat." Pour Quentin Pilet l’arrière, le RCV "s’est pris des chèvres *" (sic), alors que Matthys Gratien et Rémi Sénéca, qui ont regardé le naufrage à la télévision, n’avaient qu’une envie : aller secourir les copains. Rémi Sénéca qui résumait assez bien ce qui s’était passé en Normandie : "nous avons fait tout ce qu’il ne fallait pas faire !"

Relever le défi

Tous ont également dit leur détermination à relever le défi ce soir, contre Béziers. Jules Le Bail, en bon capitaine, assume. "On se doit de redorer le blason. Montrer qu’on a de la fierté. Nous avons tous été touchés par cette défaite." Pour le pilier Rémi Sénéca (absent à Rouen) qui devrait faire son retour au sein de la première ligne, il n’y a pas de questions métaphysiques à se poser. "Il faudra tout lâcher, être guerrier. C’est le dernier match de l’année. Nous n’avons pas le droit de ne pas tout faire pour gagner. D’abord il faut viser le match et il sera temps ensuite de voir son incidence sur le classement. Béziers n’est jamais qu’à trois points. devant nous. Cela situe la difficulté, mais cela doit aussi nous motiver", analyse ce dernier. En vérité, le RCV se doit de relever deux défis : le premier, celui de faire oublier l’épisode de Rouen par le jeu ; le second, de clore l’année 2019 à La Rabine par une victoire "pour passer la trêve au chaud, à la porte du top 6", ajoute l’arrière vannetais Quentin Pilet.

Garder la confiance du public

Bien qu’il n’ait pas été entamé, mais seulement écorné, le contrat de confiance de l’équipe avec ce public de la Rabine se doit d’être à nouveau clamé haut et fort. Le risque de rééditer ce genre de non-match affecterait non seulement le club, au niveau de son classement, mais également tout le public. Des supporters certes enclins au pardon lorsque l’équipe bataille hors ses frontières bretonnes, mais exigeants lorsque ce collectif évolue devant ses yeux. D’autant qu’il sait désormais parfaitement à quel niveau ce collectif peut placer la barre. Et ça, personne ne doit l’oublier où faire sembler de l’oublier.

(*) expression du pays charentais qui signifie jouer à l’envers.

Didier LE PALLEC
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