"Il me manque encore des coups d’éclats"

  • Kelian GALLETIER  of Montpellier   during the Heineken Champions Cup, Pool five match between Montpellier and Connacht at Altrad Stadium on January 19, 2020 in Montpellier, France. (Photo by Alexandre Dimou/Icon Sport) - Kelian GALLETIER - Altrad Stadium - Montpellier (France)
    Kelian GALLETIER of Montpellier during the Heineken Champions Cup, Pool five match between Montpellier and Connacht at Altrad Stadium on January 19, 2020 in Montpellier, France. (Photo by Alexandre Dimou/Icon Sport) - Kelian GALLETIER - Altrad Stadium - Montpellier (France) Icon Sport / Icon Sport
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De retour à son meilleur niveau cette saison après une année difficile, le nouveau capitaine héraultais se livre sans filtre avant la réception de Bayonne samedi.

Samedi, vous allez fêter votre dix-septième titularisation, soit déjà, une de plus que l’an passé. Peut-on parler pour vous, de la saison du renouveau ?

Je fais une bien meilleure saison. Mais il me manque encore des coups d’éclat et je cours un peu après ça. J’aimerais marquer les esprits et montrer que ce que je peux réaliser à l’entraînement, je suis capable de le réitérer en match, pour faire avancer l’équipe.

Qu’entendez-vous par coups d’éclat ?

Réaliser plus d’actions décisives pour l’équipe et pour moi. Car c’est vrai qu’aujourd’hui, je me rends compte qu’il nous manque peut-être ça pour avoir plus de victoires. Et je pense que c’est aux joueurs leaders dont je fais partie, d’amener ça.

Votre retour en forme (5e meilleur plaqueur du Top 14, avec 139 plaquages) peut-il aussi s’expliquer par votre repositionnement en flanker ?

Je ne pense pas. On a un peu fustigé le poste de numéro 8 comme étant celui d’un élément costaud. Moi je crois qu’il faut un joueur dense dans la troisième ligne et que c’est une question d’équilibre. Mais en numéro 8, avoir des mecs explosifs et rapides, pour des départs derrière mêlée ou des relances du troisième rideau, ce n’est pas inintéressant. Et je pense qu’en huit à La Rochelle, j’ai été bien sur ces points.

Avec le recul, comment expliquez-vous votre dernière saison délicate ?

J’ai beaucoup joué en 2018, l’année de la finale, et j’ai ensuite enchaîné avec l’équipe de France. Ça a été difficile à encaisser. J’ai eu une baisse de forme due à la fatigue je pense, car j’ai eu aussi très peu de temps pour me préparer physiquement durant l’intersaison suivante. Et j’ai couru après ma forme toute la saison.

Ne vous êtes-vous pas aussi posé trop de questions après cette défaite concédée avec le XV de France face aux Fidji fin 2018 (14-21 ; vingt minutes jouées) ?

C’est la tournée dans son ensemble qui n’a pas été facile. Moi je sortais d’une excellente saison, d’une bonne tournée (avec les Bleus, N.D.L.R.). Et sur la suivante, on a un peu souffert. Mais c’est surtout mon retour en club qui ne s’est pas non plus très bien passé. C’est un cumul.

En quoi votre retour en club a-t-il été difficile ?

On ne m’a pas donné l’opportunité d’être titulaire. Après, je ne dis pas que je le méritais. Mais j’aurais aimé au moins sur un match ou deux, avoir l’occasion de prouver. En étant sélectionné en équipe de France, je pense que j’étais assez crédible pour débuter. Et quand je dis ça, ce n’est pas lorsqu’il y a du turnover. C’est sur un gros match où il faut faire un choix. Dans ce cas, je n’étais jamais choisi.

À bientôt 28 ans, gardez-vous les Bleus (6 sélections) dans un coin de votre tête ?

Déjà, l’équipe de France est aujourd’hui performante et ça, c’est bien. Moi, je suis lucide sur la concurrence qu’il y a. Honnêtement, si je dois y retourner, ce sera plus sans y penser qu’en me mettant une trop grosse pression.

Racontez-nous Kélian Galletier, le capitaine du MHR (en l’absence de Picamoles blessé)…

Depuis ma jeunesse, j’ai été entouré de grands leaders charismatiques. Je me suis beaucoup inspiré d’eux. La petite différence aujourd’hui je pense, c’est que je prends plus ce rôle-là à ma manière, je me l’approprie. Je ne suis pas un grand causeur. Mon but est plus de créer du liant entre joueurs et d’amener des petites touches pour faire avancer l’équipe.

Montpellier est actuellement huitième à deux points du premier qualifiable. Quels sont vos objectifs ?

Être dans les six à la fin. Ce ne sera pas facile, car on a laissé quelques points en route qu’on ne rattrapera pas. Mais ça reste possible ! On n’a plus la Coupe d’Europe, le rythme va être différent et on va donc pouvoir bien s’entraîner. On est maintenant à plus de huit mois de travail commun et on se doit d’avancer sur notre jeu. Il faut que ça paye.

Malgré tous les derniers changements (arrivées d’Elissalde et d’un nouveau système défensif ; de Philippe Saint-André à la fin du mois), vous n’imaginez donc pas cette saison comme celle de la transition…

Oui, il y a eu du changement. Mais je crois en nous et en notre capacité à aller chercher cette qualification. En dix ans, on ne la rate qu’une fois et je n’ai pas envie de la relaisser passer. Je ne veux pas tenir compte de tout ce qui se passe autour, car ce n’est pas ça qui doit nous perturber.

Quels sont les progrès collectifs prioritaires à effectuer pour arriver à vos fins ?

La première chose à améliorer est notre efficacité. On a passé beaucoup de rencontres à dominer sans marquer et ça, c’est un point critique. À l’inverse, on a aussi connu des gros trous d’air durent lesquels on encaisse beaucoup de points. Soit on s’écroule, soit on se précipite trop. L’équipe doit donc améliorer sa gestion des temps forts et des temps faibles.

Votre regard sur la réception de Bayonne ?

Les Bayonnais avaient subi l’an passé à la même période durant l’hiver, un petit passage à vide identique. Et je me méfie justement d’eux en ce moment car ils vont rentrer dans une période plus favorable. […] Nous, on a plus le choix. Pour être dans les six à la fin, on doit gagner tous nos rendez-vous à domicile et réaliser minimum deux "perfs" à l’extérieur (zéro victoire, un nul et quatre bonus).

 

Julien LOUIS
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