La fureur de survivre

  • Kitione Kamikamica a fait mieux que dépanner au centre de la troisième ligne briviste. Photo DR
    Kitione Kamikamica a fait mieux que dépanner au centre de la troisième ligne briviste. Photo DR
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Comment le CABCL a-t-il pu se relever de sa piteuse prestation face à Agen pour sortir un match XXL face au deuxième du championnat ? La révolte est venue du cœur mais pas seulement...

"Jespère qu’ils vont faire une belle bringue, ils la méritent. " Un sourire en coin, Marc Dal Maso pouvait aisément prédire, dès le coup de sifflet final, la sacrée troisième mi-temps à venir de ses protégés. Les deux premières avaient été effectivement assez remarquables. Pierre Mignoni le premier le reconnaissait : "Les Brivistes ont fait un énorme match. Ils étaient au-dessus dans l’engagement, dans le jeu, sur les phases de conquête, la touche notamment… Ils ont sorti une grande prestation. "

Sept jours après avoir touché le fond à tous niveaux face à la lanterne rouge, Saïd Hirèche et ses partenaires ont tutoyé les sommets de la performance et de l’autosatisfaction face au dauphin. Une réaction d’orgueil comme une signature maison : "Nous avons préparé ce match comme le barrage d’accession de l’année dernière contre Grenoble", révèle Enzo Hervé. Joris Jurand poursuit : "L’an passé, après avoir perdu la finale de Pro D2, nous avions réussi à rebondir, la semaine suivante, en étant transcendés par l’événement. J’ai senti la même ambiance dans le groupe avant cette échéance. Nous avons senti que nous étions plus forts et que le groupe s’était resserré, relevé. La dernière défaite a été un tremplin."

Jurand, comme un symbole

Dès le lundi, tout un club s’est mobilisé : "On était descendu très bas en termes de confiance. Toute la semaine a été pensée pour retrouver de l’engagement et des certitudes, raconte Marc Dal Maso. Nous avons cogité, trouvé pourquoi nous n’avions pas été bons et avons trouvé la solution." Enzo Hervé et ses partenaires se sont regardés dans le miroir avant de revenir sur la pelouse : "Ça fait un moment que l’on cherche à jouer au ballon mais en oubliant les bases", rappelle l’ouvreur. Cette prise de conscience et la mobilisation générale avaient posé les bases de la reconquête. Mais il restait le plus dur : le passage aux actes. "Tout le monde avait la peur au ventre, il y avait du stress mais l’équipe a su se relâcher, témoigne le prometteur numéro 10. On est sûrs de nos forces." Après avoir opposé une farouche défense aux premiers assauts lyonnais, les hôtes ont surpris tout leur monde avec des séquences éclairs et un réalisme implacable. Résultat : 27-6 à la mi-temps. "Nous marquons tout de même trois essais en première mi-temps à un des premiers du championnat", félicite l’entraîneur des avants. Le tout sans une moitié de cadres présumés mais avec des idées plein la tête : "On le savait : avec l’absence de Soti (Fa’aso’o) et Otar (Giorgadze), deux joueurs puissants, plus Seva (Galala), nous n’avions pas l’équipe pour poser le jeu et gérer. Il fallait mettre un maximum de rythme, surtout contre cet adversaire qui est solide dans tous les domaines", explique Enzo Hervé.

Au cœur de la démonstration de force collective, des individualités ont émergé : Retief Marais, grand blessé remis sur pieds, a joué pour deux, Kitione Kamikamica, troisième option en 8, a constamment mis les siens dans l’avancée, Nico Lee a été d’une justesse remarquable et Joris Jurand, évidemment, a crevé l’écran, encore une fois. Qui mieux que cet ancien joueur de Première Série qui, à 18 ans, a décidé de tenter l’aventure à Aix puis à Montpellier pouvait incarner cette fureur de survivre typiquement briviste ? Les trois réalisations sur son aile droite illustrent à merveille le sursaut corrézien, mélange de rage et de réflexion : "Ce n’est peut-être pas un hasard s’ils se ressemblent, sourit Marc Dal Maso. Ils avaient des ailiers qui montent très vite, il fallait les jouer différemment." Bien vu, bien joué.

Si le cinquième point de bonus, entre leurs mains à la mi-temps, n’a pas résisté au sursaut d’orgueil lyonnais, les quatre unités engrangées samedi replacent le CABCL à une apaisante neuvième place. "Nous avons encore les atouts en mains pour le maintien", résume le technicien. Si le promu parvient à rester dans l’élite au terme de cette saison à rebondissements, ce 29 février restera à coup sûr une des dates clés de son opération survie.

Vincent BISSONNET
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