Dourthe : « Je m’adresse à toi, Romain »

  • Romain Natmack (France) contre l'Italie
    Romain Natmack (France) contre l'Italie Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Il est globalement inutile de s’attarder plus longtemps qu’il ne faut sur une rencontre qui se résumerait en réalité à ces deux mots : contrat rempli. Ce n’est pas génial, personne n’est monté aux rideaux mais les Italiens sont battus, le bonus est en poche et le XV de France est en tête du Tournoi.

Garde la tête froide, petit. Travaille encore et tu éclipseras sans nul doute les dix ouvreurs t’ayant précédé en équipe de France

Toutefois, je voudrais m’attarder sur un phénomène qui me semble assez nouveau concernant cette équipe : elle possède aujourd’hui deux charnières de très haut niveau qui lui permettront, à terme, d’imposer son jeu quel que soit le temps, quel que soit le terrain ou quel que soit l’adversaire. De fait, Baptiste Serin et Matthieu Jalibert ont été excellents lorsqu’ils sont entrés en jeu au Stade de France et, d’ici peu, pousseront les premiers choix de Fabien Galthié à donner davantage s’ils veulent un jour être considérés comme intouchables… J’aime beaucoup Romain Ntamack. Je l’ai assez répété. L’essai qu’il marque, il n’y a d’ailleurs que lui pour le marquer. Son talent est immense et je suis certain qu’on en a encore vu qu’un dixième. Mais il est trop facile, trop nonchalant sur certaines actions de jeu et c’est là-dessus qu’il a un énorme travail à réaliser, s’il souhaite un jour s’imposer comme le Jonny Wilkinson français. Romain, c’est un ancien buteur qui s’adresse à toi : il n’y a pas de coup de pied facile ! Il n’y a pas de pénalité qui mérite que l’on saccage sa routine et sa course d’élan ! Alors garde la tête froide, petit. Travaille encore et tu éclipseras sans nul doute les dix ouvreurs t’ayant précédé en équipe de France…

Le reste ? Je suis ravi pour Romain Taofifenua, déjà. En une demi-heure, il a démontré qu’il avait gagné en agressivité, en mobilité et en efficacité. Dimanche, quand Paul Willemse a dû quitter la pelouse, "Tao" a fait le ménage dans les rucks, remué de la viande ballon en mains et c’est tout ce qu’on lui demande, après tout. J’émets en revanche un nouveau bémol sur les entrées en jeu de Jefferson Poirot et Demba Bamba. Ces deux-là m’avaient semblé en souffrance face au XV de la Rose et l’impression s’est, à mon grand regret, confirmée contre l’Italie : un brin d’indiscipline, aucune plus-value dans le jeu courant ou en mêlée fermée et, au bout du bout, la confirmation que Mohamed Haouas et Cyril Baille ont face à eux une autoroute. En résumé, une telle prestation ne sera évidemment pas suffisante pour battre les Gallois à Cardiff ou les Irlandais à Paris. Mais à l’heure de goûter à nouveau aux doux plaisirs du Top 14, l’équipe de France est invaincue en 2020 et rien que pour ça, je suis en droit d’aborder la semaine avec une patate d’enfer. Forza, Francia !

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