La rage de vaincre

  • Entré en jeu pour suppléer Manuel Ordas, l’ouvreur Romain Barthélémy a remis les points sur les « i ». Photo Pablo Ordas
    Entré en jeu pour suppléer Manuel Ordas, l’ouvreur Romain Barthélémy a remis les points sur les « i ». Photo Pablo Ordas / Pablo Ordas
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Deuxième succès de rang pour les Basques. Ils confirment leur redressement. Victoire probante et vitale face au champion de France même diminué. Mais la suite est corsée.

Si les Toulousains étaient diminués par l’absence de sept internationaux, les circonstances n’ont pas été favorables à Bayonne. Maxime Lafage quitte le terrain à la 38e minute sur commotion. à peine entré à sa place, quatre minutes plus tard, Manuel Ordas se blesse à une cheville. C’est donc Romain Barthélémy qui officie à l’ouverture. Et qui devient l’homme providentiel. Deux pénalités bien placées, manquées tour à tour par Lafage et Ordas, auraient pu peser. Mais le troisième ouvreur fait oublier ces deux échecs. Et sera bel et bien l’homme de cette deuxième période. Sitôt sur le terrain, il passe deux pénalités pour mettre l’Aviron dans le sens de la marche. Son engagement et sa conduite du jeu en feront aussi un leader. Pas mécontent, l’ancien Toulonnais de s’être montré à son avantage sur un match aussi important. Et même revanchard. L’homme ne mâche pas ses mots : "Il me restait des choses en travers. On ne va pas polémiquer ici mais le staff et le club m’ont reproché des choses qui n’étaient pas justifiées. J’avais à cœur de montrer que j’étais toujours là." Et cette présence a plu à Yannick Bru qui use de tous les ressorts pour rendre sa troupe compétitive. "Il fait une excellente rentrée, répond-il. On sait que Romain a un très très gros caractère. Il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est menacé. Il avait la rage et cela fut bénéfique pour l’équipe. C’est aussi notre travail de donner la rage aux joueurs. Dans l’opération qui est la nôtre aujourd’hui, on a besoin d’avoir des enragés."

un surplus de maturité

Bayonne avait donc besoin de tous ses atouts pour battre Toulouse, un champion emprunté. " Nous les prenons au bon moment, concède Romain Barthélémy. Mais leur XV de départ était supérieur au nôtre sur le papier. De plus, il vaut mieux les prendre sur un terrain gras. L’Aviron a montré de belles valeurs. Il faut les garder pour se maintenir." Autre facteur qui a aidé les Basques, le petit coup de pouce du mental. Ils avaient peut être plus envie de gagner. "Il est évident que Toulouse souhaitait l’emporter pour sa qualification, explique Yannick Bru mais n’en avait pas un besoin vital comme nous. C’est peut être dans ces petits pourcentages que se nichent ces explications." En partie. Car Bayonne a inscrit son succès dans une courbe qui s’est redressé depuis la défaite à domicile face à Agen. Un point de pris à Montpellier et deux victoires d’affilée ne doivent rien au hasard, ni à d’heureuses circonstances. Dans la gestion du jeu et dans la conduite des matchs, l’Aviron monte en puissance. "Ceux qui ont en charge de diriger le jeu prennent les bonnes décisions au bon moment, continue Romain Barthélémy. Nous avons mûri après les rencontres à Pau et Brive, dans des conditions difficiles. Là, nous avons réussi à gérer le match de façon cohérente." Propos qui trouvaient écho chez Ugo Boniface : "Nous avons perdu tellement de match à la fin que celui-là, on ne pouvait pas le perdre. Avec ces deux victoires d’affilée, on peut faire quelque chose."

programme relevé en mars

Si la dynamique est redevenue positive, Yannick Bru se garde bien d’en tirer des enseignements qui pourraient à nouveau conduire sa formation à un excès de confiance néfaste : "Après avoir touché le fond, nous sommes désormais sur une dynamique positive mais les équipes sont super fragiles. En début de saison, nous n’étions pas des surhommes et pendant la trêve de Noël, nous n’étions pas devenu minables. Là, nous ne sommes pas intouchables et il va falloir ménager ces équilibres. Nous sommes quand même dans la lutte pour le maintien même si c’est une bonne opération." La course fait rage. Si les regards se portent naturellement chez les concurrents, l’Aviron ne veut pas s’éparpiller. Il n’en est pas encore à compter sur les faux pas des autres. Et fait face à la sévérité du parcours qui l’attend. "Nous ne sommes pas sauvés, continue Yannick Bru. Nous avons un calendrier très dur. La victoire était nécessaire, vitale, mais il ne faut pas se prendre pour d’autres. La psychologie du groupe peut changer du tout au tout rapidement." Pour étayer ses propos, à la reprise, Bayonne se rendra à Castres, recevra le Racing puis ira à Pau…

Edmond LATAILLADE
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