Les gros bras

  • L’ailier Damien Laborde s’en va inscrire en solo le troisième des sept essais du Racing de l’après-midi. Photo Icon Sport
    L’ailier Damien Laborde s’en va inscrire en solo le troisième des sept essais du Racing de l’après-midi. Photo Icon Sport Icon Sport - Icon Sport
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Surpuissants face à La Rochelle, les Franciliens ont gagné toutes les collisions. Et à ce jeu-là, Dorian Laborde et Ben Tameifuna n’ont pas laissé leur part au chien.

Au sujet des doublons, Jacky Lorenzetti dit souvent qu’ils sont "vertueux", dans le sens où ils offrent à des joueurs habituellement au placard la chance de montrer ce dont ils sont vraiment capables. De fait, cette théorie s’est vérifiée, Laurent Travers et Mike Prendergast ayant trouvé en Dorian Laborde un ailier capable de brouiller les cartes en vue de la fin de la saison. à son sujet, on ne jurera pas qu’il est supérieur à Juan Imhoff, Teddy Thomas ou même Louis Dupichot. Mais de toute évidence, le "Laumape de Morcenx", puisque c’est ainsi qu’on le surnomme au Midol, présente des qualités dont sont probablement dépourvus tous ses concurrents au poste, dans les Hauts-de-Seine. Samedi soir, Laurent Travers expliquait à ce sujet : "Sur l’aile, Dorian Laborde a été très précieux contre La Rochelle, que ce soit dans la percussion balle en mains ou le jeu au pied. Ce garçon est arrivé de Mont-de-Marsan à l’intersaison : il avait besoin de s’affiner un peu et en a encore besoin. Mais c’est une éponge : il veut apprendre et apprend vite. De notre côté, nous avons aussi besoin de ce genre de profil, probablement plus pénétrant que nos autres ailiers."

Doté d’un gabarit atypique (gaulé comme un talonneur, serait-on même tenté de dire…), le môme de Morcenx (Landes) est néanmoins très rapide et en tout état de cause, cette vélocité alliée aux 105 kg qu’il présente (pour 1,78 m) fit beaucoup souffrir les défenseurs maritimes, qu’ils se nomment Kevin Gourdon, Levani Botia ou Jules Plisson. Titulaire face à La Rochelle pour la deuxième fois cette saison, Dorian Laborde (23 ans) a finalement prouvé qu’il méritait davantage qu’un statut de second couteau et, si le Landais continue à "s’affiner", puisque c’est le terme utilisé par Laurent Travers, il n’y a pas de raison à ce qu’il n’incarne pas, un jour ou l’autre, le remplaçant idoine à Henry Chavancy. Après la rencontre, l’intéressé s’en tenait à peu de mots pour expliquer les raisons de son pic de forme : "Le coach me fait confiance, que ce soit au centre ou à l’aile. Et de mon côté, j’essaie simplement de lui rendre cette confiance. à moi désormais de faire ma place dans ce grand club."

Allo, Galthié ? "Groot" est grand !

Dans les Hauts-de-Seine, Dorian Laborde n’est pas le seul à évoluer en ce moment à son meilleur niveau. Face au Stade rochelais, Wenceslas "Groot" Lauret, redoutable au plaquage et très percutant balle en mains, prouva une nouvelle fois qu’il y avait encore un avenir pour un flanker de 30 ans. Triqué par Fabien Galthié pour des raisons absconses, le gratteur du Racing est évidemment moins complet que ne l’est François Cros, auquel il rend plusieurs grammes de dextérité et quelques gouttes d’"intelligence situationnelle", comme dirait Pierre Villepreux. Malgré tout, l’ancien Biarrot reste un foutu poison pour l’adversaire et, lorsqu’il lance ses 110 kg à l’assaut de la muraille adverse, les dégâts causés sont souvent à la hauteur des espérances. Reviendra-t-il un jour en sélection ? D’évidence, non, Galthié ayant clairement donné sa préférence à Cros, Macalou, Cretin, Woki ou encore Fischer, tous devant dans la hiérarchie nationale. "Je n’ai pas annoncé la fin de ma carrière internationale", disait pourtant Lauret en fin de semaine dernière. C’est une certitude, jeune homme. Mais d’autres l’ont probablement annoncé pour vous…

Au-delà du cas Lauret, on soulignera enfin l’inexorable montée en puissance de "Big" Ben Tameifuna, "inarrêtable" samedi après-midi. De retour à son poids de forme (145 kg), l’international tonguien a calé la mêlée francilienne et, surtout, donné à Travers et Prendergast un point d’ancrage autour des rucks dont le Racing était en son absence dépourvu. Qui, au club, possède en effet la puissance Tameifuna à l’impact ? Camille Chat ? Probablement. Mais tant que "l’homme aux biceps et demi" est toujours réquisitionné par le staff des Bleus, la force de frappe que représente Ben Tameifuna est précieuse, pour ne pas dire indispensable au plan de jeu. Et à ce titre, on veut bien parier notre chemise que l’enfant de Mangere, au sud d’Auckland, sera une nouvelle fois titularisé à Montpellier ce week-end…

Marc DUZAN
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