"Je n’ai pas de superpouvoir"

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    "Je n’ai pas de superpouvoir"
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Auteur de six essais en onze titularisations, toutes compétitions confondues, Louis Dupichot fait parler de lui au Racing. Et pourtant…

Louis Dupichot a les épaules. Il l’a une nouvelle fois prouvé à Londres, face aux champions d’Europe en titre, les Saracens. "Ce n’était pas l’équipe qui a joué le début la Champions Cup à moitié, sourit-il en préambule. C’était la grande, la grosse et c’était rude, franchement." Mais dans la lointaine banlieue londonienne, le Poulbot du Racing (il a été formé au club) a fait jeu égal avec les internationaux anglais, offrant une passe décisive à Virimi Vakatawa après avoir gagné un duel aérien, interceptant dans la foulée le meilleur ouvreur du monde pour aplatir le deuxième essai francilien, à l’Allianz Park. Il se marre : "Intercepter Owen Farrell, c’est toujours spécial… C’est un personnage, un symbole, le symbole même de l’Angleterre, j’ai envie de dire ! Franchement, j’adore ce joueur et oui, vraiment, cet essai était un pur bonheur." Un bonheur qui n’aurait pu, néanmoins, jamais aboutir. "Au moment où je me saisis de la balle, je suis persuadé que nous avons commis une faute et qu’il y a un avantage en cours pour les Saracens. Je ralentis un peu, je suis même à deux doigts de m’arrêter." Nigel Owens immobile, les Sarries hébétés, Louis Dupichot poursuivait pourtant son effort jusqu’au bout, pour le résultat que l’on sait : une fière performance chez l’ogre anglais mais un déplacement finalement assez vain, dans le sens où il ne permit pas aux Racingmen d’arracher un quart de finale à domicile…

Sa chance à l’arrière ?

Passé son meilleur match de la saison, Louis Dupichot est pourtant revenu dès lundi à la case départ, c’est-à-dire à une place de remplaçant qu’il assume, jour après jour. "Quand je suis rentré de Pau (où il fut prêté en 2016-2017, N.D.L.R), le staff du Racinf m’a donné ma chance, que ce soit à l’aile ou à l’arrière, au moment où Brice (Dulin) s’est blessé au genou. Mais je ne vais pas vous mentir : avec Juan (Imhoff) et Teddy (Imhoff), il est aujourd’hui très difficile d’être titulaire indiscutable. Juan est très expérimenté et Teddy, à mes yeux, est l’ailier le plus fort d’Europe, peut-être même du monde. Mon but, c’est donc de donner le plus de maux de tête à mes coachs." De Louis Dupichot, on dit souvent qu’il n’a ni les appuis de Teddy Thomas, ni la vitesse de Juan Imhoff, ni la force de pénétration de Damian Penaud. Pas vraiment spectaculaire, le Racingman n’a en revanche aucun point faible : il défend mieux que l’international argentin, est plus propre que Teddy Thomas sous les ballons hauts, et bien meilleur au pied que Penaud. "Je n’ai pas de superpouvoir, poursuit-il. Mais je travaille dur pour n’avoir aucun point faible. J’essaie d’être le plus complet possible."

Au Racing, le départ de Brice Dulin pour La Rochelle ouvre aujourd’hui de nouvelles opportunités pour Dupichot, à l’arrière. Après tout, Simon Zebo tarde à retrouver la forme olympique de l’an passé et après avoir échoué à attirer le Japonais Matsushima, les dirigeants franciliens ne savent pas encore s’ils recruteront à ce poste. "Ce n’est pas un secret pour mes entraîneurs, conclut-il. Le poste d’arrière m’attire beaucoup. C’est là où j’ai fait mes meilleurs matchs, par le passé. À l’arrière, on se sent plus libre, on a plus de responsabilités. Et au-delà de ça, j’ai plus de chances d’accéder un jour au plus haut niveau en tant qu’arrière. Le départ de Brice (Dulin) va peut-être me permettre de reculer un peu, on verra…" Quoi qu’il se passe la saison prochaine, Louis Dupichot sera ce week-end titulaire à Castres, le Tricolore Thomas étant retenu par les Bleus pour préparer le Crunch du 2 février.

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