Des esprits à apaiser

  • La rencontre entre La Valette et Millau a été émaillée par des échauffourées.
    La rencontre entre La Valette et Millau a été émaillée par des échauffourées. / CS
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Ces dernières semaines, deux matchs de Fédérale et deux de juniors ont donné lieu à de graves incidents. Au-delà des sanctions qui seront prises par les commissions régaliennes, la Ligue va débuter une phase de débat à partir de mercredi pour tenter d’enrayer cette spirale.

L’année 2020 est bien mal partie sur les terrains de la Ligue Sud Paca. Ces dernières semaines, les incidents se multiplient, à tous les niveaux, entre Bédarrides-Châteauneuf-du-Pape et Nice (Fédérale 1) puis La Valette et Millau (Fédérale 2), mais aussi dans des matchs de jeunes. Le 29 février, lors de la rencontre des moins de 18 ans entre Châteaurenard et Nice, un parent est venu se mêler aux incidents et frapper un joueur… Quelques semaines auparavant, un joueur avait été gravement blessé à la tête lors d’un match junior… "La situation chez les jeunes m’inquiète davantage, souffle le président de Grasse, Éric Berdeu. Chez eux, il n’y a pas de limite… Il faut arrêter de tourner autour du pot et prendre de vraies sanctions, sportivement. Et il ne faut pas hésiter à porter plainte si besoin. En tant que président, nous ne devons pas non plus hésiter à faire la police dans nos clubs, quand un dirigeant ou un éducateur ne se comporte pas bien."

L’influence des réseaux sociaux

Les clubs et leurs dirigeants ont également besoin d’être accompagnés. En début de semaine dernière, les dirigeants du comité Sud-Paca ont multiplié les échanges pour ouvrir le débat sur les violences actuelles et trouver des solutions. En parallèle d’événements étudiés par les différentes commissions fédérales et par la commission juridique de la Ligue - composé d’un procureur de la République, d’un président de cour d’assises et d’avocats - qui a pouvoir pour enquêter et auditionner en soutien à la commission de discipline et aux présidents de club, une réflexion sera ouverte à Brignoles ce mercredi. Ces états généraux dureront trois mois.

Avant cela, des mesures ont été prises dès ce week-end. "Il faut de la sanction et de la prévention, juge le directeur technique de la Ligue, Olivier Lièvremont. Ce n’est pas l’un ou l’autre." Sur quatre matchs de jeunes, il a été lu la charte du joueur et du spectateur et des publications ont été effectuées sur les réseaux sociaux, pour tenter de contrer une utilisation parfois néfaste. Beaucoup de bagarres lors des matchs viennent de joueurs se montant le bourrichon par messages interposés longtemps avant le match.

L’objectif est donc de reprendre la main, pour continuer de faire en sorte que le rugby reste ce sport de voyous, pratiqués par des gentlemen. "Les présidents sont esseulés, juge, de son côté, le président de la Ligue, Henri Mondino. Nous avons de nouveaux publics, que ce soit les parents dans les tribunes ou les jeunes gens sur les terrains. Il y avait une nette amélioration… Une minorité donne une image déplorable de notre sport et de notre région. Il n’est pas question de faire l’autruche."

Si le développement de la charte et le débat ouvert avec les clubs à partir de mercredi participent de la prévention et de l’ouverture, le dirigeant n’exclut pas de durcir certaines dispositions, notamment la remise en cause d’homologation de terrain ne disposant pas de grilles ou de grillages ou de demander aux préfets de région et de département la tenue de matchs à huis clos. Ce serait triste et bien dommage d’en arriver à une telle extrémité…

Sébastien FIATTE
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