• Florent Cazeaux quelques années plus tard, mais toujours la même allure d’attaquant porté vers l’aventure.
    Florent Cazeaux quelques années plus tard, mais toujours la même allure d’attaquant porté vers l’aventure. / Charles Boncheau
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Fédérale 1

Cazeaux : « J’ai peur du vide »

Au bout de ses fulgurances nucléaires chez les pros, Florent Cazeaux est revenu à la source. Une histoire pas vraiment banale.

Des relances profondes et tranchantes, des courses folles dans la défense, Florent Cazeaux l’attaquant naturel en a parsemé sa longue carrière. De toutes ces images colorées qui resteront gravées sur la pellicule et dans nos mémoires, celles d’un match inoubliable à Limoges opposant le Stade montois au Racing Métro sont une forme d’apothéose. Ce jour-là de l’an 2008, l’arrière landais avait écœuré les stars franciliennes par son culot et son talent. L’année suivante, gravement blessé, il ne vivra pas la saison à la table du Top 14 et reviendra dans une équipe en Pro D2. Une vraie déception mais un réconfort : "Humainement l’aventure montoise a été géniale. Après, j’ai bien aimé la montée avec Montauban." Le natif de Périgueux éduqué au centre de formation de Brive puis passé par Mont-de-Marsan, Agen, Carcassonne et Montauban ne regrette rien et ne compte plus les bons moments qu’il a consommés goulûment. "J’ai vécu de ma passion et j’ai réalisé mon rêve d’ado’de jouer au plus haut niveau. J’ai profité des opportunités." Au bout de cette route illuminée, Florent a décidé de revenir parmi les siens pour la fin de sa carrière. Et cela fait cinq ans qu’il porte le numéro 15 du SA Trélissac en Fédérale 1 avec en bonus sur la carte de visite, une finale du Jean-Prat il y a deux ans. "Quand j’ai arrêté à Montauban je pensais finir à Périgueux mon club formateur, mais le CAP a coulé. Le club d’à côté, Trélissac, évoluait en Fédérale 2 et dès la première année nous sommes montés en F1. Je prends beaucoup de plaisir et c’est beaucoup moins contraignant que le rugby pro mais le niveau reste très correct. Pour les relances ? Je me suis calmé, je n’ai plus les jambes alors je m’appuie un peu plus sur les autres. Je m’adapte, il y a l’expérience mais ça ne fait pas tout." Florent Cazeaux a côtoyé nombre d’entraîneurs et il se félicite que ceux du SAT jouent le jeu. Sylvain André qui coache les lignes arrières est plus jeune que lui mais la cohabitation est excellente : "Sylvain a un bon état d’esprit et il est compétent." Pourrait-elle inciter le joueur à s’orienter vers un nouveau prolongement en qualité de technicien ? La réponse ne souffre d’aucune équivoque : "Honnêtement non. Je n’ai pas la personnalité et quand j’arrêterai le terrain j’arrêterai tout. J’ai deux enfants et beaucoup de travail à côté."

La question de son avenir

Car si Florent s’était accordé jusqu’à ses trente ans une passion unique, il a pris ensuite le temps de penser à sa reconversion. Grâce à un bilan de compétence dressé par Ovale, il est aujourd’hui courtier en assurances et gestion de patrimoine. Reste en suspens une interrogation existentielle, à 37 ans, le joueur poussera-t-il le ballon un peu plus loin ? Il évoque une fin l’année prochaine mais en réalité il ne s’est fixé aucune échéance. Et pour cause : "J’ai peur du vide. Si je n’étais plus compétitif je me poserais réellement des questions mais je prends encore du plaisir. Je vais aller au bout de cette saison et après… Il faut bien arrêter un jour." Pourquoi donc prendrait-il congé d’un club qu’il apprécie pour son bien vivre, son contexte familial et sa "super équipe de dirigeants" ? Il faut d’abord relever le premier défi du maintien et si le sujet déborde sur la présence du voisin périgourdin, Florent Cazeaux ne botte pas en touche : "On ne s’en occupe pas, c’est un club différent. C’est un club auquel on tient mais nous vivons notre aventure de notre côté, sans avoir l’ambition d’être le numéro 1. Nous voulons simplement gagner nos matchs le dimanche." Ainsi va la vie pour l’inoxydable Florent Cazeaux.

Gérard Piffeteau
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