• Malgré trois défaites initiales, les coéquipiers de Tawera Kerr-Barlow ne sont pas totalement éliminés.
    Malgré trois défaites initiales, les coéquipiers de Tawera Kerr-Barlow ne sont pas totalement éliminés. Icon Sport / Icon Sport
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Champions Cup

La Rochelle : l’espoir fait vivre

Mathématiquement encore en course pour les quarts de finale, les Maritimes se déplacent à Exeter avec l’envie de bien faire, de grandir et de réparer l’erreur du match aller. car cette défaite à zéro point coûte cher à l’heure de faire les comptes.

"Joue vite !" est une tirade que les supporters anglais du fameux Sandy Park pourrait entendre résonner de nombreuses fois samedi après-midi. À l’image de ce que l’on retrouve dans les catégories de jeunes ou chez les amateurs (si seulement...), les Rochelais ne devront rien calculer contre les Chiefs d’Exeter, premiers de la poule 2 et déjà qualifiés. Pour le dire plus simplement, les Jaune et Noir devront envoyer du jeu, marquer des essais et certainement poser le cerveau dans un coin du sac au moment de se changer. Ils n’ont de toute façon pas le choix. Est venu le temps des explications et loin de nous l’idée de jouer au professeur et à l’élève. Cette semaine, la calculette fut de sortie au moment de rédiger cet article. Tout part d’un premier constat : le Stade rochelais n’est pas éliminé à l’aube de la sixième et dernière journée. Le club français est dans l’obligation de battre les vice-champions d’Angleterre pour espérer accéder au tour suivant. Avec le bonus offensif (quatre essais inscrits) si possible, cela simplifierait les calculs. Pourtant, même en remplissant ce cahier des charges qui paraît si simple à écrire, les Maritimes seront dépendants des résultats de Lyon - Northampton, Toulouse -Gloucester et éventuellement des scores du Munster et des Saracens.

Pour les néophytes, les spécialistes égarés ou simplement les curieux, voici un léger rappel des règles : outre les cinq premiers de leur peloton directement qualifiés pour les quarts de finale, reste trois places pour les trois meilleurs deuxièmes. Dans le groupe de Clermont, l’Ulster (avec 17 points) semble inabordable. Tout comme la poule du Racing où les Saracens (qui reçoivent les Franciliens) et le Munster (qui accueille les Ospreys) ont de grandes chances de se qualifier pour l’un d’entre eux avec respectivement 14 et 11 points. Subsiste donc trois groupes, trois rencontres et une multitude de scénarios. (vous prendrez un cachet à la fin).

Pour se qualifier, les Rochelais devront faire le travail donc et espérer une défaite de Glasgow sur le terrain de Sale, qui n’a plus rien à jouer. Faisable quand on connaît la fierté des Anglais. La suite se complique : le club de Vincent Merling devra compter sur la solidarité franco-française et ainsi supporter Lyon, déjà éliminé, qui joue à domicile face à Northampton (14 points) et devra battre les Anglais sans leur laisser de bonus. Plus difficile mais encore possible. Enfin, le Stade toulousain pourrait chaudement aider les Rochelais en infligeant une défaite cuisante à Gloucester (14 points) qui a pour lui une différence de points positive (+21) contrairement aux joueurs de l’Atlantique (-20). Bref, avec un succès bonifié, La Rochelle, avec 15 points, serait à même d’accéder au top 8 européen. Avec une simple victoire aussi, si toutefois les Cherry and White se transforment en victimes expiatoires des champions toulousains. Morale ? Heureusement que le conditionnel existe.

Un exploit à réaliser

Farfelue vous avez dit ? À peine… Le rugby ne s’explique pas en chiffres, difficile d’écrire le contraire et la force de la causerie du duo Gibbes-O’Gara ne devra pas tourner autour de ces calculs. Assurément. Car avant même de penser à un improbable miracle que seul le sport peut offrir, les Rochelais devront d’abord rivaliser avec Exeter, qui les avaient battus largement à Marcel-Deflandre (12-31). Éventuellement les accrocher, potentiellement les battre et hypothétiquement avec cinq points. "Si on n’y va pas avec des ambitions et une grosse motivation, ça peut être très compliqué, expliquait Grégory Patat après la victoire contre Sale. C’est l’une des meilleures équipes en Europe à l’heure actuelle. Ils maîtrisent les basiques à la perfection et dès qu’ils rentrent dans les 22 mètres, ils sont injouables." La première mission sera donc de faire bonne figure face à l’un des prétendants à la victoire finale cette année. Le manager Jono Gibbes aime à le rappeler, son groupe doit "grandir" dans cette compétition. Grandir et rêver, personne n’a jamais dit que ça ne faisait pas bon ménage. Alors rêvons ! Avec la calculette à portée de mains…

Paul ARNOULD.
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